Des mineurs de Marikana fêtent leur libération, le 3 septembre 2012 à Ga-Rankuwa.
© Cynthia R Matonhodze/AFP
Exploité par ses opposants, le drame de Marikana complique sérieusement la donne politique pour le président Jacob Zuma.
Les mineurs de Marikana - dont la grève n'est toujours pas terminée - n'avaient jamais vu les grandes figures politiques sud-africaines d'aussi près. Mais depuis la tragédie qui les a frappés le 16 août, quand 34 d'entre eux sont tombés sous les balles de la police, chacun a bien compris qu'il se jouait, avec leur grève contre la direction de l'entreprise britannique Lonmin, un épisode clé pour l'avenir du pays. Qui plus est à quatre mois de la conférence du Congrès national africain (ANC, au pouvoir), à Mangaung - c'est là que le parti dira s'il souhaite reconduire Jacob Zuma à sa tête (et du même coup au sommet de l'État).
Comme souvent, le premier à se saisir de la tragédie fut le très radical Julius Malema, chantre de la nationalisation des mines sud-africaines et ancien chef de la Ligue de jeunesse de l'ANC devenu opposant féroce à Zuma. S'affichant aux côtés des mineurs furieux, deux jours après le drame, il a accusé le président d'avoir donné l'ordre d'utiliser la force.

Le 16 août, la police ouvre le feu et tue 34 mineurs à Marikana.
© Sipa
Grand rival
La ficelle a beau être grosse, Zuma (qui était au Mozambique au moment des faits) a eu le plus grand mal à renouer avec les mineurs, qu'il a rencontrés le 22 août. « [Malema] est venu. Il nous a écoutés. Il nous soutient », lui a lancé Xolani, un des leaders grévistes. L'Union de l'association des mineurs et du bâtiment (AMCU), le petit syndicat agressif qui mène la contestation, exigeait un triplement des salaires les plus faibles pour atteindre 12 500 rands par mois (1 200 euros). Face à ce mot d'ordre, l'Union nationale des mineurs (NUM), son grand rival affilié à la centrale syndicale Cosatu, alliée historique de l'ANC, semble avoir perdu le contrôle de la situation.
À Mangaung, Jacob Zuma aura pourtant besoin du soutien de la Cosatu, qui avait tant contribué à son accession au pouvoir en 2007. Mais à l'époque, c'est elle qui menait la contestation contre son prédécesseur.

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