Extension Factory Builder
20/06/2012 à 14:21
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Amin Maalouf reçu à l'Académie française. Amin Maalouf reçu à l'Académie française. © AFP

Élu il y a un an à l'Académie française, l'écrivain franco-libanais - et ancien rédacteur en chef à "Jeune Afrique" - Amin Maalouf a été reçu sous la Coupole le 14 juin.

« Après les roulements de tambours, les roulements de la langue ! » C'est avec humour qu'Amin Maalouf, très ému, a commencé son discours de réception à l'Académie française le 14 juin, sous la coupole du Quai Conti, devant ses nouveaux pairs - d'Erik Orsenna à Valéry Giscard d'Estaing en passant par Jean d'Ormesson - et un parterre d'invités de marque. Parmi lesquels on pouvait reconnaître, outre de nombreuses personnalités libanaises venues de leur pays, Michel Barnier, ministre des Affaires étrangères de Jacques Chirac et actuel Commissaire européen, Jean Daniel, le fondateur du Nouvel Observateur, Jean-David Levitte, l'ex-conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, ou Peter Sellars, le metteur en scène américain.

S'amusant de son accent, Maalouf a pris un malin plaisir à rappeler qu'il partage ce roulement de « r » avec d'illustres écrivains français - Ronsard, Rabelais, La Bruyère... - et qu'« il revient donc du Liban plus qu'il n'en vient ». Une façon de saluer la politique d'ouverture de l'Académie qui, depuis quelques années, accueille des auteurs d'origine étrangère : Hector Bianciotti - qui vient de mourir -, né en Argentine et élu en 1996, François Cheng, né en Chine et élu en 2002, Assia Djebbar, née en Algérie et élue en 2005. Mais aussi un rappel du combat que mène l'ancien rédacteur en chef de Jeune Afrique à travers son oeuvre (Les Croisades vues par les Arabes, Léon l'Africain, Les Identités meurtrières) pour inviter au dialogue entre les civilisations.

Un combat auquel il n'entend pas renoncer, même si les temps ne sont guère propices : « Un mur s'élève aujourd'hui en Méditerranée entre les univers dont je me réclame. Ce mur, mon ambition est de le démolir. Telle a toujours été ma raison de vivre, d'écrire. » C'était aussi l'objectif de Claude Lévi-Strauss, montrera-t-il en faisant l'éloge de ce grand ethnologue qui joua un rôle pionnier pour proclamer « l'égale dignité de toutes les civilisations humaines », et dont il occupe désormais le siège.

Métissage

Choisi pour prononcer le discours de bienvenue, l'écrivain Jean-Christophe Rufin - qui fut ambassadeur de France au Sénégal - a dit pour sa part, au terme d'une brillante exploration de l'oeuvre de Maalouf, à quel point celui-ci était prédestiné par son histoire familiale - qui est le sujet d'Origines - à rechercher cet « équilibre instable » entre « enracinement et appel au monde ». Et, aussi, à célébrer le métissage culturel, tout en renvoyant dos à dos Orient et Occident quand le premier verse dans le fanatisme et le second transforme sa conscience morale en instrument de domination. Son arrivée est une bonne nouvelle pour l'Académie, a conclu Rufin, car « rares sont ceux qui sont venus avec autant de mondes différents ».

Cette volonté de confronter des mondes différents sera encore au coeur du prochain livre d'Amin Maalouf, à paraître en septembre, et dont le personnage principal revient au Liban après avoir passé vingt-cinq ans en Occident. Les Désorientés marqueront son retour très attendu au roman, après dix ans consacrés à l'écriture d'essais ou de livrets d'opéra. 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Maghreb & Moyen-Orient

Égypte : quand Sissi tacle la France au sujet du dossier libyen

Égypte : quand Sissi tacle la France au sujet du dossier libyen

Lors d'une rencontre au Caire avec une délégation française, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi n'a pas manqué de faire savoir ce qu'il pensait de la gestion par la France du doss[...]

Dans les archives de JA : la mort de Hassan II, roi du Maroc

Il y a quinze ans, le 23 juillet 1999, le Roi du Maroc Hassan II succombait à une longue maladie, deux semaines après avoir fêté ses 70 ans. Jeune Afrique réédite plusieurs articles[...]

Conflit israélo-palestinien : le médiateur égyptien marche sur des oeufs

Le Caire considère le Hamas à la fois comme une organisation terroriste et comme un rempart contre les jihadistes. Une position qui rend la médiation égyptienne difficile dans le conflit[...]

Conflit israélo-palestinien : de l'audace !

Ofer Bronchtein est président du Forum international pour la paix, ancien conseiller de Yitzhak Rabin.[...]

Libye : violents combats entre milices rivales à Benghazi et à Tripoli

À Benghazi et à Tripoli, autour de l'aéroport, les combats se poursuivaient mercredi, alors que l'entrée en fonction du nouveau Parlement (à Benghazi) a été fixée au 4[...]

Maroc : un millier de migrants clandestins tentent en vain de passer la frontière à Melilla

Mercredi, un millier de migrants en provenance d'Afrique subsaharienne ont tenté de pénétrer dans l'enclave espagnole de Melilla au Maroc, ont annoncé les autorités locales. Leur tentative a[...]

Défense : quelles capacités militaires pour la Tunisie en 2014 ?

Adoptées au dernier trimestre de l'année 2013, les premières mesures pour pallier les carences des armées de terre et de l'air ont été mises en oeuvre par le nouveau gouvernement tunisien[...]

Gaza : Israël accusé de possibles crimes de guerre par l'ONU

Alors que débute la troisième semaine de l'offensive israélienne sur la bande de Gaza, la haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a demandé une enquête sur les possibles[...]

Maroc : mort de Hassan II, la nuit du destin

À l'occasion des quinze ans de la mort de Hassan II, Jeune Afrique réedite quelques articles d'époque. Dans celui-ci, paru dans JA n° 2012 du 30 juillet au 9 août 1999, François Soudan[...]

Maroc : il y a quinze ans, la mort de Hassan II

Il y a tout juste quinze ans, le 23 juillet 1999, le roi du Maroc Hassan II s'éteignait à Rabat après trente-huit ans de règne. "Jeune Afrique" réédite un article de son n°[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers