Une équipe de chercheurs français a réussi à séquencer le génome de la banane, ouvrant la voie à l'élaboration plus rapide de variétés résistant aux parasites et maladies.
Il aura fallu trois années au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), basé à Montpellier, en France, pour percer les secrets génétiques de la banane. L'équipe de chercheurs de l'unité d'évolution des génomes a ainsi annoncé avoir séquencé celui de ce fruit présent sur tous les étals de la planète. « Nous avons pu avoir le financement et l'aval de l'Agence nationale de la recherche en 2009, explique Angélique D'Hont, responsable de l'unité. Depuis le 11 juillet, la séquence est disponible pour tout le monde. » Le Cirad va ainsi poursuivre la sélection de variétés plus résistantes, notamment à travers son partenariat avec le Centre africain de recherche sur bananiers et plantains (Carbap) au Cameroun.
Rendement
Les maladies de Panamá, des raies noires ou de Sigatoka, ou encore les parasites du sol tels que le charançon sont autant de calamités qui menacent régulièrement les rendements du bananier. L'enjeu est donc de repérer les types de bananes résistantes, puis de les croiser avec d'autres plantes. Par rapport à la sélection phénotypique (individu par individu), longue et fastidieuse, la sélection assistée par marqueur - grâce au génome - permet d'accélérer le processus de tri. « Nous pouvons plus rapidement repérer les variétés de banane qui réunissent les critères de qualité et de résistance », assure Angélique D'Hont.
Enjeu crucial
Les producteurs du monde entier sont concernés et le secteur bananier africain espère bénéficier de cette avancée scientifique. Dans une période d'incertitudes, où les relations privilégiées avec l'Europe sont menacées - les bananes africaines sont exemptées de droits de douane mais ceux appliqués à l'Amérique latine, premier producteur mondial, pourraient être revus à la baisse -, l'amélioration des rendements est un enjeu crucial. Avec 550 000 tonnes de bananes exportées chaque année, principalement vers le Vieux Continent, la filière, qui intéresse quelque 50 000 paysans, joue un rôle important au Cameroun, en Côte d'Ivoire et au Ghana. En juin, le Cameroun a d'ailleurs reçu une aide de 49 millions d'euros des Européens dans le cadre de mesures d'accompagnement des pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique).

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