Trop, c'est trop. Pour le président Alassane Ouattara, la dernière évasion qui s'est produite, le 8 juillet, à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca) a été la goutte qui fait déborder le vase. Retour sur un grand (remue) ménage.
Même si huit personnes sur les douze qui se sont échappées de la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca) ont retrouvé le chemin de la prison, le gouvernement ivoirien a décidé de sévir. Il a remplacé tout le personnel pénitencier par de nouvelles équipes en provenance des autres établissements carcéraux du pays.
Il faut dire que la Maca, réhabilitée à grands frais (2,8 millions d'euros) après la crise postélectorale, s'est distinguée au cours des derniers mois par plusieurs évasions. Pour Loma Matto Cissé, la ministre déléguée à la Justice, celle du 8 juillet est le résultat de « défaillances humaines et matérielles ». Elle met notamment en avant la connivence qui s'est installée entre les détenus et le personnel de surveillance, dont certains membres sont en poste depuis plusieurs années.
Depuis sa réouverture en août 2011, la Maca avait reçu le renfort d'unités armées de la gendarmerie nationale et de la Brigade antiémeute (BAE). Les gendarmes s'occupaient de la surveillance depuis les miradors, et les policiers de la BAE contrôlaient l'entrée principale, tandis que les hommes de l'administration pénitentiaire assuraient une présence dans l'enceinte de l'établissement. Certains détenus ont profité du manque de coordination entre ces trois services pour se faire la belle. Reste à savoir si la décision de remplacer tout le personnel permettra de régler ce problème fondamental.

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