Dans son "Dictionnaire amoureux de l'Algérie", l'anthropologue Malek Chebel propose de découvrir son pays natal de l'Antiquité à nos jours, à travers ses populations, sa géographie, ses hommes et sa culture. Sans éluder les questions qui fâchent.
On ne présente plus Malek Chebel, anthropologue, spécialiste du monde arabe, auteur prolifique de plus de 30 livres dont la majorité traite de l'Islam dans tous ses états. Il est le seul à ce jour à avoir publié trois ouvrages dans la collection à succès « Dictionnaire amoureux ». Aujourd'hui, après en avoir fait de même avec l'Islam (en 2004) et Les Mille et Une Nuits (2010), il déclare sa flamme à son pays natal, l'Algérie, auquel, paradoxalement, il n'avait pas encore consacré d'ouvrage spécifique de quelque importance.
Alors qu'on célèbre ces temps-ci le cinquantième anniversaire de la fin de la guerre d'indépendance, cet ouvrage aurait pu n'être qu'un de plus parmi tous ceux qui sont parus depuis quelques mois sur l'Algérie. Bien au contraire, il tranche avec tous les autres en nous proposant de découvrir le pays à travers la totalité de son histoire, de l'Antiquité romaine à la colonisation, puis à nos jours, mais aussi en présentant sa, ou plutôt ses populations, sa géographie, ses villes, ses grands hommes et les diverses facettes de sa culture, humour local - spécialité : l'autodérision - et cuisine compris. 
"Analphabètes trilingues"
Les sujets polémiques ou délicats - du « couple cornélien » Arabes-Kabyles aux si nombreux Algériens « analphabètes trilingues », en passant par la corruption ou la prostitution - ne sont pas éludés dans cet ouvrage souvent sévère à l'égard du régime autoritaire en place depuis 1962. On peut s'étonner de ne pas trouver parmi les 250 « entrées » du dictionnaire les termes « islamiste » ou « militaire ». Mais ce n'est pas un oubli. Malek Chebel préfère aborder ces thèmes de biais, notamment à travers une critique des « trois conservatismes » qui handicapent le pays (le militaire, le politique et le religieux), évitant ainsi les poncifs ou les simplismes.

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