Extension Factory Builder
15/06/2012 à 12:38
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Une jeune victime malienne, au tribunal correctionnel de Bobigny, près de Paris. Une jeune victime malienne, au tribunal correctionnel de Bobigny, près de Paris. © SIPA

Le 4 juin, une employée de maison a déposé plainte pour agression sexuelle contre l'ambassadeur de Bahreïn en France. Une affaire qui rappelle de fâcheux précédents.

Depuis quelques jours, Naser al-Balooshi, l'ambassadeur de Bahreïn en France, a disparu des écrans radars. Il ne s'est pas rendu à son bureau depuis le 6 juin, a confié un employé de la représentation diplomatique au quotidien bahreïni Gulf Daily News. La veille, on apprenait de « source judiciaire » l'ouverture d'une enquête préliminaire après qu'une ancienne employée de maison eut déposé une plainte pour agression sexuelle, le 4 juin.

Cette femme de 44 ans a d'abord accusé l'ambassadeur de viols, puis expliqué avoir repoussé ses assauts. Elle maintient avoir été victime d'attouchements de juillet 2010 à octobre 2011 au domicile de son ex-employeur, à Neuilly-sur-Seine (banlieue chic de Paris), avant d'être licenciée fin 2011 avec son compagnon. L'ouverture par le parquet de Nanterre d'une enquête préliminaire permettra de vérifier ces accusations, avant la désignation éventuelle d'un juge d'instruction.

L'ambassadeur et son épouse jouissent de l'immunité diplomatique, ce qui n'est pas le cas de leur fils, que la plaignante accuse de l'avoir menacée à l'arme blanche. En fonction de l'évolution de l'enquête, la justice pourrait demander au Quai d'Orsay de solliciter auprès de Bahreïn la levée de l'immunité de Naser al-Balooshi.

À la fin avril, le tribunal de Bourg-en-Bresse (Ain) avait condamné l'épouse franco-libanaise de Béchir Salah - ancien chef de cabinet de Mouammar Kaddafi et actuellement en fuite - à deux ans de prison avec sursis et 70 000 euros d'amende pour des faits d'esclavagisme domestique sur quatre Tanzaniens employés à son domicile de Prévessin-Moëns. Mme Salah faisait travailler ces quatre personnes, recrutées en Libye, jusqu'à dix-huit heures par jour, sans les nourrir correctement et en ne les payant presque jamais. L'une des victimes a même perdu près de vingt kilos au cours des quatre années passées à son service.

Corvéables à merci

Toujours en avril, cette fois en Belgique, huit princesses émiraties ont été renvoyées devant le tribunal correctionnel de Bruxelles pour des faits relevant de la « traite d'êtres humains » et de « traitements inhumains et dégradants ». La famille princière occupait une suite à l'année à l'hôtel Conrad, avec à son service vingt-trois femmes, corvéables à merci. Les victimes ont été libérées, mais les accusées ont pu quitter le territoire et font traîner l'instruction depuis 2008.

Selon le Comité contre l'esclavage moderne, pareils faits ne sont pas l'apanage des milieux aisés. « L'expression "esclavage domestique" fait souvent penser aux diplomates et aux nababs. C'est largement inexact », estime l'association, qui précise que, « si 20 % des victimes sont employées dans le monde diplomatique ou les beaux quartiers », les autres sont asservies dans « les pavillons de banlieue ou dans les grands ensembles des quartiers défavorisés ». 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

International

Une histoire du génocide rwandais (#4) : les écoutes bidons et le mythe de la guerre éclair du FPR

Une histoire du génocide rwandais (#4) : les écoutes bidons et le mythe de la guerre éclair du FPR

Dans ce quatrième billet consacré au déclenchement du génocide des Tutsis de 1994, Laurent Touchard* poursuit l'analyse des éléments brandis par les ex-partisans des Forces armées r[...]

Mali : le Mujao annonce la mort de l'otage français Gilberto Rodrigues Leal

Le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) a annoncé mardi la mort du Français Gilberto Rodrigues Leal, enlevé en novembre 2012 dans l'ouest du Mali. [...]

Inde : qui brisera la vague safran ?

Personne, sans doute. Face à un parti du Congrès à bout de souffle, les nationalistes hindous du BJP, qui ont choisi cette couleur pour emblème, ont toutes les chances de remporter les[...]

Le propos raciste qui fait du bien

Peut-on utiliser les clichés pour mieux les dynamiter ? Des étudiants français répètent les saillies caractéristiques du racisme ordinaire pour en souligner[...]

Justice : après Simbikangwa, qui ?

Patrick Baudouin est président d'honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH).[...]

Birmanie: Win Tin, figure de la lutte pour la démocratie, est décédé

Win Tin, emprisonné pendant 19 ans pour son combat contre l'ancienne junte birmane, est décédé lundi à l'âge de 84 ans, a indiqué la Ligue nationale pour la démocratie[...]

Les quatre journalistes otages en Syrie sont de retour en France

Libérés le 19 avril, les quatre journalistes qui avaient été faits otages en Syrie dix mois auparavant ont regagné la France dimanche. Ils ont décrit des conditions de détention[...]

France : François Hollande accueille les quatre journalistes libérés en Syrie

Les quatre journalistes français libérés samedi après dix mois d'une éprouvante captivité en Syrie aux mains d'un groupe jihadiste lié à Al-Qaïda, sont arrivés en[...]

Les quatre journalistes français otages en Syrie sont libres, retour d'ici dimanche matin

Les quatre journalistes français otages en Syrie depuis 10 mois ont été libérés samedi et sont "en bonne santé", a annoncé le président François Hollande,[...]

Chine : le baiser du Dragon

De Taïwan à Hong Kong et de Bangkok à Jakarta, la République populaire de Chine étend les tentacules de son économie surpuissante. Beaucoup lui reprochent d'avoir l'affection un brin[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces