L'image a choqué : Jan Brewer, gouverneure de l'Arizona, s'adressant au président Obama.
© Haraz N.Ghanbari/SIPA
Face à Obama, en 2008, les républicains avaient baissé d'un ton. Mais, en cette nouvelle campagne présidentielle, les vieux réflexes résurgissent.
Avec l'élection de Barack Obama, journalistes et commentateurs s'étaient pris à rêver d'une société américaine enfin débarrassée de ses vieux démons racistes. Las, il suffit de suivre la primaire républicaine pour se convaincre du contraire : le dog whistling, ce message codé à connotation raciste, a fait son grand retour.
À ce petit jeu, Newt Gingrich excelle. Le candidat ultraconservateur n'a pas hésité à qualifier Obama de « food stamp president », faisant ainsi allusion aux bons alimentaires octroyés aux familles noires les plus modestes. En un mot, c'est parce qu'il est lui-même noir qu'Obama serait le président de l'assistanat. « La communauté africaine-américaine devrait demander des feuilles de paie, pas des aides sociales », a asséné l'ancien président de la Chambre des représentants, qui a également proposé que les enfants noirs soient employés comme gardiens dans leurs écoles afin de ne pas basculer dans la délinquance. Tout en finesse lui aussi, un autre candidat républicain, Rick Santorum, a promis qu'il « n'améliorerai[t] pas la vie des Noirs en leur donnant l'argent des autres ».
Doigt pointé
Même Barack Obama n'échappe plus à des attaques personnelles. Rush Limbaugh, présentateur vedette de la radio, y est allé de son couplet. À l'instar de beaucoup de Noirs, a-t-il dit, les Obama se comportent comme si l'Amérique leur devait quelque chose « en raison des préjugés raciaux dont leurs ancêtres ont souffert ». Mais c'est sans doute une photo datant du 25 janvier où Jan Brewer, la gouverneure républicaine de l'Arizona, accueille Barack Obama sur le tarmac de l'aéroport de Phoenix qui a le plus choqué les Américains. Le doigt pointé vers le président, elle semble admonester un petit garçon. « Pour la communauté africaine-américaine, cela fait resurgir le mauvais souvenir du paternalisme blanc », explique le célèbre révérend noir Al Sharpton.
« Cette élection présidentielle sera sans doute plus marquée que jamais par les questions raciales, note Jeffrey Goldberg, éditorialiste à The Atlantic. En 2008, le candidat républicain John McCain avait refusé de se livrer à ce type d'attaques. Mais les candidats de 2012 sont décomplexés. Ils procèdent par insinuations, et utilisent un racisme rampant pour convaincre les catégories sociales les plus conservatrices. »

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