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01/08/2012 à 15:36
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Les trois enfants du chanteur américain, le 26 janvier. Les trois enfants du chanteur américain, le 26 janvier. © Sipa

Depuis sa mort, il y a trois ans, Michael Jackson n'a jamais été aussi "bankable". Du coup, les membres de sa famille se déchirent. À belles dents.

Un testament contesté, une grand-mère qui disparaît, une rafale de tweets acerbes, et beaucoup, beaucoup d'argent en jeu... Trois ans après la disparition de Michael Jackson, sa famille se déchire avec d'autant plus d'âpreté que la star redevient « rentable ». À sa mort, en juin 2009, le roi de la pop possédait 600 millions de dollars (430 millions d'euros à l'époque) d'actifs, mais laissait 500 millions de dollars de dettes qu'il comptait en partie éponger grâce à une série de concerts à Londres. Les eût-il donnés et fût-il parvenu à renouer avec son public qu'il n'eût sans doute pas vendu autant de disques qu'aujourd'hui.

Ce succès posthume, Michael Jackson le doit à sa fin tragique. La mort l'a fauché à l'âge de 50 ans sous les traits d'un éternel gamin, le livrant à l'adoration de fans qui, après l'avoir délaissé, se trouvaient soudain désemparés. À peine son corps gorgé de Propofol (le tristement célèbre anesthésiant administré par le Dr Conrad Murray) avait-il été déposé dans un cercueil en or qu'ils se sont lancés dans une frénésie d'achat. En l'espace de neuf mois, l'idole défunte a « vendu » 31 millions d'albums.

Bien décidés à tirer parti de cet engouement post mortem, l'avocat John Branca et le producteur John McClain, ses exécuteurs testamentaires, qui gèrent l'Estate of Michael Jackson, n'ont pas perdu une seconde. Dès octobre 2009 retentissaient les couplets de « This Is It », une chanson fadasse que la star était censée interpréter à Londres. Le même mois, « This Is It », un documentaire retraçant ses dernières répétitions, n'est resté que quinze jours à l'affiche afin de rentabiliser la sortie du DVD. En décembre 2010, Michael, un album complet, a été commercialisé sans qu'on sache si son auteur, connu pour son perfectionnisme, l'aurait approuvé.

Les oubliés

Les dernières volontés du roi de la pop concernant la garde de ses trois enfants ont, elles, été respectées, du moins jusqu'à tout récemment. En 2009, Prince Michael (aujourd'hui âgé de 15 ans), la jolie Paris (14 ans) et Prince Michael II, alias Blanket (10 ans), ont été confiés à leur grand-mère, la pimpante Katherine, 82 ans, qui les loge dans sa propriété californienne de Calabasas et touche une pension de 60 000 dollars par mois, notamment pour leurs frais de scolarité dans l'école privée de Buckley, devant laquelle un 4x4 rutilant les dépose chaque matin flanqués de leurs gardes du corps.

Mais de sombres querelles d'héritage refont surface et placent les enfants au centre du conflit familial. L'Estate doit en effet reverser 40 % de ses profits à Katherine, 40 % aux trois enfants réunis et 20 % à des associations caritatives. Rien à Joseph, le père de Michael, qui ne l'a même pas mentionné dans son testament. Rien non plus à ses frères et soeurs, avec qui il partagea les coups de ceinture de leur paternel Pygmalion, lequel les fit réussir dans le showbiz au prix d'épuisantes journées de travail.

Or, depuis quelques mois, Branca et McClain apurent la dette (elle n'est plus que de 300 millions de dollars) et multiplient les contrats stratégiques avec Sony Music (250 millions de dollars pour la distribution d'inédits et des produits dérivés), Ubisoft (pour un jeu vidéo), Pepsi (qui vendra cet été 1 milliard de canettes à l'effigie de « Bambi ») ou le Cirque du Soleil (pour son Immortal World Tour). Il y a dix-huit mois, les deux compères ont annoncé que l'Estate avait perçu 130 millions de dollars grâce aux ventes d'albums et de produits dérivés ainsi qu'aux recettes de catalogues acquis par Michael Jackson où figurent des tubes des Beatles, d'Elvis Presley ou de Bob Dylan.

Appâtés par ces perspectives de profit, les oubliés du testament relèvent la tête. En 2010, Joseph a tenté - en vain - d'obtenir une pension mensuelle de 15 000 dollars. Aujourd'hui, cinq frères et soeurs Jackson (Jermaine, Randy, Tito, Rebbie et Janet), qui avaient déjà essayé à trois reprises de contester le testament, publient une lettre ouverte dans laquelle ils accusent les deux gestionnaires d'avoir « profité du chagrin d'une famille » pour falsifier le document.

Tweet vengeur

Accréditant la thèse selon laquelle ils chercheraient à obtenir la garde des trois enfants - et donc un accès à la fortune de Michael -, les cinq contestataires affirment aussi que leur mère a été victime d'une attaque cérébrale nécessitant sa mise sous tutelle. Une initiative qui a fait bondir Paris. « Je défendrai ma chère grand-mère de toutes mes forces, y compris contre des membres de ma famille. Elle va très bien, elle n'a eu aucun problème de santé, ces rumeurs sont fausses », s'est indignée l'adolescente aux yeux verts sur son compte Twitter. Avant d'adresser un tweet vengeur à son oncle Randy : « Je n'apprécie pas que tu racontes des mensonges à tout le monde. »

L'affaire a pris un tour rocambolesque le 15 juillet, lorsque ladite grand-mère s'est volatilisée ! Très inquiets de ne pouvoir la joindre au téléphone, ses petits-enfants ont déposé plainte auprès du shérif du comté de Los Angeles. « Je veux rassurer tout le monde, a aussitôt twitté Jermaine. Mère va bien, mais elle se repose en Arizona, sur ordre de son médecin. » Cette nouvelle n'a qu'à moitié rassuré la jeune Paris, l'avocate de Katherine et les gestionnaires de l'Estate, qui redoutent que les cinq rebelles fassent pression sur l'octogénaire pour qu'elle se sépare d'eux. Une altercation opposant plusieurs membres de la famille aurait éclaté le 23 juillet, Paris et sa tante Janet échangeant gifles et noms d'oiseaux. En attendant le retour de leur grand-mère, un juge de Los Angeles a confié la garde des enfants à Tito Junior, l'un des neveux du chanteur. Pas sûr que cela suffise à faire retomber la tension.

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