Qui d'Obama ou de Romney est le plus favorable à l'État hébreu ? L'opinion penche pour le second. Mais Netanyahou, prudent, s'abstient de prendre parti officiellement.
D'un côté, un pacte militaire sans précédent conclu par Barack Obama, assorti d'une généreuse contribution à la défense antimissile israélienne. De l'autre, des déclarations fracassantes de Mitt Romney sur la « folie nucléaire » de l'Iran et le statut de Jérusalem, « capitale d'Israël ». La campagne électorale américaine s'enflamme sur la question du soutien à l'État hébreu. Et l'opinion israélienne se montre autant étonnée que flattée par cette surenchère.
Plusieurs sondages - notamment celui publié le 27 juillet, à la veille de son arrivée en Terre sainte - suggèrent que le vent est ici en train de tourner en faveur du candidat républicain. À en croire le Centre d'études stratégiques Begin-Sadate, 29 % des Israéliens estiment qu'il serait mieux à même de défendre les intérêts d'Israël, contre 22 % pour Obama. L'inverse de ce qui se passe dans la communauté juive américaine, toujours largement favorable au président démocrate (lire ci-dessus).
Dans le quotidien Haaretz, l'éditorialiste Zvi Bar'el déplore la fâcheuse tendance de ses concitoyens à se sentir partie prenante dans la course à la Maison Blanche. « C'est une maladie qui frappe chaque gouvernement israélien, mais aussi la société israélienne dans son ensemble, écrit-il. Les symptômes en sont bien connus, et, tel un ulcère chronique, ressurgissent tous les quatre ans. »
Netanyahou méfiant
Benyamin Netanyahou reste pourtant sur la réserve. En dépit de son amitié pour Romney, le Premier ministre refuse de s'engager pour l'un ou l'autre des candidats. Seule certitude : ses relations avec Obama, qui ne s'est jamais rendu à Jérusalem au cours de son mandat, sont empreintes de méfiance. Au sein même de sa coalition, plusieurs ministres issus de la mouvance nationaliste-religieuse présentent le chef de l'exécutif américain comme un ennemi du peuple juif. N'a-t-il pas forcé Israël à faire des concessions aux Palestiniens ?
Cette animosité latente n'a pas manqué d'être exploitée par Romney, qui, dans le même mouvement, s'efforce de séduire le puissant électorat chrétien évangélique, très favorable, comme on le sait, au Grand Israël : « Je ne peux imaginer me rendre aux Nations unies pour, comme l'a fait Obama, critiquer mon allié à la face du monde. Israël mérite un meilleur président que lui. » Le débat est ouvert.

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