Extension Factory Builder
03/08/2012 à 11:13
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
!un déshérité dans une rue de Madrid. !un déshérité dans une rue de Madrid. © Sipa

Coupes claires dans les dépenses publiques, hausse vertigineuse du chômage, récession... Le gouvernement Rajoy n'a guère de prise sur les événements. Et l'Europe s'interroge : que faire de l'Espagne ?

Et si l'Espagne suivait le même chemin de croix que la Grèce ? Chaque jour, des dizaines de milliers de manifestants déferlent dans les grandes villes pour dénoncer les tours de vis budgétaires qui vont encore faire enfler le taux de chômage : 24,6 % actuellement - un record. « Rajoy démission », scandent les contestataires à l'adresse du président du gouvernement. Et à celle des autres salariés : « Aujourd'hui, c'est nous ; demain, ce sera toi. »

Rien ne semble pouvoir arrêter la dégringolade provoquée par les orgies immobilières du passé. Au début de l'année, le gouvernement Rajoy avait déjà réduit les dépenses publiques de 27,3 milliards d'euros. Le 19 juillet, il a fait voter par le Parlement une nouvelle ponction de 65 milliards. Les fonctionnaires perdent l'équivalent de leur treizième mois, les indemnités de chômage seront réduites de 10 % supplémentaires au bout de six mois et le taux de la TVA passe de 18 % à 21 %. « Il n'y a plus un sou dans les caisses », se défend Cristóbal Montoro, le ministre des Finances.

Appel à l'aide

Les mauvaises nouvelles s'accumulent. À en croire la Banque centrale, l'économie espagnole devrait reculer de 1,6 % cette année et de 0,5 % en 2013. Les régions de Valence et de Murcie ont lancé un appel à l'aide : elles ne sont plus en mesure de financer leurs services publics. Cinq autres pourraient les imiter.

Face à cette crise gravissime, les marchés oublient les réformes de la zone euro annoncées le 29 juin, de même que les 100 milliards d'euros promis la semaine dernière par l'Europe afin de redresser les banques espagnoles en difficulté. Ils imposent désormais des taux d'intérêt exorbitants aux emprunts à dix ans souscrits par l'État espagnol : 7,6 % le 25 juillet, ce n'était pas très loin des 8 % fatidiques qui contraignirent la Grèce, l'Irlande et le Portugal à demander un sauvetage en bonne et due forme à la « troïka » (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international). Ce taux a toutefois repassé la barre des 7 % le 26 juillet.

Avec de tels taux d'intérêt, l'Espagne va devoir rembourser 9 milliards d'euros supplémentaires en 2013, et, pour cela, faire de nouvelles économies qui étrangleront un peu plus la consommation et l'emploi ; donc les rentrées d'impôts ; donc la capacité de Madrid à rembourser ses dettes. Un véritable cercle vicieux.

1 000 milliards d'euros

Pas question pour autant de demander une mise sous tutelle, clame Mariano Rajoy. « Les taux d'emprunt imposés actuellement à l'Espagne ne reflètent ni les fondamentaux de son économie, ni son potentiel de croissance, ni sa capacité à rembourser ses dettes publiques », ont certifié ensemble, le 25 juillet, Wolfgang Schäuble et Luis de Guindos, les ministres allemand et espagnol des Finances.

La seule mesure susceptible d'apaiser les investisseurs inquiets du montant vertigineux de la dette extérieure espagnole (près de 1 000 milliards d'euros, soit beaucoup plus que les réserves européennes de secours : 250 milliards) serait le rachat de la dette publique de ce pays, à des taux raisonnables, par la Banque centrale européenne (BCE). Mais Mario Draghi, son président, ne veut pas en entendre parler. Selon lui, « la BCE n'a pas vocation à résoudre les difficultés financières des États ».

Face au vent de panique qui balaie périodiquement les marchés et à la situation « intenable » du gouvernement Rajoy, les dirigeants européens n'ont donc plus l'embarras du choix. Soit ils convainquent la BCE d'utiliser son « bazooka », comme le lui suggère José Ángel Gurría, le secrétaire général de l'OCDE, afin de faire baisser les taux imposés à Madrid. Soit ils mettent au point un plan de sauvetage dont certains médias évaluent le montant à 300 milliards d'euros ! La survie de la zone euro est à ce prix.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

AUTRES

Armée tunisienne : la grande désillusion

Armée tunisienne : la grande désillusion

Incapable de venir à bout des maquis jihadistes, minée par des querelles au sommet, gangrenée par la politique, la grande muette a beaucoup perdu de sa superbe. Enquête exclusive sur une[...]

Burundi : l'Église catholique se retire du processus électoral

L'Église catholique se retire du processus électoral au Burundi, à une semaine de la date prévue des élections législatives et alors que le pays est plongé dans une grave crise poli[...]

Polémique : "Much loved", le film de Nabil Ayouch, ne sera pas diffusé au Maroc

Déjà sujet à polémique en raison du sujet qu’il traite, le film de Nabil Ayouch reste au cœur des débats, depuis que le gouvernement marocain, emmené par les islamistes du Part[...]

Égypte : un policier tué et huit blessés dans des attentats dans le Sinaï

Un policier égyptien a été tué mercredi lors d’une attaque à la bombe dans le nord du Sinaï. Huit autres ont été blessés dans des attentats, selon les autorit&eacu[...]

Algérie : douze jihadistes en fuite condamnés à mort pour un attentat en 2008

Douze jihadistes ont été condamnés à mort mercredi en Algérie et deux autres à la prison à vie pour leur rôle dans un attentat à la bombe en 2008 qui a fait deux morts [...]

Législatives éthiopiennes : victoire sans surprise pour la coalition au pouvoir

Selon les résultats partiels publiés mercredi, la coalition au pouvoir en Éthiopie remporte haut la main les élections législatives organisées le 24 mai dans le pays.[...]

Burundi : "impossible" d'organiser les élections, selon l'opposition

Dans une déclaration commune publiée mercredi, des partis de l'opposition burundaise jugent "impossible" la tenue des élections législatives et municipales prévues le 5 juin dans le pay[...]

Que faut-il retenir de la visite de Mohammed VI au Sénégal ?

Le souverain marocain, Mohammed VI, quittera le Sénégal vendredi, après avoir signé de nombreux accords économiques.[...]

Justice américaine : l'attribution de la Coupe du monde à l'Afrique du Sud était "corrompue"

C'est ce qu'a déclaré mercredi 21 mai la ministre américaine de la Justice à New York, après les inculpations pour corruption d'élus et de partenaires de la Fifa. La Fédérati[...]

Robert Mugabe aurait orchestré les massacres de Gukurahundi en 1983, selon des documents déclassifiés

Robert Mugabe a-t-il joué un rôle clé pendant les massacres de Gukurahundi en janvier 1983 ? De nouveaux documents déclassifiés prouveraient la responsabilité du chef de l'État zimb[...]

Rwanda : le Parlement se penchera bientôt sur la question du troisième mandat de Kagamé

Le Parlement dit avoir reçu plus de deux millions de demandes de la population pour réviser la Constitution de 2003. Objectif : permettre à Paul Kagamé de se représenter en 2017.[...]

Les nouveaux passeports palestiniens affichent la mention "État de Palestine"

Les nouveaux passeports palestiniens arboreront dès à présent la mention "État de Palestine". Plus symbolique qu’officielle, cette modification a tout de même suscité un en[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers