Extension Factory Builder
02/07/2012 à 16:29
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Rassemblement le long de la Lagune, à Lomé, le 12 juin. Rassemblement le long de la Lagune, à Lomé, le 12 juin. © Jean-Claude Abalo

Les manifestations organisées depuis mi-juin au Togo ont donné une visibilité nouvelle à des partis politiques en perte de vitesse.

Manifestations à Lomé, échauffourées, arrestations... En quelques jours, le collectif Sauvons le Togo (CST) a réussi à attirer l'attention des médias. « Mouvement citoyen » selon ses fondateurs, il est pourtant accusé d'être une plateforme purement politique par ses détracteurs.

Tout a commencé avec l'adoption, le 25 mai, d'un code électoral que le CST juge favorable au parti au pouvoir avant les législatives qui doivent se tenir en octobre. Le collectif tente alors d'obtenir le retrait du texte et appelle à une série de manifestations pacifiques. Celles-ci devaient se tenir les 12, 13 et 14 juin à Lomé - les protestataires rêvant de faire du carrefour Deckon, dans la capitale, une nouvelle place Al-Tahrir. Mais dès le premier jour, tout dégénère : des casses et des affrontements font des blessés dans les rangs des forces de l'ordre et dans ceux des manifestants.

Inaudible ces derniers mois, l'opposition togolaise vient ainsi de gagner une visibilité nouvelle. Un proche du pouvoir regrette d'ailleurs que le collectif, « qui dit se battre pour les droits de l'homme, [ait] des revendications qui, curieusement, sont toutes politiques ». Pour Jean-Pierre Fabre, leader de l'Alliance nationale pour le changement (ANC) et candidat malheureux à la présidentielle de 2010, « ce débat est inutile ». Ancien bras droit de Gilchrist Olympio, le patron de l'Union des forces de changement (UFC), Fabre trace son propre chemin depuis que son ex-mentor a conclu un accord avec le pouvoir. Il assure qu'il est « réducteur de ramener les revendications du CST au seul retrait du code électoral », puisque le collectif dénonce aussi la mauvaise gouvernance et le manque d'indépendance de la justice, et réclame le retour des députés de l'ANC sur les bancs de l'Assemblée nationale.

L'affaire Kpatcha

Qu'est donc le CST ? Créé le 4 avril, il regroupe huit associations de défense des droits de l'homme et de la société civile, ainsi que six partis politiques, dont l'ANC et Obuts, la formation d'Agbéyomé Kodjo, ex-président de l'Assemblée nationale et ex-Premier ministre. De fait, il se concevait à l'origine comme un regroupement d'organisations de défense des droits de l'homme, explique Zeus Ajavon, son coordonnateur, mais il a fini par rassembler plusieurs des figures de l'opposition traditionnelle. À Lomé, on n'a pas manqué de remarquer que deux des principaux meneurs du CST, Raphaël Nyama Kpandé-Adzaré et Jil-Benoît Afangbédji (respectivement rapporteur général et trésorier général), sont, comme Ajavon, des avocats qui défendent Kpatcha Gnassingbé, le demi-frère du chef de l'État, condamné en septembre dernier à vingt ans de réclusion pour une tentative de coup d'État.

Début 2012, la Commission nationale des droits de l'homme a affirmé dans son rapport que Kpatcha et ses coaccusés avaient été torturés. C'est sur ce point que les avocats ont d'abord cherché à attirer l'attention, avant même la création du CST. « Nous avons organisé plusieurs manifestations, mais nous étions limités dans nos actions. Nous avons donc estimé qu'on pouvait mettre ensemble tous ceux qui sont concernés par nos revendications », justifie Ajavon. Soupçonné de vouloir récupérer un mouvement de société civile à des fins politiques, ce dernier rejette l'accusation, sans parvenir à convaincre ses adversaires. « Son objectif inavoué, c'est de récupérer une partie de l'électorat du parti au pouvoir qui serait divisé par l'affaire Kpatcha », estime un proche du chef de l'État.

Car s'il est une personnalité politique en vue au Togo depuis la création du CST, c'est bien lui. Avocat, professeur de droit à l'université de Lomé, ex-député du parti de l'ancien Premier ministre Edem Kodjo, l'Union togolaise pour la démocratie (UTD), Ajavon est, à 67 ans, parvenu à revenir sur le devant de la scène politique locale. Preuve de cette visibilité retrouvée, il a été reçu par le président, Faure Gnassingbé, avant la manifestation du 12 juin.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
Rwanda : au pays du DVD roi

Article pr�c�dent :
Gros plan sur l'Homme du cinéma rwandais

Réagir à cet article

Togo

Togo : vers la réélection de Faure Gnassingbé ?

Togo : vers la réélection de Faure Gnassingbé ?

Selon le système informatique de compilation des données électorales contesté par l'opposition, le président togolais sortant Faure Gnassingbé serait réélu avec environ 59 % [...]

Togo : Gnassingbé en tête des résultats partiels, guerre de tranchées sur les réseaux sociaux

Les résultats de la présidentielle du 25 avril au Togo sont proclamés depuis lundi au compte-gouttes. Le président sortant Faure Gnassingbé est en tête après 18% du[...]

Présidentielle au Togo : premiers résultats annoncés au compte-gouttes dans une ambiance tendue

Les Togolais attendent avec inquiétude le verdict de l’élection présidentielle de samedi. L’annonce des premiers résultats a commencé tôt lundi, jour du 55e anniversaire de[...]

Présidentielle au Togo : participation en berne, les premiers résultats attendus

À peine plus de la moitié des électeurs togolais se sont rendus aux urnes samedi pour élire leur président, un scrutin à un tour dont Faure Gnassingbé, le chef de[...]

Togo : jour de vote à Lomé

Les électeurs togolais étaient appelés aux urnes aujourd’hui pour désigner leur futur président. Le taux de participation déterminera l'écart entre les deux candidats favoris,[...]

Togo : faible mobilisation lors de la présidentielle

Les Togolais élisent samedi leur président lors d'un scrutin à un tour qui peine à mobiliser les foules, dont le favori est le sortant Faure Gnassingbé, héritier d'une famille[...]

Togo : début de vote pour la présidentielle

Les Togolais votent samedi pour une présidentielle à un tour dont le favori est le sortant Faure Gnassingbé, héritier d'une famille régnant sans partage depuis 48 ans, face à une[...]

Togo : la campagne pour la présidentielle s'est achevée dans le calme

La campagne officielle pour l’élection présidentielle au Togo a pris fin jeudi soir après une série de grands rassemblements organisés par les différents candidats. Le[...]

Emmanuel Adebayor : "Je vote Faure pour que nos projets pour la jeunesse togolaise se concrétisent"

Emmanuel Adebayor, l'emblématique capitaine de l'équipe nationale togolaise de football a affirmé dans une vidéo diffusée le 21 avril soutenir la réélection du président[...]

Élections : la carte interactive de la biométrie en Afrique

En Afrique comme ailleurs, les élections riment parfois avec fraudes ou, tout au moins, soupçons de votes multiples, de bourrages d'urnes et de manipulations en tous genres... Alors, pour réconcilier les[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/JA2685p038.xml0 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/JA2685p038.xml0 from 172.16.0.100