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29/06/2012 à 15:36
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Le candidat du PRI en campagne à Mexico, le 17 juin 2012. Le candidat du PRI en campagne à Mexico, le 17 juin 2012. © SIPA

Il ressemble à un héros de feuilleton, et les étudiants le détestent. Qu'importe, les électrices sont folles de lui. Le 1er juillet, Enrique Peña Nieto accédera sans doute au Palais national mexicain.

Grand favori de l'élection présidentielle du 1er juillet, Enrique Peña Nieto, le candidat du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), affronte depuis plusieurs semaines de forts vents contraires. Le 10 juin, un mouvement étudiant baptisé Yo soy 132 (« je suis le 132e »), en référence à une vidéo lancée sur YouTube par 131 jeunes opposants, a réuni 90 000 manifestants dans les rues de México et d'autres villes du pays. Il réclame « un processus électoral transparent et la démocratisation des médias ».

De fait, plusieurs agences de presse indépendantes ainsi que le quotidien britannique The Guardian ont révélé que le candidat du PRI avait payé les médias mexicains pour s'assurer que leur couverture de la campagne lui soit favorable. « Televisa et Televisión Azteca ont occulté des informations concernant Peña Nieto. Elles ont surtout suggéré avec insistance qu'il ne pouvait pas être battu », explique l'universitaire Héctor E. Bezares.

Les étudiants reprochent aussi au candidat un discours trop « évasif ». Le 11 mai, il est sorti sous les huées lors d'une visite à l'université Iberoamericana, à México. « Gouverner le Mexique n'est pas un feuilleton », lui ont lancé les contestataires. Avec son physique d'acteur américain, Peña Nieto est un pur produit marketing. Cela lui vaut d'être présenté par ses adversaires comme un « candidat de telenovelas ». Cela lui vaut aussi - et c'est assurément plus important - les faveurs de l'électorat féminin. Selon une récente étude, 56 % des Mexicaines seraient prêtes à tromper leur mari avec lui ! Elles se moquent bien qu'il soit incapable de citer correctement le titre de trois livres, comme il en a fait l'accablante démonstration au cours d'une conférence de presse. En 2007, après deux mois de veuvage, il a épousé en secondes noces une certaine Angélica Rivera, une actrice de telenovelas produites et diffusées par Televisa. Tiens, tiens !

Entre 37 % et 42 % des intentions de vote

En dépit des critiques, la popularité de Peña Nieto reste au zénith. Les sondages lui accordent entre 37 % et 42 % des intentions de vote, loin devant Andrés Manuel López Obrador, du Parti de la révolution démocratique (gauche), et Josefina Vázquez Mota, du Parti d'action nationale (droite), dont les scores oscillent entre 25 % et 29 %. Sa victoire reste probable, mais la mobilisation étudiante a quand même ouvert une brèche. « Il est très clair qu'une grande partie de la population veut que les choses changent, estime Bezares. Les Mexicains sont conscients de l'hypocrisie et de la corruption des politiques. Ils veulent un redressement moral. »

Durant toute sa campagne, Peña Nieto s'est donc présenté comme le candidat de la rupture. S'il est élu, il promet de rompre définitivement avec l'autoritarisme et la corruption qui marquèrent l'interminable règne du PRI (1929-2000). Il annonce qu'il nommera à la tête de la sécurité un ex-général colombien, grand spécialiste de la lutte contre le narcotrafic et le crime organisé, et se déclare favorable à un renforcement des troupes déployées dans tout le pays depuis 2006 par Felipe Calderón, l'actuel président. Or cette stratégie a déjà fait plus de 50 000 victimes...

L'ennui est que deux gouverneurs provinciaux membres du PRI sont accusés d'entretenir des liens avec les cartels de la drogue ! « La victoire du PRI ne changera pas grand-chose », estime donc Bezares. À une semaine du scrutin, 20 % des électeurs n'avaient pas encore fait leur choix.

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