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17/05/2012 à 15h:18
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Le 30 avril, les 'Bérets rouges' ont tenté un contre-coup d'État. Le 30 avril, les "Bérets rouges" ont tenté un contre-coup d'État. © D.R

Malamine Konaré, commandant de l'armée malienne, a été arrêté le 4 mai. Certains y voient une façon pour la junte de faire sortir son père, l'ex-président Alpha Oumar Konaré, de son mutisme.

Surtout pas de vagues. Dans la famille de l'ex-président malien Alpha Oumar Konaré (AOK), on refuse de commenter l'arrestation de son fils, Mamadou Lamine, 36 ans, plus connu sous le nom de Malamine. Depuis le 4 mai, le commandant d'aviation, ex-membre de la Sécurité d'État (SE, services de renseignements), est aux arrêts à l'École d'application militaire de Kati, ville-garnison située à une quinzaine de kilomètres à l'est de Bamako et où siège le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'État (CNRDRE, auteur du coup d'État du 22 mars).

Incarcérés avec lui, le général Hamidou Sissoko, dit Man, et le colonel Abdoulaye Cissé. Le premier est un proche du président déchu Amadou Toumani Touré (ATT), dont il a été le chef d'état-major particulier. Le second a été chef de la garde du président AOK, avant de devenir commandant de la zone de Sikasso, dans le sud du pays. Comme une trentaine d'autres militaires, gradés ou simples soldats, ils sont soupçonnés d'être « impliqués dans la tentative de déstabilisation du 30 avril », explique la gendarmerie malienne. Ce jour-là, les commandos parachutistes - les « Bérets rouges » - menés par le colonel Abidine Guindo, ex-chef d'état-major particulier d'ATT, ont tenté de renverser le CNRDRE. Le « contre-coup » a été un échec et Abidine Guindo a pris la fuite.

Si la vague d'arrestations qui a suivi les affrontements était prévisible, le cas Malamine Konaré en a surpris plus d'un. Après la chute d'ATT, il fréquentait assidûment le « palais de Kati », où l'on appréciait l'officier compétent et sérieux, un peu turbulent, mais toujours prêt à mouiller la chemise. À la demande de la junte, il avait même pris une part active à la libération mi-avril de Maria Sandra Mariani, l'otage italienne d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Un engagement logique au regard de ses fonctions. Au contre-espionnage depuis 2008, il avait été nommé en 2011 chef des enquêtes spéciales, bureau notamment en charge de la lutte contre le terrorisme.

"AOK ne dira rien"

Malamine Konaré a cependant senti le vent tourner dès le 24 avril. Démis de ses fonctions, il a été sommé de rejoindre son corps d'origine, l'armée de l'air. Lorsque, deux semaines après son éviction, peu avant 20 heures, un officier de gendarmerie l'informe par téléphone qu'une équipe est en route pour le mettre aux arrêts, il se contente de négocier une reddition au Musée national du Mali, à Bamako, assez loin de chez lui pour « épargner sa femme et ses enfants », relate un proche.

Il fréquentait assidûment le "palais de Kati", où l'on appréciait cet officier "compétent et sérieux".

Quels qu'aient été ses états de service, les observateurs ne peuvent s'empêcher de faire remarquer que Malamine Konaré est le seul à avoir été démis de ses fonctions à la SE. Le jeune commandant paierait-il le prix de sa filiation ? « Ne tirons pas de conclusion hâtive, lâche un officier supérieur de l'armée proche du CNRDRE. C'est une affaire entre militaires et rien d'autre. » Mais inutile de dire qu'à Bamako, on a vite fait le lien entre cette arrestation et le mutisme de l'ex-président Konaré depuis le début de la crise politico-militaire. « Les militaires veulent le pousser à sortir du bois, à prendre position dans cette crise », estime un homme politique malien. La méthode est-elle la bonne ? Pas sûr. Dans l'entourage d'AOK, on est formel : « Il ne dira rien, surtout s'il sait que ses propos risquent d'être instrumentalisés. » 

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