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27/07/2012 à 16h:28
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Michel Thierry Atangana, suivi par la France Michel Thierry Atangana, suivi par la France © Diego Ravier pour J.A

Incarcérés depuis quinze ans, Michel Thierry Atangana et Titus Edzoa pensaient enfin sortir de prison. Mais ils ont appris, le 18 juillet, que la procédure pourrait repartir de zéro...

Ils ont longtemps attendu ce 18 juillet, guettant la fin d'une longue nuit. Titus Edzoa, l'ancien secrétaire général à la présidence, et son ex-bras droit, l'homme d'affaires français d'origine camerounaise Michel Thierry Atangana, accusés de détournements de fonds, avaient rendez-vous au tribunal de Yaoundé pour entendre le verdict qui, au bout de quinze ans de détention, leur rendrait la liberté. Leurs espoirs ont été déçus. KO debout, Atangana a envoyé un SMS désespéré à ses proches : « Après une attente de deux heures, l'audience a eu la durée record de trois minutes. L'État nous a informés de la mutation [survenue en avril, NDLR] de l'une des trois juges qui devaient prononcer la décision. Incompréhensible. »

Le verdict est reporté au 30 juillet. Pis, « il n'est pas exclu que les débats repartent de zéro, prolongeant les tourments des accusés », explique un avocat, qui estime que le ministère de la Justice aurait pu attendre l'issue du procès pour notifier sa mutation à la juge. Un habitué du palais cite l'affaire de la Société immobilière du Cameroun (SIC) où la juge Édith Ngo Djang, présidente de la cour d'appel, elle aussi mutée, avait vidé le délibéré avant de rejoindre son nouveau poste.

Souvenir cuisant

Atangana et Edzoa, dont la peine a été prononcée en octobre 1997, devaient être libérés le 12 mai dernier. Ils ont pourtant été maintenus en détention, une autre affaire de détournements de fonds ayant été diligentée il y a trois ans. Tous deux vont devoir attendre dans leur cellule la nomination d'un nouveau juge, lequel devra se prononcer sur un procès auquel il n'a pas assisté en se fiant aux pièces du dossier et aux comptes rendus du greffier. À moins qu'il ne demande la reprise des débats et des plaidoiries. Débats dont Atangana garde un souvenir cuisant. Agacés par le soutien que Paris lui apportait, avocats et représentants de l'État avaient tenté d'en faire un argument contre lui... « La France exprime le souhait que la procédure judiciaire puisse aboutir dans les meilleurs délais », a déclaré le 18 juillet Bernard Valero, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, ajoutant que le Quai d'Orsay « continuera de suivre la situation de M. Atangana avec la plus grande attention ».

Si les deux accusés trouvent le temps long, Marafa Hamidou Yaya, l'ancien ministre de l'Administration territoriale, accusé lui aussi de détournements de fonds, redoutait au contraire une procédure trop rapide. Mais son procès, qui s'est ouvert le 16 juillet, a tourné court : le juge Gilbert Schlick l'a reporté au 24, le temps que Marafa et son coaccusé, Yves-Michel Fotso, l'ancien patron de la Cameroon Airlines, prennent connaissance de leur dossier. À son arrivée au palais de justice, l'ex-ministre a eu droit à un accueil de vedette. Il a serré des mains, et quelques « Marafa président ! » ont jailli de la foule. Les audiences ont commencé le 26 juillet.

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