Le président ivoirien et son homologue français sur le perron de l'Élysée le 26 juillet.
© Vincent Fournier pour J.A.
Lors de leur première rencontre, le 26 juillet, à Paris, le président ivoirien et son homologue français ont notamment évoqué le prochain sommet de la Francophonie, la situation au Mali, ainsi que celle des droits en de l'homme en Côté d'Ivoire.
« Joseph Kabila, il ne faut pas le laisser seul », a lancé Alassane Ouattara à François Hollande, lors de leur première rencontre, le 26 juillet, à Paris. « Le président congolais a perdu son éminence grise [Augustin Katumba Mwanke, NDLR] dans un accident d'avion. Je crois qu'il faut le soutenir dans sa politique de réformes, et c'est pourquoi j'irai à Kinshasa pour la Francophonie, en octobre. » Réponse prudente de Hollande : « Nous allons regarder cela. »
Avant cet entretien d'une heure et quart, les deux hommes ne s'étaient jamais vus. Mais tout de suite le courant est passé et l'échange a été direct.
Sur le Mali, l'accord a été total. Sur le redressement de la Côte d'Ivoire, Hollande a profité de sa position de donateur (3,76 milliards d'euros de dette effacés par la France) pour demander à son homologue de faire le ménage sur le port d'Abidjan. « Il connaît bien nos dossiers, confie, un peu bluffé, un participant ivoirien. Il nous a même parlé des problèmes de la Compagnie fruitière, du Français Robert Fabre, pour faire enlever ses bananes ! »
"Je crois qu'on deviendra amis"
Sur les droits de l'homme, Hollande a trouvé un biais astucieux. Sans nommer le Franco-Ivoirien Michel Gbagbo ni le syndicaliste Basile Mahan Gahé, il s'est appuyé sur les comités de soutien existant en France pour évoquer le cas des dizaines de partisans de l'ancien président emprisonnés sans jugement. Ouattara a promis un retour rapide à l'État de droit. « Nous sommes compatibles et je crois qu'on deviendra amis », a-t-il confié à la sortie. Le chef de l'État français est invité à Abidjan. Aucune date n'est fixée pour l'instant.

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