C'est Joyce Banda qui a succédé au président Mutharika, décédé le 6 avril. Portrait.
« Comment une vendeuse de beignets pourrait-elle devenir présidente ? » Cette phrase méprisante, prononcée il y a quelques mois par l'ex-première dame du Malawi, en dit long sur les embûches qu'a rencontrées Joyce Banda sur son chemin. Elles ne l'ont pas empêchée de devenir, le 7 avril, la deuxième femme chef d'État du continent.
À la différence de la présidente du Liberia, Ellen Johnson-Sirleaf, Joyce Banda, 62 ans, n'a certes pas eu à mener de bataille électorale. Mais prendre la succession de Bingu wa Mutharika, décédé le 6 avril, n'a pas été simple. Vice-présidente depuis 2009, elle avait été exclue du parti présidentiel l'année suivante pour s'être opposée à un projet de dévolution du pouvoir au frère du chef de l'État - une prise de position qui avait renforcé la popularité de cette femme, militante féministe, divorcée puis remariée, et plusieurs fois ministre entre 2004 et 2009. Pendant ce temps, le régime était confronté à une grave crise économique et débutait sa lente dérive dictatoriale - dérive qui a culminé, en juillet 2011, avec la répression d'une manifestation antigouvernementale (19 morts).
Féroce
Devenue une figure de proue de l'opposition, Joyce Banda a enduré quantité de provocations et de moqueries ainsi qu'une résistance féroce des apparatchiks du régime, y compris après la mort de leur chef. Ils ont en effet mis deux jours avant de rendre publique la nouvelle. Le temps, semble-t-il, de mettre au point un scénario pour écarter la vice-présidente. En vain.
Joyce banda ne s'y est pas trompée. Dès sa première journée à la tête de l'État, elle a révoqué le ministre de l'Information, qui avait tenté de lui faire barrage, et le chef de la police, tenu pour responsable des violences contre l'opposition. Elle devra s'atteler tout aussi rapidement à redresser le pays pour emporter l'adhésion des Malawites : la prochaine présidentielle doit avoir lieu en 2014.

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