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16/05/2012 à 14:12
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Abdelaziz Belkhadem, le secrétaire général du FLN, à Alger, le 6 mai. Abdelaziz Belkhadem, le secrétaire général du FLN, à Alger, le 6 mai. © Farouk Batiche/AFP

Les résultats des législatives du 10 mai ont déjoué tous les pronostics. Donné pour moribond, le Front de libération nationale reste la première force politique du pays et, contrairement à ce qui s'est passé au Maroc et en Tunisie, la vague verte a été contenue.

Parti de l'indépendance - dont l'Algérie fête cette année le cinquantenaire - et ex-parti unique, le Front de libération nationale (FLN) a fait mieux que résister à la vague verte qui a déferlé sur l'Afrique du Nord depuis que soufflent les vents révolutionnaires du Printemps arabe. Parce qu'il était miné par une dissidence interne sans précédent, on le disait moribond. Pas un Algérien n'aurait parié un dinar sur sa victoire, et encore moins sur celle d'Abdelaziz Belkhadem, son très controversé secrétaire général.

Mais ce 10 mai, les urnes ont parlé... et elles ont déjoué tous les pronostics : avec 220 sièges sur les 462 que compte désormais l'Assemblée populaire nationale (APN, la Chambre basse du Parlement), le FLN reste la première force politique du pays. Mieux : sa performance lui permet de gouverner seul, sans s'embarrasser d'alliés susceptibles de devenir des rivaux. Ce résultat ne surprend qu'à moitié Abdelaziz Ziari, président de l'APN sortante. En décembre dernier, ce membre du bureau politique du FLN confiait déjà ses certitudes à J.A. : « Le changement se fera dans la continuité », avait-il assuré, sans aller toutefois jusqu'à imaginer que son parti raflerait la mise. « Ce succès, explique-t-il aujourd'hui, on ne le doit pas une excellente campagne électorale, mais au discours que le président Abdelaziz Bouteflika a prononcé à Sétif le 8 mai [lire l'éditorial de Marwane Ben Yahmed, NDLR]. Cette intervention a été capitale pour stimuler la participation qui, entre 2007 et 2012, a crû de 8 points, passant de 35 % à 42,9 %, ce qui représente près de 2 millions de votants supplémentaires. Ensuite, sur le plan politique, en réaffirmant son appartenance idéologique au FLN, il nous a donné un sérieux coup de pouce. »

Autre explication à ce score inattendu : pour de nombreux électeurs, le vote FLN a servi de vote refuge pour contrer la poussée islamiste que l'on annonçait à cor et à cri après les triomphes électoraux de cette mouvance en Tunisie, au Maroc ou en Égypte. La débâcle inattendue de ces formations constitue le second enseignement de ces législatives algériennes.

Bérézina

Sûre de sa victoire, l'Alliance de l'Algérie verte (AAV), composée des Frères musulmans du Mouvement de la société pour la paix (MSP de Bouguerra Soltani), d'Ennahda de Fatah Rebaï et d'El-Islah de Hamlaoui Akkouchi, avait même annoncé, la veille du scrutin, que la liste de « son » gouvernement était déjà prête. Le 11 mai, à l'issue d'une longue nuit de dépouillement, le réveil a dû être très, très dur. Avant même la publication des résultats officiels, Abderrezak Mokri, étoile montante de l'islamisme à l'algérienne, a dénoncé « les fraudes qui ont privé l'Alliance verte de sa victoire ».

Seule consolation, elle remporte la majorité des sièges de la circonscription d'Alger (lire encadré). Pour les autres formations islamistes, comme le Front du changement (FC, d'Abdelmadjid Menasra) ou le Front pour la justice et le développement (FJD, d'Abdallah Djaballah), présentés comme les épouvantails du scrutin, la désillusion est grande. Ni l'un ni l'autre ne devraient disposer de suffisamment d'élus pour constituer un groupe parlementaire. C'est dire la bérézina...

Tiercé reconduit

Avec 44 partis en lice et plus de 183 listes indépendantes, on s'attendait à un fort émiettement de la représentation nationale. Il n'a pas eu lieu. Au cours de la législature sortante, on recensait 21 formations politiques. Il y en aura 14 dans la nouvelle. La représentation féminine atteint un record avec 144  députées, soit 30 % de l'hémicycle contre 11 % dans l'Assemblée sortante.

Alger la Blanche vire au vert

Avec près de 2 millions d'électeurs (pour 560 000 votants seulement), la capitale est la plus grande circonscription électorale du pays. Autre particularité du vote algérois : il a donné la majorité de ses suffrages aux islamistes de l'Alliance de l'Algérie verte, qui gagne 15 élus sur 37. Le FLN y réalise un score honorable et remporte 8 sièges, suivi du RND du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, et du FFS.

On redoutait un recul des forces républicaines et modernistes. Au contraire, elles ont bien résisté. Si le Parti des travailleurs (PT, de Louisa Hanoune) n'obtient que 20 élus contre 26 précédemment, le plus vieux parti d'opposition, le Front des forces socialistes (FFS, d'Hocine Aït Ahmed), absent du Parlement depuis 2002, fait un retour remarqué en remportant 21 sièges. Nouveau venu, le Mouvement populaire algérien (MPA, d'Amara Benyounes) réalise un score honorable, avec 6 élus. Enfin, l'Alliance nationale républicaine (ANR, fondée par Rédha Malek, l'ancien Premier ministre) et le Rassemblement pour la République (RPR) conservent le même nombre de sièges.

Le changement, attendu par certains, redouté par d'autres, n'a donc pas eu lieu. Le tiercé de la législature sortante : FLN, Rassemblement national démocratique (RND) et Frères musulmans a été reconduit. Dans le même ordre. Toutefois, la prochaine législature ne ressemblera pas à la précédente. Si le FLN devrait hériter du poste de Premier ministre, son bureau politique a décidé de confier le perchoir à la première force de l'opposition, l'AAV. Tête de liste à Alger, le Frère musulman Amar Ghoul, actuel ministre des Travaux publics, devrait donc succéder à Abdelaziz Ziari.

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