Extension Factory Builder
16/03/2012 à 16:34
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
L'image a choqué : Jan Brewer, gouverneure de l'Arizona, s'adressant au président Obama. L'image a choqué : Jan Brewer, gouverneure de l'Arizona, s'adressant au président Obama. © Haraz N.Ghanbari/SIPA

Face à Obama, en 2008, les républicains avaient baissé d'un ton. Mais, en cette nouvelle campagne présidentielle, les vieux réflexes résurgissent.

Avec l'élection de Barack Obama, journalistes et commentateurs s'étaient pris à rêver d'une société américaine enfin débarrassée de ses vieux démons racistes. Las, il suffit de suivre la primaire républicaine pour se convaincre du contraire : le dog whistling, ce message codé à connotation raciste, a fait son grand retour.

À ce petit jeu, Newt Gingrich excelle. Le candidat ultraconservateur n'a pas hésité à qualifier Obama de « food stamp president », faisant ainsi allusion aux bons alimentaires octroyés aux familles noires les plus modestes. En un mot, c'est parce qu'il est lui-même noir qu'Obama serait le président de l'assistanat. « La communauté africaine-américaine devrait demander des feuilles de paie, pas des aides sociales », a asséné l'ancien président de la Chambre des représentants, qui a également proposé que les enfants noirs soient employés comme gardiens dans leurs écoles afin de ne pas basculer dans la délinquance. Tout en finesse lui aussi, un autre candidat républicain, Rick Santorum, a promis qu'il « n'améliorerai[t] pas la vie des Noirs en leur donnant l'argent des autres ».

Doigt pointé

Même Barack Obama n'échappe plus à des attaques personnelles. Rush Limbaugh, présentateur vedette de la radio, y est allé de son couplet. À l'instar de beaucoup de Noirs, a-t-il dit, les Obama se comportent comme si l'Amérique leur devait quelque chose « en raison des préjugés raciaux dont leurs ancêtres ont souffert ». Mais c'est sans doute une photo datant du 25 janvier où Jan Brewer, la gouverneure républicaine de l'Arizona, accueille Barack Obama sur le tarmac de l'aéroport de Phoenix qui a le plus choqué les Américains. Le doigt pointé vers le président, elle semble admonester un petit garçon. « Pour la communauté africaine-américaine, cela fait resurgir le mauvais souvenir du paternalisme blanc », explique le célèbre révérend noir Al Sharpton.

« Cette élection présidentielle sera sans doute plus marquée que jamais par les questions raciales, note Jeffrey Goldberg, éditorialiste à The Atlantic. En 2008, le candidat républicain John McCain avait refusé de se livrer à ce type d'attaques. Mais les candidats de 2012 sont décomplexés. Ils procèdent par insinuations, et utilisent un racisme rampant pour convaincre les catégories sociales les plus conservatrices. »

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

International

Massacre de Sétif en Algérie : premier hommage d'un ministre français 70 ans après

Massacre de Sétif en Algérie : premier hommage d'un ministre français 70 ans après

Le secrétaire d'Etat français chargé des Anciens combattants, Jean-Marc Todeschini, a rendu dimanche un hommage aux victimes algériennes de Sétif, 70 ans après le massacre qui a fait de[...]

Naufrage de migrants en Méditerranée : hécatombe de 700 morts redoutée

Le naufrage d'un chalutier chargé de migrants au large de la Libye dans la nuit de samedi à dimanche fait redouter une véritable "hécatombe" en Méditerranée avec quelque 700[...]

Jusqu'à 700 morts redoutés après le naufrage d'un bateau de migrants en Méditerranée

Le naufrage d'un chalutier chargé de migrants au large des côtes libyennes pourrait avoir fait jusqu'à 700 morts, a annoncé dimanche le Haut-commissariat aux Nations unies pour les[...]

Immigration clandestine : Obama et Renzi insistent sur une solution en Libye

La crise tragique de l'immigration clandestine en Méditerranée ne pourra être résolue sans stabilisation de la situation en Libye, ont martelé jeudi Matteo Renzi et Barack Obama, soulignant que[...]

Énergie : à Paris, des maires africains se mobilisent pour l'électrifrication du continent

Une vingtaine de maires francophones de grandes villes africaines se sont réunis vendredi à Paris, à l'initiative de Jean-Louis Borloo et de Anne Hidalgo, maire de la capitale française, pour mettre en[...]

Fifa : Figo, Hayatou et les lusophones

L'Afrique unie derrière Issa Hayatou, l'inamovible patron de la CAF, pour voter comme un seul homme pour Sepp Blatter, l'inamovible patron de la Fifa ? Voire...[...]

Baisers amers d'Istanbul

Istanbul. Printemps 2015. J'ai vu la ville aux mille mosquées penchée sur le Bosphore au milieu de ses splendeurs ottomanes.[...]

Cambodge : 17 avril 1975, le cauchemar commence

Il y a tout juste quarante ans, Phnom Penh tombait entre les mains des soldats de Pol Pot et était aussitôt évacué par la force. Jusqu'en 1979, le régime khmer rouge allait faire[...]

Peinture : l'Ivoirien Ouattara Watts, au-delà de Basquiat

L'artiste ivoirien Ouattara Watts expose jusqu'au 5 mai à Paris. L'occasion de revenir sur l'œuvre de celui qui fréquenta le génie de l'art contemporain Basquiat à la fin de sa vie.[...]

Méditerranée : des migrants musulmans accusés d'avoir jeté douze chrétiens à la mer

Un drame mêlant religion et immigration s’est produit mercredi en Méditerranée. Douze Chrétiens auraient été jetés par-dessus bord après une altercation avec des[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/JA2670p019.xml0 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/JA2670p019.xml0 from 172.16.0.100