Le club de Getafe, qui joue en Liga espagnole, a été victime d'une énorme escroquerie montée par de faux investisseurs moyen-orientaux. Il n'est pas le seul.
Pays parmi les plus métissés au monde, le Brésil ne manque pas de diversité. Un Carioca peut donc fort bien ressembler à un Danois, à un Italien, à un Congolais ou à un Arabe. Le réseau d'escrocs que la police catalane a réussi à démanteler à la mi-juin n'avait sans doute pas poussé très loin ses investigations anthropologiques, mais il avait trouvé un cheikh arabe très présentable - et surtout, pas cher - en la personne d'un... serveur brésilien.
Dans l'Espagne en crise, un billet de 50 euros royalement offert par des individus à la morale douteuse peut faire tourner bien des têtes. L'appât brésilien qui touchait cette somme ridicule pour chacune de ses prestations n'était qu'un maillon d'une chaîne bien huilée. Le système était simple. Surfant sur la vague des investissements arabes (du Golfe) dans le football européen (Paris-SG, Malaga, Manchester City), les escrocs avaient proposé au club de Getafe, confronté à de graves difficultés financières, de lui apporter une aide comprise entre 10 millions et 20 millions d'euros dont le versement se serait étalé sur plusieurs années, sous réserve du maintien de l'équipe en Liga. Ángel Torres, le président de Getafe (une cité-dortoir de la banlieue sud de Madrid), avait, comme plusieurs entrepreneurs espagnols, prêté une oreille plus qu'attentive à ce baratin. Bien entendu, les aigrefins avaient exigé en échange le versement d'une caution garantissant la solvabilité du club...
Photos truquées
Ébloui par les somptueuses réceptions organisées dans des palaces de Barcelone et des photos truquées montrant les faux investisseurs en compagnie du roi Juan Carlos, Torres s'est laissé abuser. Il n'a déchanté qu'après avoir déposé à sa banque les deux premiers chèques établis par les prétendus investisseurs : ils n'étaient pas provisionnés. Une dizaine d'autres sociétés auraient été victimes de cette escroquerie de grande ampleur, mais on ne connaît pas le montant total du préjudice.
Sept personnes ont déjà été interpellées, et la police catalane laisse entendre que les arrestations devraient se poursuivre. Ce qui signifie que la liste des pigeons risque de s'allonger.

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