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21/05/2012 à 14h:36
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Conférence de presse commune de Benyamin Netanyahou et Shaul Mofaz, le 8 mai, à Jérusalem. Conférence de presse commune de Benyamin Netanyahou et Shaul Mofaz, le 8 mai, à Jérusalem. © SIPA

En annonçant, contre toute attente, la mise en place d'un gouvernement d'union nationale avec le parti centriste Kadima, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou s'assure une écrasante majorité à la Knesset.

Pour ceux qui en doutaient encore, Benyamin Netanyahou est un redoutable homme politique, fin tacticien et imprévisible à la fois. Il vient de le prouver en obtenant le ralliement-surprise de la formation centriste Kadima à son gouvernement. Le Premier ministre israélien s'épargne donc la délicate épreuve d'élections législatives anticipées, qu'il venait pourtant de fixer au 4 septembre prochain dans l'espoir de renforcer sa coalition. « Nous allons former un gouvernement aussi large que possible pour assurer l'avenir d'Israël », a-t-il déclaré le 7 mai, juste avant que la Knesset ne valide en première lecture un projet de loi autorisant la dissolution de la Chambre.

Sauf que Netanyahou jouait parallèlement une autre carte, celle ouvrant la voie à un gouvernement d'union nationale entre son parti, le Likoud, et la formation Kadima, dirigée depuis six semaines par l'ancien général Shaul Mofaz. Au terme de négociations secrètes, les deux hommes sont convenus d'un accord le 7 mai. Celui-ci permet au chef de file de la droite israélienne de voir sa majorité passer de 66 à 94 députés (sur 120), l'une des plus larges de l'histoire du pays. En contrepartie, Netanyahou accepte de confier à Kadima plusieurs postes clés du gouvernement. « Le fait que nous n'ayons pas fait partie de la coalition gouvernementale a été une erreur historique. Aujourd'hui, nous la corrigeons », s'est défendu Shaul Mofaz, désormais vice-Premier ministre.

Cette nouvelle donne survient au moment où Netanyahou semblait affaibli par la fronde des partis religieux et nationalistes au pouvoir. En ligne de mire, la révision de la loi Tal, qui exempte les ultraorthodoxes de toute obligation militaire. Désormais, le Premier ministre n'a plus à craindre l'opposition des partis religieux et envisage même l'enrôlement des jeunes Arabes israéliens pour des tâches civiques. Quant à l'approbation du budget pour le prochain exercice fiscal, il semble assuré, même s'il promet de peser lourdement sur l'armée et les classes moyennes, que Shaul Mofaz avait promis de défendre au moment de son élection à la tête de Kadima.

"Un pacte de lâches"

La stratégie du chef centriste interpelle, lui qui avait juré de ne jamais rejoindre le gouvernement d'un « menteur ». Mais son choix évite à son parti, en chute libre dans les sondages, une débâcle électorale assurée. Son coup de théâtre, soigneusement concocté avec Netanyahou, a déclenché la fureur de l'opposition de gauche, désormais archiminoritaire. La dirigeante du Parti travailliste, Shelly Yachimovich, a fustigé « un pacte de lâches » et « le plus ridicule zigzag de l'histoire politique israélienne ». Zehava Gal-On, à la tête du parti d'extrême gauche Meretz, dénonçait pour sa part « une basse manoeuvre politique », tandis que l'ancien journaliste Yaïr Lapid, dont le Parti laïc du futur préparait activement sa première campagne, s'est dit « écoeuré ».

Comme pour adoucir la critique, l'accord d'union nationale prévoit une « reprise du processus de paix avec les Palestiniens », au point mort depuis septembre 2010 malgré quelques timides tentatives de relance. Mais pour les observateurs, c'est surtout la question iranienne et une possible guerre régionale qui pourraient revenir au premier plan. Avec l'assurance d'une coalition stable jusqu'en novembre 2013, date du prochain scrutin législatif, Netanyahou a désormais les mains libres pour s'en prendre aux installations nucléaires de la République islamique. Shaul Mofaz, militaire d'expérience et considéré comme un faucon, ne fait pas partie de ceux qui s'opposent à l'usage de la force.

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Maxime Perez, à Jérusalem

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