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05/09/2012 à 18:05
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Longtemps en poste en Amérique latine, le diplomate cite le Mercosur en exemple. Longtemps en poste en Amérique latine, le diplomate cite le Mercosur en exemple. © Secrétariat de l'Union pour la Méditerranée.

Le sommet de l'Union du Maghreb arabe (UMA) se tiendra à Tunis en fin d'année. Une première depuis 1994. Le ministre marocain délégué aux Affaires étrangères, Youssef Amrani, revient sur le contexte de cette relance.

Plus de vingt-trois ans après sa création, l'Union du Maghreb arabe (UMA) pourrait-elle sortir de l'impasse ? Pour le diplomate tangérois Youssef Amrani, 58 ans, ministre délégué aux Affaires étrangères et à la Coopération, les changements survenus dans la région sont l'occasion ou jamais de pallier le manque d'intégration qui, depuis des années, coûte si cher au Maghreb.

Jeune Afrique : Pourquoi, selon vous, la relance de l'Union du Maghreb arabe a-t-elle des chances d'aboutir ?

Youssef Amrani : La plupart de nos pays connaissent une transition démocratique et nous devons saisir cette occasion pour accélérer les réformes politiques, juridiques et économiques nécessaires à la relance de l'intégration régionale. En construisant un ensemble cohérent et doté d'un environnement des affaires conformes aux standards internationaux, nous pourrons développer le commerce entre nos pays et attirer les investisseurs.

Dans le cadre du sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'UMA que nous sommes en train de préparer et qui devrait se tenir à Tunis en fin d'année, nous avons trois priorités : la libre circulation des capitaux et des hommes, la mise en place d'une zone de libre-échange et la création d'instruments juridiques et financiers pour accompagner les investissements.

Le différend maroco-algérien sur le Sahara ne continuera-t-il pas à freiner le processus ?

Il ne devrait plus être un obstacle à l'évolution d'autres problématiques. Prenez l'exemple des pays d'Amérique latine, leurs divergences politiques ne les ont pas empêchés de construire des organisations régionales fortes comme le Mercosur.

Sur la question du Sahara, nous avons besoin d'un nouveau médiateur onusien afin de reprendre les négociations et de parvenir à une solution mutuellement acceptable basée sur l'esprit de compromis et le réalisme. En ce sens, le Maroc propose de discuter sur la base d'une large autonomie du Sahara.

Nos pays représentent un marché potentiel de 130 millions d'habitants.

Voyez-vous un avenir à l'Union pour la Méditerranée (UPM), dont vous étiez le secrétaire général jusqu'en janvier ?

L'UPM est peut-être arrivée trop tôt. Les blocages politiques, notamment après les événements de Gaza et du Printemps arabe, ont retardé sa mise en oeuvre. Mais aujourd'hui les Européens ont tout intérêt à relancer le processus : les pays du sud de la Méditerranée représentent un marché potentiel de 130 millions d'habitants, avec des économies qui continuent d'enregistrer des taux de croissance soutenus. L'UPM doit en revanche se consacrer aux grands chantiers d'intégration, comme l'autoroute du Maghreb ou les échanges universitaires, et laisser les questions politiques à des structures plus appropriées, telles les Nations unies, les organisations régionales ou encore des enceintes plus informelles, comme le dialogue 5+5 [qui réunit Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie et Espagne, France, Italie, Malte, Portugal, NDLR].

Avec la crise économique, l'Europe ne risque-t-elle pas de se replier sur elle-même ?

L'Union européenne a commencé à revoir sa politique de voisinage. Autrefois, près de deux tiers des aides européennes allaient vers le sud de la Méditerranée et un tiers vers les pays d'Europe de l'Est. Aujourd'hui, la répartition tend vers les 50-50. À nous d'accélérer la relance de l'UMA pour proposer à nos partenaires européens une zone attractive où ils pourront négocier de bloc à bloc. Il est aussi de leur intérêt de nous aider à nous développer pour juguler la pression migratoire et bénéficier de notre croissance. 

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