La gestion du pays par le PDS de Abdoulaye Wade est désormais passée au crible par la justice sénégalaise. Mais les éventuelles mises en examen d'anciens ministre suspectés de détournements ne pourront avoir lieu qu'après les législatives de juillet prochain.
Au sein même du Parti démocratique sénégalais (PDS), les tensions sont palpables. Il ne se passe pas une semaine à Dakar sans qu'une nouvelle affaire ne mette en cause la gestion de l'ancien parti au pouvoir. Mais les Sénégalais désireux que justice soit rendue devront s'armer de patience. Pour l'heure, la gendarmerie et la Direction des investigations criminelles auditionnent d'anciens ministres et hauts fonctionnaires soupçonnés d'enrichissement illicite, sur la base d'une liste établie par les autorités.
Néanmoins, pour tout délit commis pendant son mandat, un ex-ministre ne pourra pas être inquiété par la Cour de répression des crimes économiques et financiers. La Constitution prévoit en effet un traitement spécial via la Haute Cour de justice, qui doit être saisie d'un acte d'accusation voté par le Parlement. Problème : jusqu'aux législatives, repoussées au 1er juillet, et un éventuel changement de majorité, ce dernier reste aux mains du PDS, qui n'interviendra pas contre ses anciens dirigeants. Seule marge de manoeuvre pour l'heure : retenir le plus possible au pays les personnalités soupçonnées et remplir les dossiers. Pour cela, la justice peut compter sur le soutien de la Banque mondiale et des États-Unis, qui ont nommé un procureur spécial chargé d'enquêter sur d'éventuels biens mal acquis.

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