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08/08/2012 à 17:38
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Des membres d'une milice d'auto-défense appelée le Front de Libération du Nord (FLN). Des membres d'une milice d'auto-défense appelée le Front de Libération du Nord (FLN). © AFP

Des centaines de jeunes, songhaïs pour la plupart, ont rejoint des milices qui veulent reconquérir le Nord-Mali aux mains des groupes armés islamistes.

Sous le soleil brûlant du mois de ramadan, ils piaffent et s'impatientent. Ils sont des centaines à avoir rejoint les milices d'autodéfense qui disent vouloir partir à la reconquête du nord du pays. Songhaïs pour la plupart, ils sont pour beaucoup originaires des villes qui, en début d'année, sont passées sous le contrôle des rebelles touaregs du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), avant de tomber sous le joug du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) et d'Ansar Eddine.

Dans le Nord, expliquent-ils, ils n'étaient plus chez eux, et c'est parce qu'ils se sont sentis marginalisés, qu'ils ont parfois été chassés de leurs terres et qu'ils n'en peuvent plus de voir leurs proches « asservis » qu'ils ont rallié des unités militaires improvisées.

Le chef des putschistes du 21 mars, Amadou Haya Sanogo, a mis à leur disposition des camps d'entraînement et des instructeurs. Les tout nouveaux combattants s'exercent au maniement des armes sur la ligne de front, près de Mopti. Ils sont près de 1 500 à avoir rejoint le camp de Ganda-Izo (« les enfants du pays » en songhaï), qui s'est créé fin mars près de Sévaré, une localité située non loin de Mopti. Début avril, un autre camp, celui de Ganda-Koy, s'est établi quelques kilomètres plus au sud. En mai, 600 autres miliciens ont rejoint les Forces de libération des régions Nord du Mali (FLN), pour lesquelles ils s'entraînent dans un ancien bâtiment administratif de Sévaré. Bamako n'est pas en reste, puisque 800 jeunes y sont formés, depuis juin, dans le cadre de l'opération BBH (Boun Ba Hawi, « la mort vaux mieux que la honte » en songhaï).

Contre nature

Le 21 juillet, tous ces mouvements se sont regroupés au sein de la Coordination des forces patriotiques de résistance. Partagent-ils vraiment le même objectif ? Ce n'est pas certain. Plusieurs miliciens ne font pas mystère de leur sympathie pour les islamistes, qui, dès le départ, ont dit ne pas vouloir toucher à l'intégrité territoriale du Mali. Ibrahim Dicko, le chef de la milice Ganda-Izo, explique ainsi que ce qu'il « ne pouvai[t] plus supporter, c'est l'occupation [des] villes ». « Notre problème, ajoute-t-il, c'était le MNLA qui voulait créer un État dans lequel on ne se reconnaissait pas. Les islamistes, en revanche, ce sont des musulmans, comme nous. » Des musulmans qui, pour ne rien gâcher, leur ont promis des armes. Ibrahim Dicko n'a pas oublié non plus que son prédécesseur à la tête de la milice, Amadou Diallo, a été tué fin mars à Ansongo dans des affrontements avec les Touaregs.

Chez les Songhaïs, on préfère minimiser l'importance de ces « alliances contre nature ». Mais, depuis le 13 juillet, ce sont bien des éléments de Ganda-Izo qui ont pris, avec l'aide des islamistes, le contrôle de la ville de Douentza, à 170 km au nord-est de Mopti.

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