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21/06/2012 à 13:37
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Les défenseurs des victimes de Habré sont convaincus qu'un procès en Belgique est la solution. Les défenseurs des victimes de Habré sont convaincus qu'un procès en Belgique est la solution. © AFP

Le gouvernement sénégalais a créé un groupe de travail pour étudier les modalités d'un procès de l'ex-dictateur tchadien, Hissène Habré.

Hissène Habré est-il encore à l'abri ? Pas sûr. Réfugié à Dakar depuis 1990, l'ex-dictateur tchadien savait qu'il n'avait pas grand-chose à craindre du régime d'Abdoulaye Wade. L'ancien président sénégalais avait, au fil des années, manifesté trop de réticences à le juger (ou à le laisser juger par un pays tiers) pour qu'il ait de vraies raisons de s'inquiéter. Mais le vent paraît avoir tourné.

Le 1er juin, le gouvernement a en effet annoncé la mise sur pied d'un groupe de travail chargé d'étudier les modalités d'un procès - lequel s'est réuni dans la foulée, sous la direction du directeur de cabinet de la ministre de la Justice, Amadou Bâle, un magistrat réputé sérieux, voire rétif aux consignes venues d'en haut.

A priori, cela ressemble plutôt à une bonne nouvelle. Sauf que les défenseurs des victimes du régime de Habré sont convaincus qu'un procès en Belgique demeure la seule solution pour que justice soit rendue rapidement. « Un groupe de travail, c'est bien, concède l'avocate tchadienne Jacqueline Moudeïna. Mais nous ne savons pas quelle est sa feuille de route, et nous n'avons pas été associés à sa création. » Jacqueline Moudeïna dit aussi craindre que cela n'équivaille à un rejet de la quatrième demande d'extradition belge, à laquelle le Sénégal n'a toujours pas répondu.

Le président Wade n'avait jamais paru pressé de faire juger son ancien homologue.

Coûteux

Surtout, rappellent les partisans d'un procès en Belgique, la Cour de justice de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) s'était prononcée en 2010 en faveur de la création d'un tribunal ad hoc à caractère international - une structure forcément plus coûteuse qu'une juridiction nationale classique. À l'époque, les bailleurs de fonds internationaux étaient parvenus à réunir la somme nécessaire (plus de 8 millions d'euros), mais c'était il y a deux ans. « Aujourd'hui, si le Sénégal devait juger Habré, il devrait encore se conformer à la décision de la Cedeao et créer ce fameux tribunal ad hoc, explique un connaisseur du dossier. Il faudrait reconvoquer les bailleurs, reprendre l'enquête du début, et tout cela prendrait forcément plusieurs années. » « Ce sont des années que nous n'avons pas, insiste Moudeïna. Les victimes, elles, continuent de mourir. » Beaucoup voient toutefois dans la décision du Sénégal un signe encourageant. D'autant que les membres du groupe de travail devraient rencontrer les donateurs dans le courant de ce mois de juin. 

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