Extension Factory Builder
04/07/2012 à 12:20
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des rebelles touaregs du MNLA, dans un endroit non déterminé en février 2012. Des rebelles touaregs du MNLA, dans un endroit non déterminé en février 2012. © MNLA/AFP/Archives

Entre les groupes islamistes et leur ancien allié, le MNLA, l'heure est à l'affrontement au Nord-Mali. Et celui-ci ne tourne pas en faveur des indépendantistes touaregs...

Pour les connaisseurs de la région, ce n'était qu'une question de temps : les groupes armés qui contrôlent le nord du Mali allaient inévitablement s'affronter. L'air sentait le soufre depuis l'échec, début juin, de la fusion du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA, la rébellion touarègue) et des islamistes d'Ansar Eddine, le groupe fondé par Iyad Ag Ghali.

L'explosion s'est produite le 27 juin, à Gao. De violents combats ont opposé les indépendantistes touaregs au Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), alliés d'Ansar Eddine et transfuges d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Bilan provisoire : au moins 35 morts et une quinzaine de blessés.

La tension était montée d'un cran la veille, après qu'un conseiller municipal de Gao eut été abattu en pleine rue. La population a vite accusé les hommes du MNLA et manifesté sa colère. Selon des témoins, c'est une tentative de médiation du Mujao qui a dégénéré en affrontement entre les deux groupes. Et les jeunes Gaois - Peuls, Songhaïs et, parfois, Touaregs - ont pris fait et cause pour les djihadistes.

"Les habitants ont l'impression de vivre sous occupation"

Ces derniers seraient-ils parvenus à se faire accepter de la population ? « Pas vraiment, explique un homme d'affaires songhaï. Les habitants ont l'impression de vivre sous occupation. Mais ils considèrent que les islamistes sont plus sérieux que le MNLA. Et puis les hommes du Mujao sont moins stricts qu'à leur arrivée. »

« Beaucoup d'entre eux sont originaires de la région, précise un spécialiste des groupes islamistes. Et ils se sont interposés lors des exactions contre la population. »

La perte de Gao constitue un camouflet pour le MNLA, qui doit renoncer non seulement à sa capitale provisoire, mais aussi à son unique bastion dans le nord du pays. Blessé - il a reçu des éclats de balles dans le dos et à l'oreille - Bilal Ag Achérif, le chef du conseil transitoire de l'État de l'Azawad, a été transféré à Ouagadougou, la capitale burkinabè, pour y recevoir des soins.

Pour sa part, Mohamed Ag Najim, le chef d'état-major du MNLA, a battu le rappel des troupes. Elles ont quitté les abords de Tombouctou, Ménaka et Kidal le 28 juin. Objectif : se réunir quelque part dans le désert pour « déterminer la marche à suivre ». Un repli « tactique » qui laisse le contrôle total des villes aux islamistes et n'augure pas forcément une reconquête. « Le MNLA compte plus de combattants, mais l'alliance Ansar Eddine-Mujao-Aqmi est beaucoup plus efficace », souligne un expert des questions de sécurité, qui insiste sur les ressources financières et le niveau d'entraînement des djihadistes.

Ces affrontements remettent-ils en question les discussions en cours à Ouagadougou, organisées sous l'égide de Blaise Compaoré, le président burkinabè ? « Non, affirme une source proche de la médiation. Le dialogue avec le MNLA et Ansar Eddine doit se poursuivre. » Mais de quoi discuter, et avec qui ? Le MNLA continue de réclamer l'indépendance de l'Azawad, les islamistes veulent instaurer la charia. Tout cela sans le soutien des populations... 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Mali : les groupes armés du nord peaufinent leurs revendications à Ouagadougou

Mali : les groupes armés du nord peaufinent leurs revendications à Ouagadougou

Les principaux mouvements armés du Nord du Mali sont réunis depuis mardi à Ouagadougou. Objectif : harmoniser leur plateforme de revendications avant un second round de négociations décisif avec [...]

Éthiopie : Hiroute Guebre Sellassie, une diplomate tout-terrain pour le Sahel

De Nouakchott à Niamey, le nouvel envoyé spécial de l'ONU se démène pour mobiliser chefs d'État et partenaires internationaux. Son nom ? Hiroute Guebre Sellassie.[...]

Mali : le Prytanée militaire de Kati, école d'excellence de l'armée

Sanogo, Dacko, Fané... Tous sortent du même moule : le Prytanée militaire de Kati. Un établissement d'excellence hérité de l'époque coloniale où l'on apprend[...]

Mali - Moctar Mariko : "Les libérations d'auteurs présumés de violences nous atterrent"

La libération, le 15 août dernier, de l'ancien juge islamique de Tombouctou - notamment responsable d'avoir fait pratiquer des amputations -, a suscité les protestations de l'Association malienne des droits de[...]

Affaire Kadhafi - Sarkozy : les propos de Bany Kanté contredits par Dupuydauby

Soupçonné d'être impliqué dans le financement présumé de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy par Mouammar Kadhafi en 2007, Cheick Amadou Bany Kanté a démenti[...]

Affaire Kadhafi - Sarkozy : le Malien Bany Kanté nie avoir joué un rôle de "porteur de valise"

Soupçonné par la justice française d'être impliqué dans le financement présumé de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy par Mouammar Kadhafi en 2007, le Malien Cheick[...]

Exclusif - Financement présumé de Sarkozy par Kadhafi : demande d'entraide judiciaire de la France au Mali

Rebondissement dans l'enquête sur le financement présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy par Mouammar Kadhafi en 2007. Soupçonnant certains hommes d'affaires maliens d'être[...]

Mali - OIF : Dioncounda Traoré, le lièvre de Bamako

Après des mois d'hésitations, l'ancien chef de l'État malien se lance enfin dans la course pour succéder à Abdou Diouf à la tête de l'OIF. Le soutien du président IBK[...]

Nord du Mali : deux soldats burkinabè tués, quatre blessés dans un attentat suicide

Deux soldats burkinabè de la force de l'ONU au Mali ont été tués samedi et quatre blessés dans un attentat-suicide à Ber, dans le nord du Mali, a-t-on appris de source sécuritaire[...]

Mali : les négociations de paix d'Alger reportées au 1er septembre

Après une première phase préparatoire en juillet, les pourparlers entre le gouvernement malien et les groupes armés vont reprendre le 1er septembre à Alger et non plus le 17 août comme[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex