Extension Factory Builder
13/09/2012 à 09:55
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Prestation de serment du nouveau ministre de la Défense devant le président Mohamed Morsi, le 12 a Prestation de serment du nouveau ministre de la Défense devant le président Mohamed Morsi, le 12 a

Discret et réputé pour son professionnalisme, Abdel Fattah al-Sissi a succédé au très influent Hussein Tantawi à la tête de l'armée. Il est l'ancien patron des renseignements militaires et est réputé proche des Frères musulmans.

C'est un inconnu que les Égyptiens ont vu prêter serment devant le président Mohamed Morsi, le 12 août. Élégant dans son uniforme beige, le général Abdel Fattah al-Sissi a été nommé ce jour-là ministre de la Défense et de la Production militaire, succédant au maréchal Hussein Tantawi, de près de vingt ans son aîné, à la tête de l'armée.

Membre du Conseil suprême des forces armées (CSFA), l'ex-chef de la Direction des renseignements militaires (DRM), 58 ans, avait marqué les esprits après la révolution par ses propos critiques à l'égard de Moubarak. « Du temps de l'ancien dictateur, il avait été chargé de surveiller la situation interne du pays, parce que le maréchal Tantawi désapprouvait le plan de transmission de pouvoir à Gamal Moubarak et les politiques de privatisation de l'ancien régime », rappelle Tewfiq Aclimandos, professeur invité à la Sorbonne, qui précise que Sissi était aussi responsable de la préparation d'un plan d'intervention de l'armée en cas de troubles internes.

Va-t-il consolider le rôle politique de son institution ou la recentrer sur des questions stratégiques ?

« Tantawi lui faisait confiance, sinon il ne l'aurait jamais nommé à la tête des renseignements militaires et il ne lui aurait pas confié un poste aussi stratégique que celui d'attaché militaire en Arabie saoudite », estime Robert Springborg, professeur à l'école navale américaine. Le 16 août, lors de sa première réunion avec les dirigeants des différents corps de l'armée, Sissi n'a pas manqué de louer son prédécesseur, « exemplaire dans son service à la nation ». Mais, contrairement au maréchal, connu pour son aversion pour les islamistes, ce père de quatre enfants est soupçonné d'être proche des Frères musulmans. « Il est très pieux, il a une vision du monde qui est celle d'un musulman très conservateur, sa femme est voilée et son oncle, Abbas al-Sissi, était une figure de la confrérie », note Tewfiq Aclimandos, pour qui il est cependant presque impossible que les Frères aient réussi à infiltrer l'institution à un niveau hiérarchique aussi élevé. Réputé pour son professionnalisme et son sens de la discipline, très populaire auprès des officiers, l'ancien chef du bataillon d'infanterie mécanisée a fait scandale en avril 2011 en reconnaissant que des tests de virginité étaient pratiqués sur les manifestantes arrêtées par les forces de sécurité. Une procédure destinée « à protéger les filles du viol et les soldats d'accusations de viol », s'était-il alors justifié.

Défis

Formé en Angleterre et en Amérique, Sissi ne devrait pas introduire de véritable changement dans les relations entre son armée et les États-Unis. « Le général m'a exprimé son attachement inébranlable aux liens militaires qui existent entre les États-Unis et l'Égypte, qui sont un gage de la stabilité du Moyen-Orient depuis plus de trente ans », a déclaré, le 14 août, le chef du Pentagone, Leon Panetta. Ce dernier a assuré que son homologue est résolu à respecter les engagements de son pays dans le cadre des accords de Camp David.

Mais les défis qui attendent le nouveau chef de l'armée sont de taille. Sissi doit stabiliser la situation sécuritaire du Sinaï et se pencher sur la modernisation d'une institution vieillissante. « L'armée égyptienne, explique Robert Springborg, est qualifiée pour des batailles territoriales avec Israël, mais elle ne peut pas faire face aux menaces qui pèsent aujourd'hui sur la sécurité nationale : la piraterie en mer Rouge, le trafic humain en Méditerranée, le trafic de drogue aux frontières... » Et Springborg de soulever la question, essentielle, du rôle de l'institution militaire dans la vie politique et économique : « Nous ignorons si le général va choisir de défendre les intérêts financiers des officiers, leur présence au sein des administrations publiques et leur influence sur la politique étrangère. Ou s'il va, au contraire, recentrer l'armée sur des questions purement stratégiques. »

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Egypte

Kabila, Ouattara, Bouteflika, Biya... Quels sont les diplômes de vos présidents ?

Kabila, Ouattara, Bouteflika, Biya... Quels sont les diplômes de vos présidents ?

Votre président a-t-il le baccalauréat ? Un master ? À-t-il étudié l’économie ou le droit ? En France ou en Chine ? Toutes les réponses avec notre jeu interactif.  [...]

Quatre attentats à la bombe font un mort et deux blessés au Caire

Quatre attentats à la bombe ont fait un mort et deux blessés jeudi matin au Caire. Même si les attaques n’ont pas été revendiquées, les autorités locales soupçonnent les[...]

Égypte : une figure de la révolte anti-Moubarak condamnée à cinq ans de prison

Accusé d’avoir eu recours à la violence lors d'une manifestation anti-Moubarak, Alaa Abdel Fattah, militant progressiste et figure de proue de la revolte de 2011, a été condamné lundi[...]

Trois attentats revendiqués par l'État islamique font au moins 45 morts en Libye

Trois attentats à la voiture piégée ont eu lieu vendredi dans l'est de la Libye faisant au moins 45 morts et 70 blessés, selon les autorités locales. Des attaques revendiquées par[...]

Libye : 195 égyptiens évacués via la Tunisie

195 ressortissants égyptiens ont fui lundi la Libye en direction de la Tunisie après l’assassinat de 21 chrétiens coptes par le groupe État islamique (EI). Le gouvernement tunisien craint[...]

ONU : Égyptiens et Occidentaux divisés sur la stratégie à suivre contre le terrorisme en Libye

Pendant que le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi réclame publiquement une intervention militaire internationale en Libye, les pays occidentaux défendent l'option d'une solution politique et la[...]

ONU 

Égypte : Sissi réclame une résolution de l'ONU pour l'intervention d'une coalition en Libye

Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a réclamé mardi l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU afin d'aller vers l'intervention d'une coalition contre[...]

État islamique en Libye : la riposte égyptienne

Des avions de combat égyptiens ont bombardé lundi des positions du groupe État islamique (EI) en Libye, en représailles à la décapitation de 21 chrétiens coptes égyptiens[...]

Libye : l'EI décapite 21 coptes égyptiens, Le Caire réplique par des bombardements

L'Égypte a annoncé lundi que son aviation avait bombardé des positions de l'État islamique en Libye. Quelques heures plus tôt, le groupe jihadiste diffusait une vidéo montrant[...]

Après plusieurs échecs, la France parvient à vendre son Rafale à l'Égypte

 La France va conclure le premier contrat à l'exportation de son fleuron aéronautique, le Rafale, dont 24 exemplaires vont être vendus à l'Egypte, mettant un terme à des années[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/JA2695p043.xml0 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/JA2695p043.xml0 from 172.16.0.100