Extension Factory Builder
21/03/2012 à 13:08
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le nouveau patron du CDP, Assimi Kouanda. Le nouveau patron du CDP, Assimi Kouanda. © D.R.

Le président du Burkina Faso Blaise Compaoré a placé son directeur de cabinet à la tête du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le 4 mars. Signe d'une reprise en main de son parti avant les élections locales, en novembre prochain.

C'est le choix de la confiance et de la fidélité. En plaçant son directeur de cabinet, Assimi Kouanda, à la tête du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, au pouvoir), le 4 mars, le chef de l'État burkinabè reprend en main un parti confronté à de vives dissensions internes à l'approche des élections locales de la fin de l'année et à l'aube d'une éventuelle mais délicate révision constitutionnelle.

Blaise Compaoré manifeste clairement son désir d'injecter du sang neuf à la tête de son parti. Ainsi, le bureau exécutif du CDP compte désormais 14 femmes sur un total de 38 membres, et un bon nombre de quadras. Il y a aussi placé son frère cadet et influent conseiller, François Compaoré, au poste de secrétaire chargé du mouvement associatif. Les traditionnels poids lourds du parti, comme Arsène Bongnessan Yé, ministre des Réformes politiques et des Relations avec le Parlement, Ernest Paramanga Yonli, ancien Premier ministre, et Roch Marc Christian Kaboré, président de l'Assemblée nationale, sont en revanche relégués au rang de conseillers politiques. Les deux premiers avaient pourtant été pressentis pour prendre la direction du parti, jusque-là occupée par Kaboré.

Sentinelle

Homme de l'ombre, Assimi Kouanda, 55 ans, est un vieux compagnon de la révolution burkinabè. Il a fréquenté l'université Panthéon-Sorbonne, à Paris, où il a obtenu un doctorat de troisième cycle en histoire. Quand Thomas Sankara arrive au pouvoir, en août 1983, Assimi Kouanda devient l'un des animateurs de la coordination des Comités de défense de la révolution (inter-CDR). Une sorte de sentinelle face aux courants « déviationnistes et contre-révolutionnaires ».

Un an plus tard, il intègre l'université de Ouagadougou comme assistant au département d'histoire et d'archéologie, dont il devient bientôt le chef, avant d'être nommé vice-doyen des affaires académiques à la faculté des langues, des lettres, des arts, des sciences humaines et sociales. Maire de l'arrondissement de Nongr-Maasom, à Ouagadougou, de 1989 à 1991, il sera conseiller municipal de la ville de Ouagadougou de 1995 à 2000, date à laquelle il est nommé ambassadeur du Burkina à Rabat, au Maroc. En 2004, Compaoré le rappelle auprès de lui et en fait son directeur de cabinet, avec rang de ministre. Il lui confie la direction de sa campagne présidentielle en 2010. Au sein du CDP, il était jusqu'alors secrétaire général adjoint.

Cet homme de l'ombre a été préféré aux traditionnels poids lourds du parti présidentiel.

Islamologue reconnu, Assimi Kouanda a publié des ouvrages et des communications sur l'Afrique et le monde arabe. Musulman lui-même, il a ses entrées auprès des leaders de la communauté religieuse, un atout non négligeable pour le chef de l'État, qui est chrétien.

Le nouveau patron du CDP va devoir redonner confiance aux militants, renforcer la cohésion au sein du parti, et il aura la lourde charge d'élaborer la stratégie pour les élections législatives et municipales, prévues en novembre. Une de ses premières tâches sera de mettre en place un système de nomination des candidats juste et transparent. « Les prétendants sont nombreux et les places malheureusement limitées », confie Roch Marc Christian Kaboré. À Kouanda de réaliser le bon dosage entre vieux cadres et jeunes loups.

Le CDP et ses alliés totalisent aujourd'hui plus de 80 % des sièges à l'Assemblée nationale. Pas sûr que le parti au pouvoir réussisse à conserver une telle suprématie, alors qu'il doit faire face à une opposition revigorée par les troubles politiques et sociaux de 2011.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Burkina Faso

Papas présidents !

C'est reparti. La plupart de nos dirigeants, bien ou mal élus, malgré de longues années de pouvoir, se sont illustrés par leur impéritie. Ils n'ont pas réussi à nous faire m[...]

Burkina Faso : Compaoré - Kaboré, chronique d'un divorce annoncé

Entre Blaise Compaoré et Roch Marc Christian Kaboré, rien ne va plus. Comment en sont-ils arrivés là ?[...]

Crise politique au Burkina Faso : Alassane Ouattara prend les choses en main

Le chef de l'État ivoirien, Alassane Ouattara, est désormais impliqué en personne dans les tentavies de trouver une solution à la crise politique au Burkina Faso. Il a reçu à Abidjan les[...]

Burkina Faso : Zongo et Sankara, les fantômes chahuteurs de Compaoré

Au moment où le régime du président burkinabè, Blaise Compaoré, est fragilisé, deux assassinats officiellement non élucidés remontent à la surface : ceux de Thomas[...]

Les enfants mineurs, victimes de la ruée vers l'or au Burkina Faso

Au Burkina Faso, entre un demi-million et 700 000 adolescents ou pré-adolescents travailleraient dans le secteur minier et risquent quotidiennement leur vie pour trouver de l'or, principal produit d'exportation du pays.[...]

"Une nuit à la présidence" : il était une fois en Afrique, dans la République démocratique populaire...

Rire pour s’insurger. Présidents africains, Premières dames, hommes d’affaires occidentaux, FMI, Banque mondiale en prennent tour à tour pour leur grade dans "Une nuit à la[...]

Burkina Faso : Sankara, es-tu là ?

Est-ce bien l'ancien président Thomas Sankara, assassiné en 1987, qui a été inhumé à Ouagadougou ? Sa famille a saisi la justice. Et attend toujours les réponses.[...]

High Tech : le top 10 des innovations africaines

Dans les domaines de la santé, de la téléphonie mobile, de l'agriculture ou du développement durable, le continent sait être à pointe de la modernité lui aussi. On fait le point[...]

Sécurité aérienne : l'armée française inquiète l'Asecna

La multiplication des vols militaires français en Afrique n'est pas du goût de l'Asecna. En cause : un sérieux manque de transparence.[...]

Burkina Faso : qui a peur de la tombe de Thomas Sankara ?

Le 2 avril prochain, le tribunal de grande instance de Ouagadougou se prononcera sur la demande d'identification du corps qui se trouve dans la tombe supposée de l'ancien président burkinabè Thomas Sankara.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers