Extension Factory Builder
16/03/2012 à 15h:13
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le Premier ministre ivoirien Jeannot Ahoussou Kouadio, aussi ministre de la justice. Le Premier ministre ivoirien Jeannot Ahoussou Kouadio, aussi ministre de la justice. © Thierry Gouegnon/Reuters

En Côte d'Ivoire, la loi va désormais réprimer l'enrichissement illicite des grands commis de l'État. Une petite révolution, après des années d'atermoiements.

Huit ans. C'est le temps qu'il aura fallu pour que les autorités ivoiriennes parviennent à élaborer un texte destiné à prévenir, détecter et sanctionner l'enrichissement illicite des ministres, magistrats ou autres officiers. Après avoir reçu le feu vert des experts, le 3 mars, le garde des Sceaux devrait présenter en Conseil des ministres un projet de loi anticorruption visant les hauts fonctionnaires. Ce sera sans doute l'un des premiers textes sur lesquels se pencheront les députés.

Le projet prévoit la création d'une Agence nationale de lutte contre l'enrichissement illicite (ANLEI), qui jouera le rôle d'une police. « C'est un tournant majeur, se réjouit Méité Sindou, initiateur du texte et secrétaire national à la gouvernance. On était habitués à voir des gens rouler en carrosse et posséder des châteaux quelques semaines seulement après leur nomination sans que cela n'émeuve personne. »

La lutte contre l'enrichissement illicite est un vrai sujet de préoccupation en Côte d'Ivoire, placée 154e sur 182 dans le classement 2011 des pays les plus corrompus au monde établi par Transparency International. En 2004, déjà, un avant-projet avait été préparé par le ministère de la Justice, conformément aux prescriptions de l'accord de Linas-Marcoussis, mais le Parlement l'avait rejeté. En 2008, le garde des Sceaux l'avait réintroduit, en Conseil des ministres. Là aussi sans succès.

Inédit

Aux termes du texte actuel, est considérée comme un enrichissement illicite « l'augmentation substantielle du patrimoine de tout agent public, de toute personne investie d'un mandat électif et de toute autre personne, qui ne peut être raisonnablement justifiée par rapport aux revenus légitimement perçus ». Le principe repose donc sur une déclaration préalable des biens. Des sanctions financières et des peines privatives de liberté sont prévues. « Le mécanisme est inédit, précise Méité Sindou, car il prévoit la dénonciation et la protection des témoins. »

Une loi anticorruption votée en 1977 et le code pénal de 1981 punissaient déjà les comportements indélicats. Mais, de l'avis de Jeannot Ahoussou Kouadio, ministre de la Justice du gouvernement Soro au moment où ces lignes sont écrites, ces textes « se sont avérés inefficaces ». Pour renforcer le dispositif, Méité Sindou compte proposer la création d'une Haute Autorité de lutte contre la corruption, qui travaillerait avec des juges spécialisés et serait placée sous l'autorité directe du président.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Côte d'Ivoire

Unesco : libres comme l'air avec le passeport universel

Unesco : libres comme l'air avec le passeport universel

Plusieurs personnalités se sont vu remettre, le 23 mai, un passeport universel au siège de l'Unesco, à Paris. Le document n'est reconnu que par un seul État, mais c'est l'idée qui compte : faire [...]

Droits de l'homme : portrait d'une Afrique très contrastée

Du Mali à l’Afrique du Sud, en passant par la Côte d’Ivoire et la RDC, les droits de l’homme ont souffert sur le continent africain en 2012. Mais au-delà de dégradations liées[...]

Côte d'Ivoire : Aïchatou Mindaoudou, une femme d'influence à la tête de l'Onuci

L’ancienne ministre nigérienne, Aïchatou Mindaoudou, a été nommée, samedi 18 mai, représentante spéciale de l’ONU en Côte d’Ivoire. Elle succède au[...]

Top chefs : cuisiniers hors pair pour présidents africains

D'eux, on sait peu de chose. La discrétion fait partie du contrat... Question de sécurité. Leur rôle, pourtant, est essentiel. Rencontre avec ces cuisiniers hors pair qui s'activent[...]

Côte d'Ivoire : arrêté dans l'Ouest, Amadé Ouérémi va être transféré à Abidjan

Arrêté samedi 18 mai dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, le chef de milice Amadé Ouérémi a été emmené à Duékoué. Il doit être[...]

Côte d'Ivoire : Alassane Ouattara face au malaise étudiant

Jeudi 16 mai, le campus de l'université Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan a été le théâtre de violentes bagarres. Lundi, le ministre de l'Enseignement supérieur, Ibrahima[...]

Houphouëtisme : les débris d'un héritage

Alors que les politiciens ivoiriens pensent déjà à la présidentielle 2015, qui fait le plus honneur à la mémoire de Félix Houphouët-Boigny ? Les tiraillements se confirment[...]

Côte d'Ivoire : Guoji construira 10 000 logements sociaux

À l'occasion de la visite de son patron à Abidjan, le groupe chinois Henan Guoji Construction Group vient d'annoncer la construction de 10 000 logements sociaux, soit un investissement de 1 milliard de dollars [...]

Football : traité de singe, Didier Drogba répond aux supporteurs de Fenerbahçe

Dimanche 12 mai, lors du derby opposant leur équipe de Galatasaray à Fenerbahçe, les deux Ivoiriens Didier Drogba et Emmanuel Éboué ont subi de nombreux gestes et insultes racistes de la part des[...]

France - Côte d'Ivoire : Guéant et l'affaire du tableau offert par Ouattara

Claude Guéant, l'ex-ministre français de l'Intérieur et bras droit de Nicolas Sarkozy, a conservé une œuvre offerte en 2011 par le président ivoirien Alassane Ouattara lors d’une[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers