64 attaques ont été perpétrées le long des côtes africaines durant le premier trimestre 2012.
© John Gambrell/Sipa
Ils sévissaient surtout le long des côtes somaliennes. Traqués de tous côtés, les flibustiers écument désormais de plus en plus les eaux du golfe de Guinée et changent de tactique.
L'Afrique est plus que jamais le premier continent victime de la piraterie en mer. Sur les 102 attaques que le Bureau maritime international (BMI) a recensées dans le monde durant le premier trimestre 2012, pas moins de 64 ont été perpétrées le long des côtes africaines. Et, selon les données publiées par cet organisme au début de mai, ce fléau a frappé dix pays durant ces trois derniers mois, contre sept en 2011.
Si le nombre des agressions diminue sur la côte orientale, les observateurs du BMI notent une recrudescence « alarmante » des actes de piraterie dans le golfe de Guinée. Dix-neuf tentatives ont été constatées depuis le début de 2012 entre la Côte d'Ivoire et les deux Congos, dont dix pour le seul Nigeria, soit autant que pour toute l'année 2011. Après avoir écumé les eaux béninoises l'an dernier, les pirates nigérians semblent s'être repliés dans leurs propres eaux territoriales pour échapper aux opérations de surveillance menées par les deux États sur leur frontière maritime.
Leurs méthodes ont évolué, puisqu'ils s'inspirent des tactiques de leurs homologues somaliens, utilisant comme base des « bateaux-mères » qui leur permettent d'étendre leur rayon d'action. Six des attaques ont ainsi eu lieu à plus de 70 milles nautiques, et un vraquier a même été accosté à plus de 110 milles des côtes.
"Répercussions sur l'économie de la région"
Le BMI s'inquiète également « du niveau de violence très élevé lors des attaques », ainsi que « des répercussions sur l'économie de la région, à commencer par le secteur pétrolier ». Les pirates nigérians ont en effet pris pour cible des tankers dans la majorité des cas, et le BMI craint que l'industrie pétrolière, « qui ne veut surtout pas attirer l'attention », ne déclare pas la totalité des assauts dont elle est la victime.
En février, le Conseil de sécurité de l'ONU, « vivement préoccupé par la situation », avait appelé les États « à élaborer une stratégie régionale de lutte ». L'exemple à suivre pourrait venir de Somalie, où la situation s'améliore sensiblement, avec 43 attaques, contre 97 au premier trimestre 2011. La présence des forces navales internationales dans la région « semble avoir un effet dissuasif », souligne le BMI, qui se félicite également de la présence plus fréquente d'équipes de protection embarquées. Aucun navire comptant des gardes armés à son bord n'a été attaqué depuis le début de l'année.

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