Extension Factory Builder
19/04/2012 à 17:45
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Son fonds d'investissement détient des gisements au Liberia, en Zambie, au Botswana et au Ghana. Son fonds d'investissement détient des gisements au Liberia, en Zambie, au Botswana et au Ghana. © Jonah Capital

Très écouté sur le continent, l'ancien président d'AngloGold Ashanti assiste les États dans la réforme de leur code minier et milite pour l'africanisation des multinationales.

À l'heure où nombre d'États africains révisent leur code minier, Sam Jonah, 62 ans, est très consulté. Celui que Kalaa Mpinga, patron de Mwana Africa, surnomme « le pionnier africain des mines » fréquente assidûment les milieux politiques ghanéen et sud-africain. Proche des anciens présidents John Kufuor et Thabo Mbeki, il invite les États à s'imposer face aux groupes miniers. « Le Ghana produit de l'or depuis près de un siècle... Et en dépit de cela, les mines pèsent moins de 2 % dans l'économie nationale. Ce n'est pas acceptable ! » affirme-t-il.

Véritable référence dans la profession, le « sage » est écouté pour la force de son discours et son parcours exemplaire. Natif d'Obuasi et géologue de formation, Sam Jonah a gravi tous les échelons d'Ashanti Goldfields, dont il est devenu le président en 1986. Faisant passer la production de la société de 240 000 à 1,6 million d'onces d'or par an, il a été l'un des principaux artisans de la fusion qui a abouti à la création, en 2004, d'AngloGold Ashanti, premier groupe aurifère du continent.

Profil

Né en 1949 à Obuasi (Ghana)

Diplômé de la Camborne School of Mines et de l'Imperial College (Royaume-Uni)

Président d'Ashanti Goldfields à partir de 1986, puis d'AngloGold Ashanti de 2004 à 2006

Fondateur du fonds d'investissement Jonah Capital

Recteur de l'université de Cape Coast (Ghana)

Il a par la suite dirigé Uramin (uranium, en Centrafrique et en Namibie) et Moto Goldmines (or, en RD Congo), avant de les revendre - l'un à Areva, l'autre à Randgold. Les polémiques sur le prix élevé (1,8 milliard d'euros) payé par le groupe nucléaire français, en 2007, pour acquérir Uramin le laissent de marbre. L'opération était un « coup » qui témoigne, selon lui, de sa capacité à vendre au bon moment : quand les cours - des minerais et de la société - sont au plus haut.

Pour que les Africains réussissent à tirer des mines le maximum de bénéfices, Sam Jonah a son idée : « Il faut suivre l'exemple de ce qu'ont fait le Nigeria et l'Angola dans le pétrole. Ils ont obligé les groupes internationaux à ouvrir largement le capital de leurs filiales locales aux investisseurs du pays, mais aussi à recourir à des sous-traitants nationaux. »

Transparence

Sir Jonah - il a été fait chevalier par Élisabeth II en 2003 - conseille toutefois d'agir avec délicatesse et transparence. « Il faut que les codes miniers soient complets, c'est-à-dire qu'ils couvrent tous les volets, de l'extraction de minerais jusqu'aux taxes et à l'environnement, rappelle-t-il. Mais en même temps, il faut laisser la place à une part de flexibilité et de dialogue entre l'État et les entreprises pour ajuster les choses en cas de fluctuation importante des cours. »

Il faut suivre l'exemple de ce qu'ont fait le Nigeria et l'Angola dans le pétrole.

Sam Jonah, qui a aussi la casquette de recteur de l'université de Cape Coast (sud du Ghana), prône enfin l'africanisation des cadres des multinationales. « Quand j'étais président d'AngloGold Ashanti, nous avions réussi à faire émerger des responsables africains de haut niveau. Mais aujourd'hui, ils restent encore ultraminoritaires. Avec l'essor minier, on observe un retour en force des expatriés face au manque de compétences locales », constate-t-il. Pour avancer sur ce sujet, il multiplie les interventions auprès d'étudiants, dans les universités ghanéennes, sud-africaines mais aussi britanniques. Il prêche également la bonne parole au sein des conseils d'administration de multinationales auxquels il participe, chez Vodafone et Standard Bank.

Désormais à la tête de Jonah Capital, un fonds d'investissement présent dans les mines, l'immobilier et l'agriculture, le Ghanéen reste un homme d'affaires actif : « Depuis 2006, je me positionne d'abord comme investisseur et non plus comme un opérationnel. » Son groupe détient un portefeuille de gisements en exploration au Liberia (fer), en Zambie (cuivre), au Botswana (charbon) et bien sûr au Ghana (or). De quoi préparer un prochain grand « coup » ? 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Ghana

CAN 2015 : L'Algérie et le Ghana arrachent leur ticket pour les quarts

CAN 2015 : L'Algérie et le Ghana arrachent leur ticket pour les quarts

L'Algérie, très vite devant au score face au Sénégal, n'a jamais tremblé et assume son statut de favori grâce à son succès (2-0). Les Sénégalais d'Alain Giresse,[...]

CAN 2015 : le Ghana renverse l'Algérie au bout du temps additionnel !

Dans un match fermé, les Black Stars ont surpris l'Algérie à la dernière seconde grâce à leur attaquant vedette Asamoah Gyan. Grâce à ce succès, le Ghana passe devant[...]

Foot : avant son exploit avec le Congo, les sept CAN de Claude Le Roy

Avec le Congo, Claude Le Roy dispute en Guinée équatoriale (17 janvier-8 février) sa huitième phase finale, un record. Le technicien français, champion d’Afrique en 1988 avec le Cameroun,[...]

CAN 2015 : Le Sénégal est renversant !

Les Lions de la Teranga ont battu le Ghana dans le premier choc du groupe C grâce à un but de Moussa Sow à la dernière seconde de jeu (2-1). Un succès mérité pour des[...]

CAN 2015 : Algérie, Cameroun, Ghana, Sénégal... 4 favoris vus par 4 spécialistes

Alors que la CAN a débuté samedi 17 janvier, "Jeune Afrique" a demandé à quatre spécialistes du football africain de livrer le nom de leur favori pour la compétition. En[...]

Football : y a-t-il un favori pour la CAN 2015 ?

La CAN 2015 est sûrement l'une des éditions les plus ouvertes de ces dernières années. Le tenant du titre, le Nigeria, n'est même pas qualifié, et depuis la domination égyptienne[...]

Architecture : David Adjaye, des murs qui rassemblent

Ce Britannique d'origine ghanéenne compte parmi les créateurs les plus influents de sa génération. Il est notamment le concepteur du futur Musée de l'histoire et de la culture[...]

Cyrille Nkontchou : "Le bilan boursier pour 2014 est plutôt positif"

 Selon les statistiques fournies à "Jeune Afrique" par Enko Capital, 2014 aura connu vingt introductions en Bourse d'entreprises africaines. Un bon chiffre, mais beaucoup de choses restent à faire,[...]

Comment Unilever veut reconquérir l'Afrique de l'Ouest

Secoué sur les marchés très concurrentiels du continent, le géant anglo-néerlandais souhaite renforcer ses positions. Sa stratégie pour rester sur le devant de la scène ?[...]

Classement 2014 : Algérie, Tunisie et Sénégal au sommet des sélections africaines de foot

Après l’Égypte (2010), la Côte d’Ivoire (2011), la Zambie (2012) et le Nigeria (2013), l’Algérie, huitième de finaliste de la Coupe du monde et facilement qualifiée pour[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces