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05/07/2012 à 16:29
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Teodoro Nguema Obiang Mangue, fils du président équato-guinéen et deuxième vice-président. Teodoro Nguema Obiang Mangue, fils du président équato-guinéen et deuxième vice-président. © AFP

Teodoro Nguema Obiang Mangue est dans le collimateur des magistrats français et américains. Mais le fils du président équato-guinéen ne s'en soucie guère : il vient de fêter ses 41 ans, en grande pompe.

Né un 25 juin, Teodoro Nguema Obiang Mangue a fait de son 41e anniversaire un jour de fête pour les 70 000 habitants de Bata, la deuxième ville de Guinée équatoriale. Avec, comme d'habitude, un faste à la mesure de sa réputation : une ville quasiment à l'arrêt, des compétitions sportives, un concert gratuit donné par le groupe ivoirien Magic System. La soirée de gala, dans les salons d'un grand hôtel, a été animée par des artistes, dont un groupe de salsa spécialement venu de République dominicaine, une troupe de danseurs folkloriques marocains, la chanteuse de pop espagnole Chenoa et, clou de la fête, le rappeur new-yorkais Fat Joe. Dans le carré VIP, des diplomates de plusieurs pays de la région se sont succédé pour adresser un mot agréable à « Teodorin ». Pour clore les festivités, tout ce beau monde a dansé jusqu'au petit matin.

Cette année, les festivités avaient une résonance particulière, et manifestement calculée, comme un pied de nez à Transparency International France (TI France), Sherpa et toutes les associations qui ont saisi la justice française pour des soupçons de détournement de fonds publics dans l'acquisition d'un très important patrimoine - notamment immobilier - dans l'Hexagone. Comme un air de défi lancé à la face du parquet de Paris, qui a donné en avril son feu vert à l'émission d'un mandat d'arrêt international contre lui.

Teodoro semble vouloir montrer qu'il n'a pas été déstabilisé par la perquisition effectuée en février dans une propriété de l'avenue Foch, à Paris, présentée comme sa résidence, au cours de laquelle les magistrats français ont effectué une saisie d'une valeur estimée à plusieurs dizaines de millions d'euros : oeuvres d'art, mobilier ancien, vins fins. Ils ont également emporté huit véhicules (une Rolls-Royce, deux Bentley, une Ferrari, une Aston Martin, deux Porsche et une Peugeot 607).

Teodoro Nguema Obiang Mangue n'était alors que ministre de l'Agriculture et des Forêts, et représentant permanent adjoint de la Guinée équatoriale à l'Unesco. Fin mai, il a été nommé deuxième vice-président de la République chargé de la Défense et de la Sécurité, une ascension dans la hiérarchie de l'État qui le place pratiquement hors de portée des magistrats.

Teodoro riposte

Une autre procédure en cours devant les tribunaux de Californie (États-Unis) mobilise ses avocats. Les juges américains qui enquêtent sur les conditions d'acquisition de ses biens envisagent de saisir sa maison de Malibu (Californie) estimée à 30 millions de dollars (24 millions d'euros), son avion privé, un Gulfstream de 38,5 millions de dollars, sa Ferrari valant plus de 500 000 dollars ou un gant ayant appartenu à Michael Jackson et estimé à 275 000 dollars... Mais lui ne paraît pas s'en inquiéter.

Mieux : sur la défensive depuis le déclenchement de l'affaire des « biens mal acquis », la Guinée équatoriale est passée à l'attaque contre les associations plaignantes. Le 25 mai, un magistrat de Malabo a convoqué Daniel Lebègue, membre du conseil d'administration du groupe énergétique français Technip mais aussi président de TI France. Les ONG pointent une mesure de rétorsion, après le témoignage à décharge de Lebègue dans le procès en diffamation intenté par Malabo au Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD). La justice équato-guinéenne, elle, soupçonne un conflit d'intérêts. Technip a en effet décroché en 2010 un contrat avec le pétrolier américain Noble Energy pour le forage d'un puits dans l'offshore de l'ancienne colonie espagnole. 

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