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17/09/2012 à 09:06
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Ling Jihua, ex-patron de la direction générale du Comité central du PCC. Ling Jihua, ex-patron de la direction générale du Comité central du PCC. © AFP

Membre éminent de la direction du Parti communiste et allié du président Hu Jintao, Ling Jihua a été démis de ses fonctions. À cause d'un étrange accident de la circulation impliquant son fils.

« Ferrari » (« Falali » en mandarin) a fait une entrée remarquée dans le corpus des mots « harmonisés » - entendez : censurés - par les autorités sur l'internet chinois. Il faut dire que le bolide italien fait tourner la tête de tous les milliardaires du pays. Cela fait un peu désordre quand ledit bolide est piloté par un responsable politique de premier plan. Ou un membre de sa famille.

C'est la mésaventure dont a été victime Ling Jihua, bras droit du président Hu Jintao, qui, après des révélations selon lesquelles son fils serait mort au volant d'une Ferrari, a été contraint de quitter son poste à la tête de la puissante direction générale du Comité central du Parti. L'accident s'est produit en mars, mais l'identité du chauffeur de la Ferrari noire qui a percuté un mur du quatrième périphérique était restée jusqu'ici inconnue. Selon la presse hong-kongaise, il s'agirait de Ling Gu, le propre fils de Ling Jihua. Le jeune homme est mort dans l'accident. Apparemment, deux jeunes femmes lui prodiguaient quelques gâteries au moment du choc. L'une est ouïgoure, l'autre tibétaine. Toutes deux étudient à l'université des Minorités ethniques. Elles sont sérieusement blessées, mais personne n'a encore pu les approcher.

Décadence

Ce scandale jette un coup de projecteur - encore un ! - sur le mode de vie décadent de l'entourage de certains dirigeants. Il tombe au plus mauvais moment. Dans la seconde quinzaine du mois d'octobre, le Parti communiste doit en effet désigner son nouveau patron, et, ultérieurement, le nouveau président et le nouveau Premier ministre de la République populaire. La retraite forcée de Ling Jihua fragilise évidemment le clan de Hu Jintao dans la perspective de la succession. D'autant qu'elle survient quelques mois après le scandale Bo Xilai, à l'issue duquel la femme de l'ancien ministre et patron du Parti communiste de Chongqing a été condamnée à la prison à vie pour le meurtre d'un ressortissant britannique. Cette fois encore, des photos du fils de Bo Xilai - autre grand amateur de Ferrari - en galante compagnie avaient circulé sur le Net avant d'être censurées. Comment des fils de dirigeants réussissent-ils à s'offrir de telles voitures, qui coûtent au bas mot cinquante fois le salaire annuel de leur papa ? La question enflamme l'internet chinois.

Au moment du crash, Gu était en compagnie de deux dames fort peu vêtues.

Bien d'autres cadres du Parti - et pas seulement leur progéniture - succombent aux charmes vénéneux de la dolce vita. Wang Guoqiang, par exemple, le secrétaire du Parti dans la province du Liaoning, s'est fait la malle avec plusieurs millions de dollars en poche. C'est sûrement vrai puisque c'est le Quotidien du peuple qui le dit ! Il y a encore ce haut responsable dans la ville de Fengcheng, dans le Jiangxi, qui, en avril, aurait rejoint sa femme et sa fille aux États-Unis avec un joli magot de 31 millions de dollars (plus de 23 millions d'euros). Il avait eu vent de l'ouverture imminente d'une enquête le concernant...

Enveloppes rouges

Plus drôle, ce « sexgate » qui, au coeur de l'été, a frappé plusieurs cadres du PCC dans la province de l'Anhui. Des dizaines de photos d'une orgie débridée ont circulé sur le Net. On y voit notamment le chef du PC, son numéro deux et un responsable de l'université locale batifoler en tenue d'Adam avec plusieurs jeunes femmes...

Le gouvernement central s'efforce aujourd'hui d'éteindre l'incendie. Sans aller jusqu'à contrôler les pratiques sexuelles des 80 millions de membres du Parti, il les exhorte à davantage de frugalité et leur interdit désormais d'acheter des articles de luxe avec des fonds publics. Une pratique très répandue en Chine, où, dans les relations d'affaires, il est courant d'offrir des « enveloppes rouges » pleines de cash ou des « petits cadeaux ». Selon le cabinet CLSA, à Hong Kong, 16 % des consommateurs de produits de luxe en Chine auraient bénéficié de telles largesses. 

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