Extension Factory Builder
15/06/2012 à 14:34
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
En Inde l'inflation persite et pourrait atteindre 8,6% en 2012. En Inde l'inflation persite et pourrait atteindre 8,6% en 2012. © Reuters

Ralentissement de l'économie, scandales divers, crise de leadership... À deux ans des élections générales, le parti au pouvoir en Inde paraît bien mal embarqué.

Le miracle économique indien fera-t-il long feu ? Prenant acte de la dégringolade de la roupie, de la persistance de l'inflation (sans doute 8,6 % en 2012), de la diminution des investissements étrangers et du ralentissement de la croissance (5,3 % au premier trimestre de cette année, après avoir frôlé les 9 % pendant des années), certains spécialistes commencent à se poser la question. Les milieux d'affaires constatent que leur pays perd du terrain face à ses concurrents directs. Et s'il advenait un jour qu'au sein du quintette des pays émergents, les fameux Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), le « i » ne désigne plus l'Inde, mais Israël ou l'Indonésie ?

C'est dans ce contexte morose que le Parti du Congrès a discrètement fêté au mois de mai le huitième anniversaire de son retour aux affaires. Le Grand Old Party indien traverse une inquiétante crise de confiance qui contribue sans doute au ralentissement de l'économie. Fondé en 1885, il a connu son heure de gloire au temps du Mahatma Gandhi et de son mouvement de résistance populaire et non violent qui mit fin au pouvoir colonial. Lors de l'indépendance, en 1947, la direction du pays lui échut tout naturellement. À l'initiative de Nehru, son chef, il mit en place un cadre démocratique et laïque qui perdure aujourd'hui encore. Le rôle éminent joué par le Congrès dans l'émergence de l'Inde en tant que puissance mondiale n'est contesté par personne, pas même par ses ennemis les plus acharnés. Au total, il a dirigé le pays pendant presque un demi-siècle, avec, de temps à autre, de brefs passages dans l'opposition. Revenu au pouvoir en 2004 à la tête d'une coalition de centre-gauche, il l'a de nouveau emporté en 2009. Mais son action est aujourd'hui paralysée par une série d'affaires. En 2011, l'organisation des Jeux du Commonwealth fut par exemple un fiasco retentissant. Corruption et incompétence des organisateurs : pas de quoi pavoiser. La même année, l'attribution de licences de téléphonie mobile déboucha elle aussi sur un scandale. Du coup, au mois de mars dernier, le Congrès a subi un cinglant échec lors des élections régionales dans l'État de l'Uttar Pradesh, le plus peuplé du pays. En dépit de l'implication active dans la campagne de Rahul Gandhi, fils de la présidente du parti et héritier de la dynastie Gandhi-Nehru, il n'a remporté que 28 sièges sur 403. Ce résultat catastrophique augure bien mal de son score lors des élections générales de 2014.

Héritier de la dynastie Gandhi-Nehru, Rahul ne soulève pas l'enthousiasme des électeurs.

Sables mouvants. Il révèle surtout un manque de leadership que confirme l'impuissance du gouvernement, depuis trois ans, à faire adopter par le Parlement la moindre réforme économique d'envergure. Celle du système fiscal, dont l'opacité est pourtant dénoncée par tous les investisseurs étrangers, a été abandonnée. De même, le projet d'ouvrir le secteur de la distribution aux opérateurs étrangers s'est enlisé dans les sables mouvants. En 2004, l'arrivée à la primature de Manmohan Singh, dont le nom est associé à la libéralisation de l'économie indienne, avait pourtant suscité de grands espoirs dans les milieux d'affaires. Depuis, ils déchantent.

Ce n'est un secret pour personne que Singh, qui est octogénaire et souffre de problèmes cardiaques, souhaite se retirer de la vie politique active. Sonia Gandhi, la présidente du parti, n'est guère plus vaillante : elle a subi l'an dernier une lourde opération chirurgicale. En toute logique dynastique - celle qui a toujours prévalu à la tête du Congrès -, le flambeau devrait être repris à brève échéance par Rahul Gandhi, lui-même fils, petit-fils et arrière-petit-fils de Premier ministre. Problème : à en juger par les résultats dans l'Uttar Pradesh, la perspective ne semble pas enthousiasmer les électeurs !

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Sur le m�me sujet
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

International

Les Africains 'joueront leur rôle' pour défendre la famille traditionnelle, selon le cardinal Robert Sarah

Les Africains "joueront leur rôle" pour défendre la famille traditionnelle, selon le cardinal Robert Sarah

Le cardinal guinéen Robert Sarah assure que les Africains "joueront leur rôle" pour défendre la famille traditionnelle au prochain synode d'octobre, reconnaissant des incompréhensions profond[...]

Indignation après la destruction de trésors archéologiques en Irak

Une vidéo montrant des jihadistes du groupe État islamique (EI) en train de détruire des sculptures pré-islamiques en Irak a suscité l'indignation dans le monde et la crainte que d'autres[...]

Assassinat de deux Congolais en France : un procès au goût d'inachevé

Un accusé absent condamné à 20 ans de prison, l'autre acquitté. Quatorze ans après l'assassinat mystérieux de deux Congolais en France, de nombreuses questions restent sans[...]

Retour en 5 dates sur la vie d'Earl Lloyd, légende du basket et premier joueur noir de NBA

Earl Lloyd, surnommé "The Big Cat", est décédé le 24 février à l'âge de 86 ans. Retour en cinq dates sur la carrière d'une des légendes du basket[...]

Qui est Al-Fawwaz, condamné pour les attentats de Dar es-Salaam et Nairobi en 1998 ?

Khalid al-Fawwaz, un Saoudien présenté comme un fidèle lieutenant d'Oussama Ben Laden, a été reconnu coupable de complot en lien avec les attentats contre les ambassades américaines[...]

RDC : Benoît Chatel condamné à 20 ans de prison pour le meurtre d'opposants à Kabila père

Principal accusé meurtre, il y a 14 ans en France, de deux supposés opposants à Laurent-Désiré Kabila, l'homme d'affaires belge Benoît Chatel a été condamné à[...]

France : crispations dans le monde de l'art après l'attentat contre "Charlie Hebdo"

Après les attentats des 7 et 9 janvier à Paris, plusieurs oeuvres d'art ayant trait à l'islam ont été censurées en France. Le phénomène n'est pas nouveau : art et religion[...]

"American Sniper" : quand Eastwood se tire une balle dans le pied

Annoncé en grande pompe, le nouveau long-métrage de Clint Eastwood, "American Sniper", relate le parcours d'un tireur d’élite de l'armée américaine connu pour ses exploits[...]

RDC : Kinshasa fustige les critiques du ministre belge De Croo envers le régime de Kabila

Le gouvernement congolais s'est dit "choqué" et  "fatigué des donneurs de leçons" après avoir essuyé les critiques frontales d'Alexander De Croo, le ministre belge de la[...]

Le gouvernement Valls lance une grande réforme de l'islam de France

Le gouvernement français a annoncé mercredi le lancement d’une grande réforme de l’islam de France autour d'une "instance de dialogue" censée mieux représenter les musulmans[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/JA2683p056.xml0 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/JA2683p056.xml0 from 172.16.0.100