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25/09/2012 à 18:51
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Samy Badibanga, au siège de J.A, le 3 septembre. Samy Badibanga, au siège de J.A, le 3 septembre. © Vincent Fournier/J.A

Pour le président du groupe UDPS à l'Assemblée, le chef de l'État français aura intérêt à s'entretenir avec le leader du principal parti d'opposition, Étienne Tshisekedi, lors du sommet de la Francophonie, en octobre à Kinshasa.

Le président de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Étienne Tshisekedi, et celui qui fut son plus proche collaborateur, Samy Badibanga, jouent un drôle de jeu. Le premier a déchu le second de ses fonctions de conseiller spécial. Son tort ? Siéger à l'Assemblée nationale - avec 35 des 42 élus du parti - contrairement à la ligne officielle qui prône le boycott des institutions. Les deux hommes ne se croisent plus guère, mais, à 50 ans, le président du groupe parlementaire UDPS reconnaît tout au plus une « différence de stratégie » avec le candidat malheureux à la présidentielle de novembre 2011.

Jeune Afrique : Le sommet de la Francophonie se tiendra à Kinshasa en présence de François Hollande, qui rencontrera Joseph Kabila. Un entretien avec Étienne Tshisekedi est-il prévu ?

Samy Badibanga : C'est le souhait que je formule. Le poids politique d'Étienne Tshisekedi est sans commune mesure avec celui des autres leaders de l'opposition. Je m'adresse donc à François Hollande pour qu'il l'invite dans le cadre d'un entretien bilatéral.

L'UDPS était contre ce sommet et demandait sa délocalisation. Aujourd'hui, vous l'avalisez avec cette rencontre que vous réclamez sans même avertir Tshisekedi !

La décision quant à la tenue de ce sommet ne nous appartenait pas. À présent, nous n'avons pas intérêt à nous mettre en rupture avec les chefs d'État qui vont venir. Sur le deuxième point, laissez-nous gérer nos questions internes...

À ceci près que la confusion est également de mise quant à la position de l'UDPS face au pouvoir. Les faucons militent pour le boycott des institutions, les modérés siègent à l'Assemblée nationale, Tshisekedi reste silencieux...

Nous voulons tous la vérité des urnes. Certains veulent récupérer la présidence ; je préfère miser sur l'opposition parlementaire pour contester les résultats du scrutin de novembre. Mais il n'y a pas de divergences de fond. Tshisekedi est dans son rôle lorsqu'il dénonce un hold-up électoral. Moi, je mène la bataille au sein des institutions : nous ouvrons plusieurs fronts. C'est stratégique.

L'élection a été catastrophique et Kabila a un problème de légitimité.

Mais tout le monde a tourné la page des élections, à défaut d'avoir reconnu les résultats. Le gouvernement et le Parlement travaillent, François Hollande vient à Kinshasa...

Oui, mais à force de privilégier l'ordre à la justice, la défiance vis-à-vis de la politique atteint un niveau dangereux. En RDC, elle est porteuse de guerres et de conflits. Il suffit de voir ce qui se passe dans l'est du pays. L'élection a été catastrophique et Kabila a un problème de légitimité. Ce serait une erreur de faire comme si la crise n'existait pas. François Hollande a dit que la Francophonie n'était pas seulement une langue, mais aussi des idéaux et des principes démocratiques. Autant les faire valoir !

Concrètement, que demandez-vous ?

Un dialogue national.

Avec Joseph Kabila en tant que président ?

Avec Joseph Kabila.

Vous multipliez les propositions à titre personnel. Votre candidature pour le poste de porte-parole de l'opposition vous donne des ailes. Sauf que vous n'avez pas le soutien affiché de Tshisekedi...

Ce sont tous les parlementaires de l'opposition qui doivent choisir leur porte-parole, et je pense rassembler une majorité d'entre eux. Le président Tshisekedi a seulement dit que cette affaire ne le concernait pas. C'est son droit le plus strict. Mais l'UDPS n'est pas divisée. Mieux : elle est la première formation de l'opposition, il est donc normal que ce poste lui revienne.

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Propos recueillis par Philippe Perdrix

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