Extension Factory Builder
09/08/2012 à 10h:45
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Hillary Clinton à Dakar, le 1er août. Hillary Clinton à Dakar, le 1er août. © Sipa

Alors que le président américain est en fin de mandat, à quoi songe sa secrétaire d'État ? À l'Afrique, où elle est en tournée. Mais peut-être aussi à son avenir politique.

Une tournée d'adieux, ou un nouveau départ ? Pour ses derniers mois à la tête du département d'État, Hillary Clinton multiplie les voyages. Avec une prédilection pour l'Afrique : après le Liberia, la Côte d'Ivoire, le Togo et le Cap-Vert en janvier, l'Algérie, la Tunisie et le Maroc en février puis l'Égypte en juillet, elle effectue jusqu'au 10 août une tournée dans sept autres pays du continent (Sénégal, Soudan du Sud, Ouganda, Kenya, Malawi, Afrique du Sud et Ghana).

À Dakar, le 1er août, elle a félicité Macky Sall pour son élection et annoncé que les États-Unis aideraient le Sénégal, dont elle a vanté l'exemplarité démocratique, à organiser le procès de Hissène Habré, l'ancien président du Tchad, accusé de crimes contre l'humanité.

Contrecarrer l'influence chinoise

Dans tous ses déplacements, elle prône un partenariat fondé sur la croissance et le développement. Avec pour objectif de contrecarrer l'influence chinoise. Elle invite aussi les entreprises américaines à profiter de la dynamique économique africaine. Les échanges entre les États-Unis et l'Afrique subsaharienne (95 milliards de dollars en 2011) devraient progresser de plus de 22 % cette année. Mais cette politique ne peut s'épanouir dans un climat d'insécurité. Depuis 2007, l'armée américaine a donc créé un réseau de bases aériennes, plus ou moins secrètes, en Afrique de l'Ouest et de l'Est ainsi que dans l'océan Indien. Ses priorités : la lutte contre le terrorisme et la piraterie, le règlement des crises (au Sahel, entre les deux Soudans, en RD Congo)...

Droits de l'homme, promotion des femmes, développement durable... Elle a été de tous les combats.

Hillary Clinton devrait achever sa tournée par une rencontre avec Nelson Mandela, avant d'assister aux obsèques du président ghanéen John Atta Mills, le 10 août. En trois ans et demi, elle a été reçue par près de la moitié des dirigeants du continent, palliant l'absence de Barack Obama qui, lui, n'a fait que deux déplacements en Afrique, au Ghana et en Égypte. Participant à toutes les grandes décisions en matière de politique étrangère - elle a assisté à plus de six cents réunions à la Maison Blanche entre 2009 et 2011 -, Hillary a contribué à redorer l'image des États-Unis dans le monde, très dégradée après les années Bush. Droits de l'homme, promotion des femmes, développement durable... Elle a été de tous les combats. Et n'a pas ménagé ses efforts, parcourant près de 1,3 million de kilomètres et visitant plus de cent pays.

Messages forts

Ses détracteurs lui reprochent d'avoir peu influé sur les décisions en matière de défense (la traque de Ben Laden, l'utilisation des drones), sur les relations avec le Pakistan et l'Iran ou sur la relance du processus de paix au Moyen-Orient. En Afrique, en revanche, elle a pleinement rempli sa mission en envoyant des messages forts aux dirigeants qui s'accrochent au pouvoir ou privilégient les successions héréditaires. « Le mouvement que nous voyons éclore dans les pays arabes a déjà pris racine dans nombre de pays africains, leur avait-elle lancé lors de son discours à l'Union africaine, en juin 2011. Changez s'il en est encore temps, ou c'est vous qui serez changés. »

Le mandat d'Obama s'achevant à la fin de 2012, la secrétaire d'État réfléchit désormais à son avenir. « J'ai eu une vie formidable ces vingt dernières années. J'ai vraiment été au plus haut niveau de la vie politique américaine », confiait-elle en mars. Il y a quelques mois, 70 % de ses compatriotes approuvaient son action au département d'État. De quoi l'inciter à concourir de nouveau pour la présidence en 2016, quand Obama ne portera plus les couleurs démocrates. Elle aura alors 69 ans.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

AUTRES

Crise économique : l’Égypte tend la main aux magnats liés à l'ancien régime

Crise économique : l’Égypte tend la main aux magnats liés à l'ancien régime

Plus de deux ans après un soulèvement populaire alimenté par la corruption de l'ancien régime, le gouvernement islamiste en Égypte, à court d'argent, tend la main aux hommes d'affaires[...]

Le Brésil annule 900 millions de dollars de dettes de pays africains

La présidence brésilienne a annoncé, le 25 mai à Addis-Abeba, l'annulation de 900 millions de dollars de dettes de 12 pays africains, en marge des célébrations du cinquantenaire de l'unit&[...]

Addis-Abeba : Hollande invite pour les dirigeants africains à Paris fin 2013 pour un sommet

Le président français, François Hollande, a annoncé, le 25 mai à Addis-Abeba,  qu'il convierait les dirigeants africains à Paris "à la fin de l'année" pour un [...]

Mohamed Lemine Ould Dadde : "J'ai été victime d'une machination"

Condamné à trois ans de prison ferme et à une lourde amende pour détournement de fonds, l'ex-commissaire aux droits de l'homme, finalement libéré sous caution, continue de clamer s[...]

Guinée équatoriale : les élections du 26 mai déjà acquises au pouvoir

Les électeurs de Guinée équatoriale voteront dimanche 26 mai pour leurs parlementaires et élus locaux, lors d'un scrutin déjà acquis au pouvoir, dans ce pays d'Afrique centrale dirig&eacut[...]

RDC : dans le Nord-Kivu, trois jours de "ville morte" à Beni et combats à Kibumba

Au Nord-Kivu, dans la partie est de la RDC, la société civile de Beni a décrété trois jours de "ville morte" , à partir de ce 25 mai, pour protester contre l'insécurit&eac[...]

Panafricanisme : quand Nnamdi Azikiwe s'en prenait à Kwame Nkrumah

Dans un texte paru le 18 mai 1961 dans le West African Pilot de Lagos, dont il est le fondateur, Nnamdi Azikiwe, qui sera deux ans plus tard le premier président du Nigeria, conteste la vision panafricaine de [...]

RDC : la presse sous bonne garde dans le Kivu

Dans le Nord-Kivu, alors que les tensions entre le M23 et les forces armées congolaises sont toujours aussi vives, Reporter sans frontières (RSF) dénonce les conditions de travail des journalistes, marqu&eacut[...]

Football : taxe à 75%, la France contre son camp ?

La taxe à 75 % sur la tranche des revenus supérieure à 1 million d'euros par an sera finalement payée non par les footballeurs mais par les clubs pros. Qui s'estiment lésé[...]

50 ans de l'UA : souvenirs d'un ancien combattant de l'unité africaine

L'ancien Premier ministre togolais, Edem Kodjo, a été secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) de 1978 à 1983.[...]

Le Floch-Prigent dit avoir payé 50 000 euros pour quitter le Togo

L'ancien patron d'Elf, Loïk Le Floch-Prigent, affirme avoir dû verser 50 000 euros aux autorités togolaises avant sa remise en liberté provisoire en février après plus de 5 mois d'emprisonnem[...]

Nkosazana Dlamini-Zuma : "L'Afrique ne peut plus attendre que l'initiative vienne de l'extérieur"

Pour celle qui préside à la destinée de l'UA, les Africains doivent désormais se prendre davantage en main. Tant sur le plan économique que sur celui de la sécurité. Interview de Nk[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers