Extension Factory Builder
07/09/2012 à 11:10
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Nejiba Hamrouni, 43 ans. Nejiba Hamrouni, 43 ans. © D.R.

Le torchon brûle entre le gouvernement et les médias. La présidente du Syndicat national des journalistes tunisiens, Nejiba Hamrouni, monte au front.

Depuis juin 2011, elle est la première femme à diriger le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) et, en ce moment, elle a fort à faire. Discrète sur sa vie privée, cette native d'El Hamma (près de Gabès, Sud) sort les griffes dès que journalistes et médias sont menacés, au nom, dit-elle, « d'une liberté qui n'a pas de prix ».

Cible d'attaques racistes - elle a la peau noire - et de menaces de mort, Nejiba Hamrouni, 43 ans, fait front. « Je suis habituée, lâche-t-elle. Mes détracteurs oublient ce que nous avons enduré sous Ben Ali. » Il s'agit souvent d'extrémistes qui se déchaînent sur les réseaux sociaux, et parfois aussi de journalistes. En voulant assainir les pratiques du métier, Nejiba dérange. « Certains confrères font la communication du nouveau gouvernement comme ils faisaient celle de Ben Ali », affirme cette diplômée de l'Institut de presse et des sciences de l'information, qui tient à publier la liste des journalistes compromis avec l'ancien régime. C'est l'un des points de discorde entre le SNJT et le gouvernement, qui détient les preuves de ces accointances mais refuse de les communiquer.

Guignols

La situation est paradoxale. Lotfi Zitoun, le ministre conseiller chargé des Affaires politiques, accuse le SNJT de « faire partie de l'opposition radicale et de défendre les corrompus ». Pourtant, en août, il a fait nommer Imen Bahroun et Lotfi Touati, deux proches de l'ancien régime reconvertis en supporteurs du parti islamiste Ennahdha, à la tête de la télévision nationale et du groupe de presse Dar Assabah.

Après avoir condamné les violences policières à l'encontre de journalistes, Nejiba défend les employés de la chaîne Ettounsiya, dont le patron, Sami Fehri, est poursuivi pour malversations avec le clan Ben Ali. « Je m'étonne de la coïncidence entre son mandat d'amener et l'interruption de l'émission de satire politique des Guignols, souligne-t-elle. Les interventions du gouvernement et l'utilisation de la justice pour faire pression sur les médias contreviennent aux objectifs de la révolution. Si le gouvernement refuse la création d'une instance indépendante, c'est pour garder la mainmise sur l'information. » 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
RDC : Gracias 99 % finnois

Article pr�c�dent :
Il n'y a pas de révolution sans iconoclaste

Réagir à cet article

Tunisie

Tunisie : pourquoi le Sud a choisi Marzouki à la présidentielle ?

Tunisie : pourquoi le Sud a choisi Marzouki à la présidentielle ?

Négligés depuis l'indépendance par le pouvoir central, les électeurs tunisien du sud ont massivement voté pour le président sortant, perçu comme l'homme de la vraie rupture [...]

Tunisie : "Si Béji" et les bajboujettes

Le tout nouveau président tunisien, appelé affectueusement Bajbouj, doit aux femmes sa victoire à la présidentielle. Et qu'un électorat féminin porte un candidat à la[...]

Tunisie : Maison de l'image et espace d'expressions

Comment filmer, photographier et dire la Tunisie d'aujourd'hui ? Olfa Feki, architecte, et Wassim Ghozlani, photographe, viennent de créer dans ce but la Maison de l'image.[...]

La Tunisie lève un milliard de dollars sur les marchés internationaux

La Tunisie a obtenu le 27 janvier un milliard de dollars sur les marchés internationaux, davantage que les 750 millions prévus. La demande a atteint 4,3 milliards.[...]

CAN 2015 : La RD Congo rejoint sur le fil la Tunisie en quarts !

Longtemps éliminés, les Congolais qui ont égalisé grâce à Bokila face à la Tunisie (1-1) rejoignent leur adversaire du soir en quarts de finale de la CAN 2015. Le Cap-Vert et la[...]

Tunisie : report du vote de confiance au gouvernement de Habib Essid

À peine formé, le gouvernement proposé par le nouveau chef de l’exécutif, Habib Essid, suscite de vives critiques. Au point que le vote de confiance à l’Assemblée des[...]

Gouvernement tunisien : pourquoi Afek Tounes a jeté l'éponge

Le parti tunisien Afek Tounes déplore la méthode de négociation quelque peu expéditive du Premier ministre désigné, Habib Essid, pour la formation de son gouvernement.[...]

Terrorisme : Al-Qaïda, Daesh, même jihad

Ennemies au Moyen-Orient, les deux grandes mouvances de l'islamisme radical ont tendance à s'imbriquer à mesure que l'on s'éloigne du foyer syro-irakien.[...]

Tunisie : Habib Essid a formé son gouvernement

Après de longues et complexes tractations avec les partis, Habib Essid, le nouveau chef de l’exécutif tunisien, a bouclé vendredi la composition de son gouvernement qu’il présentera[...]

Former le gouvernement tunisien, le casse-tête de Habib Essid

Nouveau chef de l'exécutif tunisien, Habib Essid continue de chercher la formule idéale pour son futur gouvernement, dont la composition doit être annoncée, selon des sources au sein de son [...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Purging www.jeuneafrique.com/Article/JA2695p012-013.xml1 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/JA2695p012-013.xml1 from 172.16.0.100