Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana se sont parlé pour la première fois depuis le début de la crise, il y a trois ans et demi.
Rien n'a filtré. Même les diplomates les mieux introduits de la région n'ont pas divulgué ce qu'Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana se sont dit dans leur huis clos seychellois, les 24 et 25 juillet. Tout juste sait-on que les deux hommes, malgré un face-à-face de deux heures et des pourparlers nocturnes, n'ont pas trouvé d'accord et sont convenus de se revoir pour approfondir les discussions.
L'idée, c'est d'obtenir un accord avant le sommet de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), le 17 août. Il reste donc peu de temps pour s'entendre sur un retour de Ravalomanana (en exil en Afrique du Sud) dans son pays et sur la candidature de l'un et l'autre à la prochaine présidentielle malgache. Une nouvelle rencontre suffira-t-elle à mettre un terme à la crise ? Les médiateurs parlent d'« une avancée significative ». Il y a quelques mois encore, un tête-à-tête Rajoelina-Ravalomanana était impensable. Sous la houlette de James Michel, le président seychellois, et de Jacob Zuma, son pair sud-africain, ils se sont parlé pour la première fois depuis plus de trois ans.
Exit Ratsiraka et Zafy
Et puis la SADC a revu sa méthode. Exit Ratsiraka et Zafy, les ex-chefs d'État que les médiateurs de l'Union africaine et de l'ONU avaient sortis de leur retraite en 2009. Fini les sommets foires d'empoigne. Cette fois, la rencontre a eu lieu sur un site quasi inaccessible : l'île Desroches, un paradis caché de 3 km², à 230 km de l'île de Mahé, où se trouve Victoria, la capitale. « Tout était sous contrôle, raconte un proche de Rajoelina. Pas de journalistes, très peu de conseillers. Même les portables ne fonctionnaient pas. »
Si la SADC a exigé un silence total, c'est parce qu'elle estime que la solution passe par un accord entre les deux hommes. La partie est loin d'être gagnée, Rajoelina ayant indiqué qu'il s'opposerait à toute velléité de Ravalomanana de se présenter à la présidentielle. Mais il est des signes qui ne trompent pas : à la veille de son départ, le président de la transition a dû faire face à une nouvelle mutinerie au sein de l'armée. En d'autres temps, son entourage aurait crié au complot. Cette fois, il s'est tu. « L'heure n'est plus à la démonstration de force. Il est temps de faire preuve de sagesse », a résumé Rajoelina.

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