Extension Factory Builder
12/04/2012 à 11:47
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Les Européens ont notamment réduit leurs contributions au développement suite à la crise économ Les Européens ont notamment réduit leurs contributions au développement suite à la crise économ © AFP

En pleine cure d'austérité budgétaire, les pays du Nord ont réduit leurs financements en faveur du développement en 2011. Reniant ainsi toutes leurs promesses.

Les économistes jugeaient la baisse de l'aide publique au développement (APD) inévitable en raison de la crise économique, les responsables politiques assuraient qu'ils tiendraient bon. Les chiffres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publiés le 4 avril, ont donné raison aux premiers. En 2011, l'APD a atteint 133,5 milliards de dollars (102,1 milliards d'euros), soit une diminution en valeur réelle de 2,7 % (aux prix et taux de change de 2010) et en volume de 3,4 milliards de dollars par rapport à l'année précédente.

Ce premier fléchissement depuis 1997 intervient après une progression de 63 % entre 2000 et 2010. La raison est d'une logique implacable : les pays du Nord, notamment européens, ont entamé une cure d'austérité budgétaire. « J'applaudis les États qui tiennent leurs engagements malgré leurs sévères plans de consolidation fiscale. Ils montrent que la crise ne devrait pas être utilisée comme une excuse pour réduire les contributions au développement », a lancé Angel Gurria, le secrétaire général de l'OCDE.

Levier secondaire

Problème : ces bons élèves sont minoritaires (voir carte), et l'objectif des 0,7 % de la richesse nationale consacrés à l'aide s'éloigne encore un peu plus, contrairement aux engagements pris lors du sommet du G8 de Gleneagles, en 2005. « Au rythme actuel, les 0,7 % seront atteints dans cinquante ans ! » ironise Sébastien Fourmy, de l'ONG Oxfam.

Cliquez sur la carte pour l'agrandir.


Même à l'égard de l'Afrique, les donateurs sont moins généreux. L'aide bilatérale s'est élevée à 28 milliards de dollars pour la partie subsaharienne (- 0,9%), et seuls les soutiens financiers débloqués en urgence pour accompagner le Printemps arabe ont permis de dépasser les 31 milliards. C'est moins que les investissements étrangers et les transferts des migrants. Autrement dit, l'APD est devenue un levier secondaire au développement.

C'est le premier fléchissement depuis 1997, après une progression de 63% entre 2000 et 2010.

« Il est sain que les apports de capitaux privés aient pris le dessus, mais il serait criminel de dire que l'on peut se passer de l'aide, puisque l'Afrique doit mobiliser des dizaines de milliards de dollars pour ses infrastructures, explique le banquier franco-béninois Lionel Zinsou, patron du fonds d'investissement PAI Partners. Comme les pays de l'OCDE en ont au moins pour cinq années d'ajustement, l'Afrique doit chercher d'autres mécanismes de financement en sollicitant les marchés financiers et les nations émergentes qui regorgent d'épargne. » Reste qu'en se montrant moins généreux, c'est aussi un peu de leur influence que les pays riches vont perdre.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

International

États-Unis : le couple Obama parle de son expérience du racisme

États-Unis : le couple Obama parle de son expérience du racisme

Dans un entretien publié mercredi sur le site du magazine "People", le président américain, Barack Obama, et son épouse, ont révélé quelques actes de racisme ordinaire don[...]

États-Unis : 70 ans après son exécution, un Africain-Américain de 14 ans innocenté

Une juge de Caroline du Sud vient d'annuler la condamnation à mort de George Stinney, un afro-américain de 14 ans exécuté le 16 juin 1944 dans une prison de Columbia pour le meurtre supposé de[...]

Irak : gros revers pour l'État islamique

Plusieurs chefs du groupe État islamique en Irak ont été tués récemment dans des frappes aériennes américaines dans le nord de l'Irak, où des combattants kurdes ont[...]

Diaspora : Consuelo Cruz Arboleda, Africaine-Sud-Américaine

Depuis presque dix ans, cette Colombienne installée à Madrid coordonne le groupe afro-socialiste au sein du Parti socialiste ouvrier espagnol.[...]

États-Unis : torture sans limites pendant la présidence de George W. Bush

Durant la présidence de George W. Bush, sous couvert de guerre contre le terrorisme, la CIA a eu recours à la torture. Avec une cruauté sans bornes, selon un rapport accablant du Sénat[...]

Benjamin Stora : "La France peine à se voir comme une nation construite par ses migrants"

Entretien avec le patron de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, l'historien français Benjamin Stora.[...]

Oubliez le McDo, à Paris, les fast-foods africains passent à l'offensive !

En quelques années, le marché de la restauration rapide en France a vu venir de nouveaux acteurs, les fast-foods africains. Malgré la frilosité des banques à les aider, certains ont réussi[...]

Démocratie et torture

Très mauvaise fin d'année pour le dogme selon lequel "la démocratie est le stade suprême du développement politique". On nous a tant de fois assuré que c'est le[...]

États-Unis : Hillary Clinton, future présidente ?

L'épouse de Bill Clinton n'est pas encore candidate à la présidentielle de 2016, mais nul doute qu'elle le sera bientôt. Sera-t-elle la première femme à accéder à la[...]

Algérie : au Val-de-Grâce, un Bouteflika peut-il en cacher un autre ?

La santé d'Abdelaziz Bouteflika a une nouvelle fois fait parler d'elle mardi. Selon des médias algériens, le président algérien aurait été hospitalisé une nouvelle fois au[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers