Extension Factory Builder
16/08/2012 à 15:00
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Nicolas Sarkozy à Paris, le 28 juin 2012. Nicolas Sarkozy à Paris, le 28 juin 2012. © Sipa

L'ancien président français est sorti de son silence en prenant officiellement position sur la crise syrienne. Une manière de critiquer l'inertie de son successeur, François Hollande.

Salve du château Faraghi sur le fort de Brégançon : depuis la luxueuse résidence varoise de sa belle-famille, au bord de la Méditerranée, Nicolas Sarkozy a lancé une offensive aussi féroce qu'inattendue contre son successeur, François Hollande, retranché non loin de là dans sa villégiature présidentielle.

Le 7 août, on apprend que l'ancien chef de l'État s'est entretenu quarante minutes avec Abdel Basset Sayda, le chef du Conseil national syrien (CNS), principale coalition d'opposition à Bachar al-Assad. Dans un communiqué commun, les deux hommes affirment « la complète convergence de leurs analyses sur la gravité de la crise syrienne et sur la nécessité d'une action rapide de la communauté internationale ». Et constatent « de grandes similitudes avec la crise libyenne ».

Charge

Une manière pour Nicolas Sarkozy d'officialiser les propos, démentis par son entourage, que le quotidien Le Parisien lui avait prêtés fin juillet : « On m'a critiqué sur la Libye, mais moi, au moins, j'ai agi. Il faut être plus ferme avec le régime de Damas. » Sa « volonté de discrétion durable », relayée en juin par son ancien ministre Brice Hortefeux, n'a pas tenu trois mois : la charge a donné aux grognards de l'UMP le signal de l'assaut, au grand dam des socialistes. Philippe Juvin, secrétaire national du parti, dénonce un « attentisme criminel » ; Jean-François Copé, son secrétaire général, stigmatise « l'inertie de la diplomatie française » ; et Brice Hortefeux se navre : « La France a disparu. »

On s'était habitué, depuis sa défaite électorale, à voir Nicolas Sarkozy, sur papier glacé, paresser avec son épouse, Carla, du Canada au Maroc - le couple aurait acheté un palais à Marrakech. On le disait même embauché comme conseiller du monarque chérifien. Mais c'est au chef de l'État français qu'il a choisi de prodiguer ses avis, non sans malice. En juin, il avait déjà fait une incursion en politique étrangère en petit-déjeunant avec l'opposante birmane Aung San Suu Kyi dans un grand hôtel parisien. Puis, en juillet, en recevant Abdelilah Benkirane, le Premier ministre marocain, à Marrakech. L'hyperprésident se ferait-il hyperopposant ?

Honneurs

Pourtant, la politique syrienne de Hollande et de Laurent Fabius, son ministre des Affaires étrangères, semblait suivre la ligne tracée par le couple Sarkozy-Juppé : discours de fermeté, pressions économiques, mais prudence sur la question d'une intervention. Est-ce l'option armée que prône désormais Nicolas Sarkozy lorsqu'il appelle à une « action rapide » ? « La Syrie n'est pas la Libye », insistait pourtant Alain Juppé lorsqu'il dirigeait la diplomatie française. Et les adversaires de Sarkozy de rappeler perfidement que celui-ci avait reçu les deux dictateurs de la même manière, avec les honneurs de la République, en 2007 et 2008.

Côté CNS, rien ne filtre sur l'origine de l'initiative et l'on se défend de toute immixtion dans les affaires intérieures françaises. Mais Monzer Makhous, vice-président de la commission des affaires étrangères au sein de la coalition, avoue : « La politique extérieure de la France n'est pas à la hauteur, on en attend beaucoup plus. » En difficulté sur le terrain, le CNS réclame des armes et appelle à des frappes contre le régime. Las, la veille du communiqué Sayda-Sarkozy, c'est un hôpital de campagne que François Hollande a promis à l'opposition. 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Maghreb & Moyen-Orient

Le patron du fisc marocain prend la tête de la CDG

Le patron du fisc marocain prend la tête de la CDG

Le nom du nouveau directeur général de la Caisse de dépôt et de gestion est désormais connu. Il s'agit de Abdellatif Zaghnoun, actuel directeur général des impôts. Pur produit [...]

ONU : vers la délocalisation des négociations interlibyennes... en Libye ?

Les négociations interlibyennes, qui se déroulent actuellement à Genève, pourraient se délocaliser en Libye, du moins si les conditions de sécurité y sont "suffisantes",[...]

Abdellah Taïa, une errance parisienne

Tourmenté, l'écrivain Abdellah Taïa semble l'être autant que les personnages de son nouveau roman, une prostituée et un transsexuel exilés en France. Comme eux, il poursuit une longue[...]

Mohamedou Ould Slahi : je vous écris de Guantánamo

On l'a pris, à tort, pour un gros bonnet d'Al-Qaïda. Kidnappé dans sa Mauritanie natale, puis remis aux Américains, Mohamedou Ould Slahi croupit depuis 2002 dans la sinistre base cubaine. Dans un[...]

Goodluck, IBK, Kabila... Les grands absents du sommet de l'UA

Ils sont restés chez eux, trop occupés par leurs affaires internes. Plusieurs poids lourds du continent ne seront pas sur la photo de famille du 24e sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'Union[...]

Tunisie : la demi-surprise du chef

En désignant Habib Essid, un technocrate indépendant, au poste de Premier ministre, le président se prémunit contre l'accusation de monopolisation du pouvoir par un seul parti.[...]

Ramtane Lamamra : "Un accord de paix peut être signé au Mali dans moins de six mois"

Présent à Addis-Abeba pour le Sommet de l'Union africaine, le ministre algérien des Affaires étrangères et médiateur en chef des négociations de paix au Mali, Ramtane Lamamra, se[...]

Internet, mobiles, SMS : quand nos États misent sur la censure

En réponse aux dernières manifestations en RDC, le gouvernement congolais a censuré Internet et SMS. Un classique : avant lui, de nombreux gouvernements du continent avait utilisé le même[...]

Tunisie : pourquoi le Sud a choisi Marzouki à la présidentielle

Négligés depuis l'indépendance par le pouvoir central, les électeurs tunisiens du Sud ont massivement voté pour le président sortant, perçu comme l'homme de la vraie rupture[...]

Mariage des enfants : les dirigeants africains doivent agir dès maintenant

L'archevêque émérite Desmond Tutu est l'ancien président de The Elders et le co-fondateur de Filles, pas épouses : le partenariat mondial pour la fin du mariage des enfants. Nyaradzayi[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/JA2692p012-013.xml0 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/JA2692p012-013.xml0 from 172.16.0.100