Le nouveau président de l'Assemblée congolaise, Aubin Minaku, a été élu lors d'un vote boycotté par l'opposition. Qui est bien décidée à lui rendre la tâche très difficile...
« La prochaine session parlementaire donnera le ton, elle indiquera si la crise avec le pouvoir s'aggravera ou si une décrispation peut être envisagée », expliquait Samy Badibanga, de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), début avril. La réponse est venue, le 12 du même mois, avec l'élection d'Aubin Minaku (46 ans) à la présidence de l'Assemblée nationale congolaise. Seul candidat en lice, l'ancien secrétaire général de la Majorité présidentielle (MP) et député dans le Bandundu (Ouest) depuis 2006 a obtenu 343 voix sur 349 votants, soit une confortable majorité.
Problème : l'opposition, qui revendique environ 120 députés, notamment emmenée par l'UDPS d'Étienne Tshisekedi, le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba et l'Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe, n'a pas participé au vote après avoir bruyamment quitté l'hémicycle. La raison : ses candidats officiels pour les postes de deuxième vice-président et de rapporteur adjoint ont été retoqués par le camp présidentiel, en mesure de débaucher des opposants plus malléables. Signalons que manquent toujours à l'appel une bonne vingtaine de députés - sur les 500 sièges à pourvoir. Si on ajoute à cela le divorce consommé au sein même de l'UDPS entre un « président élu », Étienne Tshisekedi, silencieux mais toujours ferme sur sa ligne de boycott des « institutions illégitimes », et les 33 députés qui, eux, ont décidé de siéger à l'Assemblée... nous avons une situation plus que confuse. Comme on pouvait le craindre, en raison d'élections « non crédibles », selon la mission d'observation électorale de l'Union européenne, toutes les institutions sont aujourd'hui fragilisées. Bon orateur et fin connaisseur du personnel politique, Aubin Minaku saura-t-il ramener un peu de sérénité ? Son passé aux côtés et au service d'Augustin Katumba Mwanke ne plaide pas en sa faveur. Mais le fait qu'il soit originaire du Bandundu et son intelligence tactique devraient permettre à ce jeune baron du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) de renouer quelques fils du dialogue...
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Par Philippe Perdrix et Aimée Nseya


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