Extension Factory Builder
01/05/2012 à 12h:29
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Ancien de BGFI Bank, Serge Mickoto a été nommé à la tête du fonds en janvier 2011. Ancien de BGFI Bank, Serge Mickoto a été nommé à la tête du fonds en janvier 2011. © Vincent Fournier/J.A.

Directeur général du Fonds gabonais d'investissements stratégiques, Serge Mickoto pilote la diversification de l'économie nationale. Le FGIS doit rapporter plus de 500 milliards de F CFA à l'État d'ici à cinq ans.

L'homme est didactique et aime la précision. Il tient d'emblée à clarifier la distinction entre le Fonds gabonais d'investissements stratégiques (FGIS), qu'il dirige, et le Fonds souverain de la République gabonaise (FSRG), autrefois dénommé Fonds souverain pour les générations futures. « Le premier, établissement public à caractère industriel et commercial, a la double charge de gérer les participations de l'État et d'être le gestionnaire exclusif des ressources du second », explique-t-il.

Autrement dit, la mission de Serge Mickoto à la tête du FGIS est de rentabiliser via des placements stratégiques les ressources que l'État gabonais verse annuellement au FSRG et qui proviennent notamment des recettes pétrolières (environ 10 %). Autant dire que cet ancien directeur financier de BGFI Bank, premier groupe bancaire d'Afrique centrale, est l'une des personnes clés de la stratégie de diversification de l'économie gabonaise initiée par le président Ali Bongo Ondimba (ABO).

L'expérience équato-guinéenne

Présenté par certains de ses anciens collaborateurs comme un habile négociateur et un bon gestionnaire, Serge Mickoto, 47 ans, s'est illustré au sein de BGFI Bank comme le redresseur de la filiale équato-­guinéenne du groupe. En 2006, soit quatre ans après son ouverture, BGFI Guinée équatoriale peine à décoller. Mickoto y est alors affecté. Il y ouvre de nouvelles agences, y déploie la monétique - une première dans le pays - et, surtout, parvient à arracher à la concurrence quelques gros clients comme Bouygues Construction.

En 2010, lorsque cet expert-comptable de formation est rappelé au Gabon, la filiale équato-guinéenne est devenue l'une des plus rentables du groupe bancaire dirigé par Henri-Claude Oyima. À peine Serge Mickoto a-t-il rejoint le siège du groupe, à Libreville, qu'ABO lui confie la direction du FGIS, dont la création est annoncée en 2011.

Il s'agit pour le Gabon de développer de nouvelles filières capables de générer suffisamment de revenus pour se substituer à ceux tirés du pétrole. La production de brut du pays est en effet en baisse depuis quelques années, passant de 370 000 barils par jour au milieu des années 1990 à environ 250 000 actuellement. De plus, l'exploration en mer profonde n'a pour l'heure donné aucun résultat concret.

Un défi pour le Gabon

Sur le papier, le projet du FGIS est bien ficelé. Mais l'idée n'est pas nouvelle. Le Fonds souverain pour les générations futures, qui existait déjà, n'a jamais été vraiment opérationnel... Le Gabon fera-t-il mieux cette fois-ci ? Serge Mickoto se veut rassurant. Il estime même qu'au terme des cinq prochaines années le FGIS devrait générer, à travers ses différents placements, environ 500 milliards de F CFA (762 millions d'euros). Le seuil à partir duquel, selon les règles établies, il pourra reverser 75 % de ces revenus au budget de l'État.

Pour atteindre cet objectif, le FGIS multiplie, souvent discrètement, les investissements. « Nous investissons aussi bien au Gabon qu'à l'étranger, dans des entreprises naissantes ou établies, dans les infrastructures, les mines, la gestion portuaire... Bref, dans les secteurs clés identifiés par la politique d'émergence du président. L'objectif est de diversifier le portefeuille et de lisser l'épargne intergénérationnelle », indique Serge Mickoto. Au total, le FGIS détient des participations dans une cinquantaine d'entreprises. Il est ainsi le principal actionnaire du projet d'hôtellerie de luxe que développe l'État avec le singapourien Aman Resorts, pour un investissement d'au moins 70 millions de dollars (52,5 millions d'euros) sur cinq ans. À travers cette démarche, le Gabon entend se positionner sur le créneau de l'écotourisme et attirer quelque 100 000 visiteurs par an à l'horizon 2020. 

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Gabon

Top chefs : cuisiniers hors pair pour présidents africains

Top chefs : cuisiniers hors pair pour présidents africains

D'eux, on sait peu de chose. La discrétion fait partie du contrat... Question de sécurité. Leur rôle, pourtant, est essentiel. Rencontre avec ces cuisiniers hors pair qui s'activent derriè[...]

Football : le Gabonais Efong Nzolo, "arbitre de l'année" en Belgique pour la quatrième fois

Les joueurs de première division belge de football ont élu Jérôme Efong Nzolo meilleur arbitre de l’année 2013. Une quatrième récompense du genre qui hisse le Belgo-Gabonais[...]

Gabon : libération de six militants associatifs proches de l'opposition

Six militants d'une association gabonaise proche de l'opposition, arrêtés samedi lors d'une manifestation différente de celle organisée par le pouvoir pour dénoncer les crimes rituels au Gabon,[...]

Gabon : trois opposants arrêtés après une manifestation contre les crimes rituels

Trois militants de la société civile proches de l'opposition ont été arrêtés samedi lors d'une manifestation différente de celle organisée par le pouvoir pour[...]

Bourgi, Ouattara, Bongo Ondimba..., les aventures françafricaines de Claude Guéant

Comme Nicolas Sarkozy, Claude Guéant s'est reconverti dans les affaires. L'ancien secrétaire général de l'Élysée a fondé un cabinet d'avocats très familial et très[...]

Laurent Fabius : "Au Mali, nous avons gagné la guerre. Reste à gagner la paix"

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, fait le tour d'un continent qu'il découvre avec passion. De Tunis à Bangui et du Sahara aux Grands Lacs en passant par[...]

Mystérieux iboga

En février dernier, le responsable de séances d'initiation au bwiti, un rite gabonais utilisant l'iboga, était interpellé à Orly pour dérive sectaire. Parallèlement, des toxicomanes[...]

Les 25 femmes les plus influentes du business en Afrique

Poids économique ou financier, importance des réseaux... "Jeune Afrique" dresse la liste des femmes qui comptent dans le monde des affaires en Afrique francophone. Qu'elles soient ministres ou[...]

Les cadeaux des Africains à Obama

De la sculpture d'Ali Bongo Ondimba à 52 695 dollars au tapis traditionnel à 900 dollars de Béji Caïd Essebsi, retour sur les cadeaux qu'a reçus le président Obama en 2011 de la part de ses[...]

Le Gabon change-t-il vraiment ?

Ali Bongo Odimba, le chef de l'État gabonais arrive à mi-parcours de son septennat. Bilan. Sommaire Édito : L'art et la critique L'émergence du Brésil à Libreville [...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers