Extension Factory Builder
28/06/2012 à 15:44
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Dîner de noces marocain. Dîner de noces marocain. © J.A

Une ONG marocaine demande l'abrogation d'un article du code pénal qui interdit les relations extraconjugales.

L'Association marocaine des droits humains (AMDH) a franchi le pas. Elle demande officiellement l'abrogation de la loi qui punit les relations sexuelles en dehors du mariage. Transposant en droit positif un interdit moral très fort, l'article 490 du code pénal marocain dispose que « sont punies de l'emprisonnement d'un mois à un an toutes personnes de sexe différent qui, n'étant pas unies par les liens du mariage, ont entre elles des relations sexuelles ». Une sanction sévère que ne prévoient même pas les législations de pays voisins comme l'Algérie ou la Tunisie, où la liberté sexuelle reste soumise à une forte pression sociale.

Au Maroc, il ne s'agit pas seulement de « protéger » l'institution du mariage en punissant l'adultère, mais d'interdire plus généralement le zinâ - le délit de fornication. Dans les trois pays du Maghreb, en effet, les poursuites pour adultère se font à l'initiative de « l'époux offensé » et peuvent être arrêtées par son pardon.

Hypocrisie

« L'article 490 traduit l'hypocrisie de notre système juridique vis-à-vis de la liberté sexuelle, qui est l'une des libertés individuelles que nous défendons », déclare Khadija Ryadi, présidente de l'AMDH. Auteur dans le journal Le Soir-Échos d'une tribune explicitement intitulée « Clandestinité sexuelle, clandestinité politique », l'essayiste Omar Saghi va plus loin en soulignant qu'« une société qui fait semblant [de croire] qu'une fille ou un garçon de 20 ou 25 ans n'a pas de vie sexuelle se condamne à la clandestinité globale ». Et d'ajouter que « la répression sexuelle légalisée par l'État, prolongeant la répression par la famille patriarcale, produit les germes de l'autoritarisme ».

Même si le délit est difficile à établir - sauf aveux ou flagrant délit constaté par un officier de police judiciaire -, sa simple présomption pèse telle une épée de Damoclès sur les couples non mariés, qui se voient régulièrement refuser un bail commun ou une chambre d'hôtel, et encourage les pressions policières. « Nous savons tous que les relations sexuelles en dehors du mariage sont courantes au Maroc. Le fait que tout cela soit caché favorise les abus et les atteintes aux libertés individuelles », dénonce Khadija Ryadi.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Maroc

Racisme au Maroc : à Tanger, un pogrom anti-migrants fait au moins un mort

Racisme au Maroc : à Tanger, un pogrom anti-migrants fait au moins un mort

À Tanger, une expédition sauvage menée par des Marocains contre des migrants à fait au moins un mort, le 29 août. Un drame qui met à nouveau en lumière le problème du racisme [...]

Maroc : les maraîchers disent "merci Poutine"

Depuis que Moscou a décrété un embargo sur les importations en provenance de l'Union européenne, les agriculteurs marocains s'organisent pour profiter de ce marché estimé à[...]

Le Maroc "solidaire" des pays touchés par Ebola au nom de sa politique africaine

Avec la suspension des vols d'Air France vers la Sierra Leone, le Maroc est le dernier pays à desservir de manière régulière les trois principaux pays frappés par l'épidémie[...]

Algérie - Maroc : la déchirure

Tranchées d’un côté, clôture de l’autre. Alors que le fossé entre les deux voisins ne cesse de se creuser, "Jeune Afrique" a enquêté, vingt ans après la[...]

Maroc : Rabat rêve de lumières

Confinée de longue date au statut de ville administrative, la capitale du Maroc se rêve en cité internationale de la culture et du savoir.[...]

Mariage au Maroc : quand la haute fait la noce

Ils font rarement la une des journaux, mais les mariages entre grandes familles sont une tradition bien établie dans le royaume. Une façon de perpétuer richesse, pouvoir et rang social.[...]

Justice : brèche humanitaire entre le Maroc et la France

Selon un responsable du ministère marocain de la Justice, le royaume chérifien s'apprête à transférer en France des détenus français.[...]

Ces magnats africains qui dament le pion aux multinationales

Ils ont mis en place des services, une production et une distribution locale : une poignée d'hommes d'affaires dominent leur marché et partent à la conquête du continent.[...]

Algérie - Maroc : vingt ans après, faut-il rouvrir la frontière commune ?

Vingt ans après sa fermeture, la frontière commune entre le Maroc et l'Algérie n'est toujours pas rouverte. Une situation préjudiciable pour les deux États qui se contentent, pour l'instant, de[...]

Maroc : quand Mohammed VI se fait arrêter par la Guardia civil espagnole

Selon le quotidien espagnol "El Mundo", une patrouille de la Guardia civil espagnole a arrêté, par erreur, le yacht du roi du Maroc le 7 août dernier au large de Ceuta. Une bourde de taille qui n'a[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex