Extension Factory Builder
14/06/2012 à 17:23
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Condoleezza Rice croyait jusque là descendre des Ashantis du Ghana. Condoleezza Rice croyait jusque là descendre des Ashantis du Ghana. © Somodevilla/AFP

Après Quincy Jones ou Spike Lee, l'ex-secrétaire d'État de George W. Bush, Condoleezza Rice, a fait réaliser un test génétique pour déterminer l'origine de ses ancêtres. Un phénomène de mode chez les Africains-Américains.

Pendant de longues années, elle a cru descendre des Ashantis du Ghana. Il n'en est rien. À 57 ans, Condoleezza Rice vient d'apprendre que ses lointaines origines africaines remontent à la plaine Tikar, au centre du Cameroun. À l'instar de milliers d'Africains-Américains, celle qui fut l'austère secrétaire d'État de George W. Bush de 2005 à 2009 - la deuxième femme et la première Noire à accéder à ce poste - et qui, aujourd'hui, enseigne à l'université de Stanford (Californie) et soutient le républicain Mitt Romney dans la course à la présidentielle a cédé elle aussi à la curiosité de remonter son arbre généalogique.

Native de Birmingham, dans l'Alabama, Condi n'est pas la première des Africains-Américains célèbres dont les ancêtres sont originaires du Cameroun, à en croire le verdict de l'un de ces laboratoires qui se sont spécialisés dans la lucrative recherche des origines. Le musicien et producteur Quincy Jones a découvert, lui aussi, qu'il était issu de la même ethnie des Tikars. Et la liste des « Camerounais » s'allonge d'année en année : le réalisateur Spike Lee (Malcolm X, Do the Right Thing), les acteurs Forest Whitaker (Le Dernier Roi d'Écosse) et Chris Tucker (Rush Hour)...

Ossements

Mise au point en 2003 par le biologiste africain-américain Rick Kittles, la méthode est simple et rapide : un prélèvement buccal analysé en laboratoire permet d'établir la carte d'identité génétique du demandeur. Celle-ci est ensuite comparée à une banque de données constituée grâce aux ossements d'un demi-millier d'esclaves africains morts aux États-Unis et issus de différentes ethnies du continent. Des correspondances sont ensuite recherchées, avec une marge d'erreur. Coût : entre 200 et 1 000 euros.

Grâce aux progrès scientifiques, ces hommes et femmes dont les aïeux sont arrivés en Amérique il y a plusieurs siècles au fond des cales des négriers retrouvent ainsi le berceau de leurs ancêtres. Certains entreprennent des voyages de découverte - une nouvelle forme de tourisme qui fait le bonheur des tour-opérateurs et du secteur hôtelier. Ainsi, à la fin de décembre, un groupe de 87 Américains a parcouru le Cameroun du nord au sud. Avec, au programme, une halte devant les lieux de mémoire et une immersion dans la culture africaine. Organisé par l'association ARK Jammers, cet Ancestry Reconnection Program les a notamment conduits à l'ancien port négrier de Bimbia (Sud-Ouest). Selon des historiens, entre 46 000 et 68 000 hommes et femmes d'origine camerounaise ont quitté leur terre natale pour le continent américain. 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

International

Banque mondiale : Makhtar Diop reprend son poste de vice-président Afrique

Banque mondiale : Makhtar Diop reprend son poste de vice-président Afrique

 Écarté de son poste de vice-président Afrique de la Banque mondiale début octobre, l'économiste sénégalais, à qui l'on prêtait l'intention de briguer la pré[...]

Réfugiés africains pour audimat européen

Dans un camp de réfugiés du Darfour, la chaîne Arte tourne un documentaire bimédia "à jouer". Instrumentalisation de la détresse pour une courbe d’audience ? Ou[...]

Malick Ndiaye, le gourou à six cordes

À la tête du label ThinkZik ! depuis quinze ans, le mystérieux et exigeant producteur d'Imany et de Faada Freddy attend plus de la musique africaine.[...]

Art contemporain : rififi autour du prix Orisha

Décerné le 2 octobre à Paris au Béninois Kifouli Dossou, le premier prix Orisha pour l'art contemporain africain a suscité l'agacement de plusieurs artistes et commissaires.[...]

Algérie : des juges d'instruction français vont enquêter sur l'assassinat d'Hervé Gourdel

Des juges d'instruction français vont enquêter sur l'enlèvement et l'assassinat d'Hervé Gourdel, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.[...]

Areva : Luc Oursel pas vraiment parti

En dépit du départ inattendu de Luc Oursel, pour des raisons thérapeutiques et son remplacement par son numéro deux Philippe Knoche le 22 octobre, l'organigramme d'Areva reste inchangé[...]

Ebola - Dr Eric Leroy : "L'épidémie continue d'évoluer dans le mauvais sens"

Le Dr Éric Leroy est l'un des plus grand spécialistes du virus Ebola. Selon lui, l'épidémie ne sera pas endiguée avant plusieurs mois. Interview.[...]

Brésil : Dilma Rousseff, surprise du chef

Les sondages la donnaient battue au second tour de la présidentielle par la socialiste Marina Silva. Ils se sont lourdement trompés. Avec 41,6 % des suffrages au premier, Dilma Rousseff est bien [...]

Un Michel peut en cacher un autre

Le nouveau Premier ministre se prénomme Charles et n'a que 38 ans. Mais il a de qui tenir. Louis, son père, est un vieux briscard de la politique locale. Et de la "Belgafrique".[...]

Terrorisme : le Maroc demande à la France de retirer son appel à la vigilance

Pour le ministre marocain de l'Intérieur, Mohamed Hassad, la présence du Maroc dans une liste de 40 pays dans lesquels la France appelle ses ressortissants à une vigilance renforcée "est[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers