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09/08/2012 à 10:30
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Moins austère que Twitter, Facebook permet aux artistes de se donner davantage de visibilité. Moins austère que Twitter, Facebook permet aux artistes de se donner davantage de visibilité. © Joël Saget/AFP

Écrivains, musiciens, dramaturges... Les artistes africains sont de plus en plus nombreux à compter sur les réseaux sociaux pour promouvoir leurs créations.

En quelques clics, le lecteur de l'écrivain franco-congolais Alain Mabanckou ou du dessinateur de BD gabonais Pahé peut s'abonner à leur compte Facebook, leur laisser un commentaire, trouver la date de leur prochaine dédicace... Les artistes africains sont de fervents utilisateurs de la plateforme la plus utilisée en Afrique, avec 17 millions d'inscrits. Dans les pays du Maghreb en particulier, où la liberté d'expression faisait cruellement défaut avant le Printemps arabe, les réseaux sociaux ont connu un véritable essor. Musiciens, acteurs, écrivains, danseurs, etc. en profitent depuis pour se faire connaître sur la scène internationale et rester en contact permanent avec leurs fans.

« Ma page Facebook m'apporte une large visibilité, surtout lorsque je veux faire connaître mes nouveaux albums BD, des dessins osés. Le public se dirige de cette façon sur mon blog », explique Pahé qui, en revanche, dit ne pas maîtriser Twitter. « Il n'y a pas mieux pour se faire connaître à vitesse grand V : en quelques clics, vos travaux sont vus par tout le monde ! Je vais aussi très souvent sur des sites communautaires gabonais, très actifs ces derniers temps, et j'y poste mes oeuvres. Ça marche, car le public vient nombreux. »

De même, le blogueur tunisien -Z- utilise sa page Facebook de quelque 7 434 fans pour publier ses caricatures et glisser des commentaires sur l'actualité de son pays. « Bien sûr que j'utilise les réseaux sociaux pour communiquer sur mon travail. Je vis avec mon temps », assure quant à lui le peintre et écrivain marocain Mahi Binebine. « Autrefois, je me roulais les pouces au Salon du livre de Paris, et quand je dédicaçais trois ou quatre livres, j'étais aux anges ! Maintenant, avec Facebook ou Twitter, je multiplie mes ventes par dix ! »

D'autres, en revanche, gardent une certaine réserve. « Professionnellement, c'est un volet que je n'ai jamais cherché à développer, je reste un amateur », explique le designer marocain Hicham Lahlou. « Et puis j'ai commencé à acquérir ma notoriété dans les années 1990, précise-t-il, et Facebook ou Twitter n'existaient pas encore, j'en suis donc resté à ce stade, un peu volontairement. »

Boule de neige

Certains misent sur une page Facebook officielle, d'autres préfèrent un compte à leur nom sur le réseau social, où ils accumulent amis et relations. Dans les deux cas, il s'agit de tenir régulièrement informés les abonnés. « Mon blog est connecté à mes comptes Facebook, Twitter et LinkedIn par IFTTT, un programmateur de tâches qui publie directement sur les réseaux chaque article dès sa parution sur mon blog », explique le romancier togolais Kangni Alem, qui se connecte tous les jours depuis son ordinateur ou son téléphone portable.

Mahi Binebine assure, lui, qu'il y a « un effet boule de neige extraordinaire » dès qu'il annonce une exposition ou une signature de romans. « Lorsque j'ai des séances de dédicaces au Gabon, les abonnés de mes réseaux sont les premiers à savoir où cela aura lieu », confirme Pahé. Grâce à un groupe Facebook, la metteuse en scène française d'origine malienne et ivoirienne Eva Doumbia avait, elle, réussi à faire la promotion de son spectacle Moi et mon cheveu, le cabaret capillaire, en 2011, avant même qu'il ne soit monté. « Cela a été une formidable banque de ressources », raconte-t-elle.

La plupart du temps, ces plateformes restent surtout le meilleur moyen de travailler en lien avec les autres artistes africains. Pahé confirme : « Avec quelques dessinateurs du continent, on peut parler de nos différents projets, des futurs festivals BD en vue, mais c'est souvent compliqué car la connexion internet est hélas fréquemment coupée. »

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