Extension Factory Builder
25/07/2012 à 19:20
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Les insurgés de l'ASL affrontent les forces gouvernementales, à Damas, le 18 juillet. Les insurgés de l'ASL affrontent les forces gouvernementales, à Damas, le 18 juillet. © Anonymous/AP/Sipa

La mort des principaux responsables de l'appareil sécuritaire semble annoncer la fin du régime Assad. Tour d'horizon des scénarios possibles.

Jamais la maison Assad n'a semblé aussi fragile. L'attentat à la bombe qui, le 18 juillet, a décapité l'appareil sécuritaire du régime est sans conteste le coup le plus rude qu'il a reçu depuis le début de l'insurrection, en mars 2011. Cette opération a coûté la vie à Assef Chawkat, le beau-frère de Bachar al-Assad, aux généraux Daoud Rajha, son ministre de la Défense, et Hassan Turkmani, coordonnateur de la cellule antisubversion, ainsi qu'à Hicham Bakhtiar, le patron du renseignement militaire. Il s'agit donc de la première grande victoire militaire de l'opposition, jusque-là engluée dans de byzantines querelles de leadership. Un succès d'autant plus éclatant que cet attentat a déclenché la bataille de Damas. Désormais, la capitale syrienne n'est plus épargnée par la guérilla qui sévissait dans les bastions de l'insurrection : le croissant Deraa-Homs-Idleb.

Dès l'annonce de l'identité des victimes de l'attentat, les quartiers populaires de Damas Yarmouk et Qaboun se sont embrasés, provoquant une fuite massive de Damascènes vers la frontière libanaise, à 40 km. On parle de plus de 10 000 nouveaux réfugiés en quelques heures.

Présentée depuis plusieurs mois déjà comme imminente par les chancelleries occidentales et les relais de l'opposition syrienne, la chute de Bachar al-Assad semble plus proche que jamais. Toutefois, bien malin celui qui pourrait dire quand et comment. Connaîtra-t-il une fin similaire à celle de Mouammar Kaddafi, un lynchage public ? Mourra-t-il sur une potence érigée par une justice de vainqueurs, à l'instar de Saddam Hussein ? Aura-t-il le temps de négocier un départ « civilisé », comme l'a annoncé, le 20 juillet, Alexandre Orlov, l'ambassadeur de Russie en France - information aussitôt démentie par les autorités syriennes ? Bref, un scénario à la libyenne, à l'irakienne ou à la yéménite. Dans les deux premiers cas, il serait brutalement renversé, capturé ou exécuté. Les forces de la disparate Armée syrienne libre (ASL) seraient alors les mieux placées pour s'emparer du pouvoir. Ultraminoritaires, les éléments salafistes constitueraient le principal obstacle à l'édification d'un État réellement démocratique et la contagion menacerait deux voisins fragiles : le Liban et la Jordanie. La nouvelle donne ne simplifierait pas non plus la cohabitation avec Israël, notamment sur la question du Golan. Un scénario à la yéménite aurait, lui, pour but d'éviter une évolution à l'irakienne en maintenant intactes les structures de l'État.

Forteresse

Pour l'heure, aucune personnalité de l'opposition ne semble s'affirmer comme le successeur possible d'un Bachar fugitif. Les pistes menant à son oncle Rifaat ou au fils de ce dernier, Ribal, paraissent farfelues. Tout comme le recours à Abdel Halim Khaddam, l'ancien vice-président. La personnalité la plus consensuelle de l'ancien régime est sans doute Farouk al-Chareh, actuel vice-président et ex-chef de la diplomatie. Réputé intègre et resté à l'écart des opérations de répression, il aurait pu assurer la continuité de l'État durant une période de transition. Toutefois, son retrait de la scène depuis le début de l'insurrection exclut une telle éventualité.

Si la disparition des principaux cadres de l'appareil sécuritaire est surmontée, un autre scénario pourrait être envisagé : que Bachar se retire en pays alaouite, transformé en forteresse confessionnelle. Une solution imaginée dans les années 1920 déjà, quand la puissance mandataire française avait songé à la création d'un État alaouite. Mais, d'un scénario à l'autre, la partie semble d'ores et déjà finie pour Assad. 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Moyen-Orient

Les quatre journalistes otages en Syrie sont de retour en France

Les quatre journalistes otages en Syrie sont de retour en France

Libérés le 19 avril, les quatre journalistes qui avaient été faits otages en Syrie dix mois auparavant ont regagné la France dimanche. Ils ont décrit des conditions de détention d[...]

Droit des femmes : le marathon des Saoudiennes

Les jeunes Saoudiennes vont peut-être pouvoir pratiquer du sport à l'école publique. C'est en tout cas la recommandation faite par le Majlis el-Choura au ministère de l'Éducation, le 8 avril.[...]

Israël - Palestine : le fils Abbas favorable à la création d'un État binational

Au moment où le processus de paix israélo-palestinien entre dans une phase critique, le fils du président palestinien recommande à son père d'opter pour la création d'un[...]

Arabie saoudite : la vieillesse s'éternise sur le trône

En élevant son demi-frère au rang de vice-prince héritier, le roi Abdallah sécurise la succession. Pendant que la génération suivante trépigne d'impatience. Et prend de[...]

Libye : l'ambassadeur de Jordanie enlevé à Tripoli

L'ambassadeur de Jordanie en Libye, Fawaz Al-Itan, a été enlevé mardi à Tripoli par des hommes armés. Son chauffeur aurait été blessé dans l'attaque.[...]

Israël impose des sanctions financières à l'Autorité palestinienne

L'État d'Israël a décidé jeudi de geler le transfert des taxes aux Palestiniens. De nouvelles sanctions économiques qui interviennent après la demande de la Palestine[...]

Israël - États-Unis : Jonathan Pollard, sa vie est un thriller

Condamné en 1987 à la réclusion à perpétuité pour espionnage au profit d'Israël, ce juif américain se retrouve malgré lui au coeur d'un marchandage visant[...]

Football : Mondiaux en Russie et au Qatar, l'ombre de la corruption plane sur la Fifa

Pour obtenir l'organisation de la compétition en 2018 et en 2022, la Russie et le Qatar ont-ils soudoyé des membres du comité exécutif de la Fifa ? Certains l'affirment et réclament des[...]

Doha dans le viseur de l'Arabie saoudite

Exaspérées par l'activisme politique du Qatar, les pétromonarchies de la région, Arabie saoudite en tête, multiplient les mesures de représailles contre le petit émirat[...]

France : les jeunes candidats au jihad sont-ils les victimes d'une "dérive sectaire" ?

Le salafisme jihadiste s'apparente-t-il à une dérive sectaire, à une instrumentalisation du religieux à des fins politiques ? Devant la multiplication des cas de jeunes-filles en rupture sociale et[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces