Extension Factory Builder
02/08/2012 à 16:37
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Hissène Habré n'a toujours pas été déféré devant la justice. Hissène Habré n'a toujours pas été déféré devant la justice. © Sipa

L'ancien président tchadien, Hissène Habré pourrait être jugé au Sénégal par un tribunal spécial composé de magistrats africains. Sous réserve d'ultimes ajustements.

Mieux vaut tard que jamais. Si les derniers « réglages » se révèlent concluants, comme l'espère Aminata Touré, la ministre sénégalaise de la Justice, Hissène Habré, 70 ans, sera bien jugé au Sénégal, par un tribunal africain, pour des crimes commis dans son pays. Une perspective qui mettrait fin à l'interminable feuilleton d'un procès cent fois entravé.

Accusé de milliers d'assassinats politiques et d'usage systématique de la torture lorsqu'il dirigeait le Tchad entre 1982 et 1990, Hissène Habré n'a toujours pas été déféré devant la justice. Le 20 juillet, après que la Cour internationale de justice (CIJ) a ordonné au Sénégal de le poursuivre « sans aucun autre délai » s'il ne l'extradait pas, Dakar s'est finalement rallié au projet de l'Union africaine (UA) : traduire l'ancien président devant un tribunal spécial, au sein du système judiciaire sénégalais.

Premier réglage à apporter, cependant : faire adopter, par la nouvelle Assemblée nationale (elle sera installée début août) et l'UA, les statuts de ce tribunal où des juges sénégalais siégeront aux côtés de pairs africains. Pour la ministre de la Justice, la tenue du procès a été jusqu'ici bien davantage empêchée par l'absence de volonté politique que par des questions de procédure. À en croire Macky Sall, le chef de l'État sénégalais, qui parie sur un tribunal opérationnel avant la fin de l'année, cette volonté politique est désormais manifeste.

Le problème du financement

Autre difficulté à aplanir, le problème du financement. Mais là aussi, le Sénégal, qui a entrepris de remobiliser les éventuels contributeurs, se montre assez optimiste. L'UA, le Tchad et des bailleurs de fonds occidentaux (Union européenne, ainsi que les Pays-Bas, la France, la Suède ou la Belgique) s'étaient engagés en 2010 à hauteur de 8 millions d'euros. Les responsables sénégalais, qui estiment que les lois internationales n'ont de sens que dans le cadre d'une solidarité internationale, espèrent voir ces engagements renouvelés et les États-Unis mettre eux aussi la main à la poche.

Le troisième ajustement concerne l'instruction. Une commission devra déterminer si le procès se fonde sur l'instruction diligentée en Belgique, ou si l'on reprend tout de zéro, ce que redoutent les familles de victimes. 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Tchad

Tchad : une préfecture pour Baba Laadé, un cadeau empoisonné ?

Tchad : une préfecture pour Baba Laadé, un cadeau empoisonné ?

L’ancien rebelle Abdelkader Baba Laadé, revenu à la légalité il y a plus d'un an, a été nommé préfet de la Grande Sido, région frontalière avec la Centr[...]

Le retour surprise de Jean-Bernard Padaré au Tchad

Jean-Bernard Padaré, l’ancien garde des Sceaux tchadien tombé en disgrâce et poursuivi dans plusieurs affaires, s’était réfugié en France il y a quelques mois. Alors que des[...]

Lune de miel entre Idriss Déby Itno et François Hollande

François Hollande et Idriss Déby Itno se sont entretenus pendant près de deux heures le 19 juillet, à N'Djamena, à l’occasion de la première visite officielle du président[...]

Hollande prépare le lancement de l'opération Barkhane à N'Djamena

L’opération "Barkhane", du nom de la nouvelle configuration stratégique de l’armée française dans le Sahel qui devrait mobiliser 3 000 soldats environ, sera officiellement[...]

Hollande au Tchad pour l'installation du dispositif anti-terrorisme au Sahel

Le président français François Hollande achevait samedi son périple de trois jours en Afrique à N'Djamena, où il doit préparer l'installation du commandement de Barkhane, nouvelle[...]

Après la Côte d'Ivoire, Hollande au Niger et au Tchad en mode treillis

François Hollande poursuit sa minitournée africaine par des visites à Niamey et à N'Djamena, vendredi et samedi. Après avoir esssentiellement parlé économie avec Alassane Ouattara,[...]

Libye : les voisins s'invitent dans la crise, au grand dam des Occidentaux

Inquiets de voir le pays sombrer dans le chaos, les six pays frontaliers s'impliquent dans le dossier. Mais leur initiative, soutenue par l'Union africaine et la Ligue arabe, n'est pas du goût des Occidentaux.[...]

La Cemac entre rebelles, islamistes et pirates

C'est devant une Cemac impuissante que l'État centrafricain s'est effondré. Certes, la Communauté a tenté de s'interposer entre les parties en conflit. Mais pour mieux constater ensuite son[...]

Cemac : l'histoire d'un long accouchement

Surprise ! Le 16 mars 1994 à N'Djamena, au Tchad, l'Union douanière et économique des États de l'Afrique centrale (Udeac) est morte, sans signe avant-coureur. Elle est remplacée, le[...]

Cemac : vingt ans... et des regrets

Gabegie administrative, projets en suspens, scandales financiers et rivalités politiques affaiblissent une organisation régionale dont les membres ne parviennent pas à définir une politique[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers