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28/06/2012 à 12:48
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Charly Ndi Chia et Frédéric Boungou sont les rédacteurs en chef de 'the Post' et du 'Messager'. Charly Ndi Chia et Frédéric Boungou sont les rédacteurs en chef de "the Post" et du "Messager". © Nicolas Eyidi pour J.A.

Charly Ndi Chia et Frédéric Boungou ont deux visions bien différentes de leur métier de journaliste. L'un au "Post" et l'autre au "Messager".

Il aurait pu être prêtre, il est devenu journaliste. « Dans les deux cas, il s'agit d'une vocation. » Originaire de l'ouest du Cameroun, Charly Ndi Chia a appris le métier au Nigeria, puis au Royaume-Uni, avant de rentrer au pays, dans sa ville de Buéa, où il est depuis quinze ans rédacteur en chef de la principale publication en langue anglaise, The Post. À 55 ans, avec une vingtaine de personnes sous son autorité, il sort deux éditions chaque semaine, distribuées à 3 000 exemplaires chacune - « jusqu'à 15 000 en cas de grosse information ». Beaucoup plus de faits que d'analyses ou d'opinions, « c'est ce que demande notre lectorat », contrairement à ceux des journaux de Douala et de Yaoundé. Aucune approche communautaire dans le travail de ce reporter, qui n'a rien d'un militant de la cause anglophone : « Nous ne sommes pas Radio Mille Collines », s'agace-t-il. Pour le titre, l'une des priorités est d'engranger des ressources publicitaires « sur un marché bien plus restreint que pour les francophones » et, pour ses journalistes, de presser les politiques « qui, lorsqu'ils ne veulent pas répondre, se retranchent derrière le français ».

Son confrère Frédéric Boungou, 40 ans, rédacteur en chef du Messager depuis 2009, a une vision tout aussi claire, quoique différente, de son métier : « Il s'agit d'observer la société pour mieux la décrire, mais également de donner son opinion pour faire bouger les décideurs. » Une double mission assurée chaque jour par la trentaine de journalistes travaillant pour le quotidien, qui tire à un peu plus de 8 000 exemplaires. Place aux commentaires, donc, afin de satisfaire un lectorat friand de débat politique. « Les anglophones sont meilleurs que nous pour relater les faits », reconnaît Boungou, expliquant qu'il n'y a rien de tel qu'un débat polémique « pour se démarquer d'une concurrence bien plus forte dans la presse francophone ». En anglais comme en français - et ce n'est pas spécifique au Cameroun -, il faut constamment se méfier des tentatives de manipulation. Or il n'est pas toujours facile de vérifier les informations dans « un Cameroun bien plus bilingue que ne le sont les Camerounais eux-mêmes » et d'interviewer des anglophones sans vraiment maîtriser la langue - « Les anglophones se débrouillent bien mieux en français que nous en anglais », reconnaît Boungou. 

--> Lire notre dossier Spécial consacré à l'économie camerounaise

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