Extension Factory Builder
12/09/2012 à 18:17
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Jacob Zuma et Ségolène Royal au Congrès de l'Internationale socialiste, le 31 août. Jacob Zuma et Ségolène Royal au Congrès de l'Internationale socialiste, le 31 août. © Sipa

Les politiques africains se bousculent pour se rapprocher des socialistes français et n'y parviennent pas toujours. Alors certains utilisent leurs réseaux parallèles...

L'université d'été du Parti socialiste, fin août à La Rochelle, avait un charme particulier pour Pouria Amirshahi, le secrétaire national à la coopération. Celui de la victoire, bien sûr, mais aussi celui de l'Afrique. Plusieurs délégations venues du continent avaient en effet fait le déplacement. Il y avait François Ibovi, du Parti congolais du travail, au pouvoir à Brazzaville, des membres de l'Union pour la démocratie et le progrès social, de RD Congo (opposition), ou encore des représentants du Parti démocratique gabonais (au pouvoir) arrivés dans des conditions rocambolesques (lire encadré). Amirshahi a donc enchaîné les entretiens. « C'est normal, explique-t-il, il y a eu un changement en France, je comprends qu'ils veuillent engager le dialogue avec les nouvelles autorités. »

Espoirs déçus

D'autres avaient fait le choix d'assister au congrès de l'Internationale socialiste (IS), au Cap (30 août-1er septembre), pour tenter d'obtenir une reconnaissance ou un entretien avec Jacob Zuma, le président sud-africain, comme Ségolène Royal, l'ancienne candidate à la présidentielle française, ou Jean-Christophe Cambadélis, le probable futur premier secrétaire. Mais ce premier congrès de l'IS sur le continent fut celui des espoirs déçus pour la majorité des quelque cinquante candidats au statut de membre de plein droit. Seuls deux d'entre eux ont vu leur dossier validé : le Forum démocratique pour le travail et les libertés, de Mustapha Ben Jaafar, le président de l'Assemblée nationale constituante tunisienne, et le Parti social-démocrate égyptien, de Mohamed Aboul Ghar, désormais membre consultatif. Un autre Maghrébin, l'opposant mauritanien Ahmed Ould Daddah, du Rassemblement des forces démocratiques, a pour sa part été élu vice-président de l'organisation.

Le FLN recalé

Le Front de libération nationale (au pouvoir en Algérie), qui frappe à la porte de l'IS depuis une décennie, était représenté au Cap par Abdelhamid Si Affif. Il a une nouvelle fois été recalé. « Les partis d'Europe du Nord ont mis leur veto », confie une source au sein du comité d'éthique, qui filtre les candidatures. Il faut dire que l'IS a été échaudée. La présence dans ses rangs des ex-partis-État tunisien et égyptien avait été critiquée avec virulence (tout comme celle du FPI ivoirien). Le FLN a donc dû se contenter d'un statut d'invité, grâce au lobbying français.

Pas d'avancée non plus pour plusieurs partis subsahariens comme Renaissance du Bénin, de Léhady Soglo, ou l'Union nationale pour la démocratie et le renouveau, de l'opposant tchadien Saleh Kebzabo. Martin Ziguélé, patron du Mouvement de libération du peuple centrafricain (opposition), n'a pas davantage obtenu la promotion espérée depuis l'intégration de son parti, en 2008. Celui-ci restera donc observateur au moins jusqu'au prochain conseil de l'IS. Un statut qui, malgré tout, fait beaucoup d'envieux.

Vraie-fausse invitation

Le périple français d'une délégation du Parti démocratique gabonais a fait l'ouverture du JT de la première chaîne publique locale, le 1er septembre. Le reportage avait des allures de réponse à l'opposition, ravie de la fraîcheur supposée des relations entre Libreville et Paris depuis l'élection de Hollande. Il relate ainsi une rencontre avec Yamina Benguigui - démentie par le cabinet de la ministre de la Francophonie - et montre les Gabonais serrant la main de responsables socialistes à La Rochelle. Pour obtenir ces images, Roland Dumas, ancien ministre des Affaires étrangères, a été sollicité. « Je me suis entremis pour que la délégation du Gabon soit reçue », confirme celui-ci, qui a en revanche « oublié » l'identité de ses interlocuteurs au sein du PS. Interpellé par les associations Survie et Brainforest, qui ont publié la prétendue lettre d'invitation, Jean-Christophe Cambadélis a estimé que celle-ci était « invalide dans la forme comme dans le fond ». Il n'a pas dit si elle avait été fabriquée de toutes pièces. P.B.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

International

Les Africains 'joueront leur rôle' pour défendre la famille traditionnelle, selon le cardinal Robert Sarah

Les Africains "joueront leur rôle" pour défendre la famille traditionnelle, selon le cardinal Robert Sarah

Le cardinal guinéen Robert Sarah assure que les Africains "joueront leur rôle" pour défendre la famille traditionnelle au prochain synode d'octobre, reconnaissant des incompréhensions profond[...]

Indignation après la destruction de trésors archéologiques en Irak

Une vidéo montrant des jihadistes du groupe État islamique (EI) en train de détruire des sculptures pré-islamiques en Irak a suscité l'indignation dans le monde et la crainte que d'autres[...]

Assassinat de deux Congolais en France : un procès au goût d'inachevé

Un accusé absent condamné à 20 ans de prison, l'autre acquitté. Quatorze ans après l'assassinat mystérieux de deux Congolais en France, de nombreuses questions restent sans[...]

Retour en 5 dates sur la vie d'Earl Lloyd, légende du basket et premier joueur noir de NBA

Earl Lloyd, surnommé "The Big Cat", est décédé le 24 février à l'âge de 86 ans. Retour en cinq dates sur la carrière d'une des légendes du basket[...]

Qui est Al-Fawwaz, condamné pour les attentats de Dar es-Salaam et Nairobi en 1998 ?

Khalid al-Fawwaz, un Saoudien présenté comme un fidèle lieutenant d'Oussama Ben Laden, a été reconnu coupable de complot en lien avec les attentats contre les ambassades américaines[...]

RDC : Benoît Chatel condamné à 20 ans de prison pour le meurtre d'opposants à Kabila père

Principal accusé meurtre, il y a 14 ans en France, de deux supposés opposants à Laurent-Désiré Kabila, l'homme d'affaires belge Benoît Chatel a été condamné à[...]

France : crispations dans le monde de l'art après l'attentat contre "Charlie Hebdo"

Après les attentats des 7 et 9 janvier à Paris, plusieurs oeuvres d'art ayant trait à l'islam ont été censurées en France. Le phénomène n'est pas nouveau : art et religion[...]

"American Sniper" : quand Eastwood se tire une balle dans le pied

Annoncé en grande pompe, le nouveau long-métrage de Clint Eastwood, "American Sniper", relate le parcours d'un tireur d’élite de l'armée américaine connu pour ses exploits[...]

RDC : Kinshasa fustige les critiques du ministre belge De Croo envers le régime de Kabila

Le gouvernement congolais s'est dit "choqué" et  "fatigué des donneurs de leçons" après avoir essuyé les critiques frontales d'Alexander De Croo, le ministre belge de la[...]

Le gouvernement Valls lance une grande réforme de l'islam de France

Le gouvernement français a annoncé mercredi le lancement d’une grande réforme de l’islam de France autour d'une "instance de dialogue" censée mieux représenter les musulmans[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/JA2696p054.xml0 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/JA2696p054.xml0 from 172.16.0.100