Extension Factory Builder
27/02/2012 à 10:29
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Enfant des rues, l'actrice va désormais régulièrement à l'école. Enfant des rues, l'actrice va désormais régulièrement à l'école. © AFP

Première Africaine à recevoir l'ours d'argent de la meilleure actrice, à Berlin, la congolaise Rachel Mwanza avait connu jusque-là un parcours chaotique.

Un conte de fées comme seul le cinéma sait en offrir ! Abandonnée de ses parents, errant dans les rues de Kinshasa (RDC) il y a encore peu, la souriante et dynamique Rachel Mwanza côtoyait les plus grandes stars du cinéma lors de la 62e édition du Festival international du film de Berlin. Émue et étonnée du choix du jury, la jeune Congolaise s'est vu remettre, le 18 février, l'ours d'argent de la meilleure actrice pour son rôle dans Rebelle, du Québécois Kim Nguyen.

Dans ce long-métrage tourné en RDC et dont la sortie est prévue en mai 2012, l'adolescente « âgée de 15 ans, voire de 14 », affirme Kim Nguyen, interprète Komona, une fillette enrôlée de force par une milice rebelle. Dressée pour tuer, elle doit abattre ses propres parents. Enceinte du commandant des insurgés, l'héroïne finit par rentrer dans son village natal et, sur fond de voix off, raconte son histoire à son enfant à naître. Elle lui parle notamment du Magicien (Serge Kanyinda), un adolescent albinos frappé du même sort qu'elle, devenu son ami et soutien.

Sorcière

Pour son quatrième long-métrage, Kim Nguyen s'est inspiré de faits réels. Après avoir entendu parler, en 2000, d'un enfant-soldat birman de 9 ans qui affirmait être la réincarnation de Dieu et qui avait entraîné une armée à le suivre, le réalisateur a entamé des recherches. Il a alors découvert en Angola l'histoire d'une enfant-sorcière vivant parmi des rebelles. Et s'en est inspiré. Seuls trois acteurs québécois ont participé au film, les autres étant congolais et en majorité non professionnels. Par souci de réalisme, plusieurs scènes ont été réalisées en lingala.

Après ce succès, Rachel Mwanza a affirmé vouloir « être actrice toute [sa] vie ». Pourtant, jusqu'ici, rien ne la prédestinait à une carrière cinématographique. Enfant de la rue, abandonnée par ses parents après leur divorce et leurs départs respectifs pour l'Angola et une province lointaine du Congo, elle a été recueillie par sa grand-mère avec ses six frères et soeurs. Mais très vite, cette dernière lui a demandé de subvenir elle-même à ses besoins. De nouveau seule, l'adolescente s'est retrouvée sous l'emprise d'un caïd. « Ils entretenaient des relations ambiguës, raconte Kim Nguyen. Elle travaillait pour lui, et en échange il lui offrait un refuge. » Le réalisateur se trouvait à Kinshasa en pleines auditions pour recruter des acteurs congolais lorsqu'il a entendu parler de Rachel. « Elle avait été remarquée par des producteurs européens et avait déjà tourné dans un documentaire, explique-t-il. Quand je l'ai vue, j'ai senti qu'elle avait du caractère, et, une fois sur le plateau, elle s'est révélée extraordinaire. C'était assez déconcertant de travailler avec elle, car elle n'avait pas besoin de répétitions, au contraire des acteurs canadiens qui ont toujours l'habitude de répéter avant de tourner. Elle, elle chantait, s'amusait, faisait des grimaces, et au moment où on disait "action !" elle faisait preuve d'une concentration parfaite, sans préparation. »

Après le tournage, l'équipe québécoise a fait en sorte qu'elle puisse mener une vie plus stable. Repartie vivre chez sa grand-mère, l'actrice apprend désormais à lire en français et va régulièrement à l'école. « C'est une sorte de miracle que j'aie été retenue pour ce rôle », s'est exclamée Rachel Mwanza, l'ours d'argent dans les mains. 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

RD Congo

RDC : Lubumbashi en proie à de vives tensions pour l'anniversaire de la sécession katangaise

RDC : Lubumbashi en proie à de vives tensions pour l'anniversaire de la sécession katangaise

La ville de Lubumbashi est sous tension vendredi pour l'anniversaire de la sécession katangaise. Des forces de sécurité ont été déployées en prévention d'une attaque des rebe[...]

Expatriés : les villes africaines toujours plus chères !

Les classements 2014 des cabinets Mercer et ECA International montrent que les villes africaines sont toujours plus chères pour les expatriés. En cause : une dépendance forte vis-à-vis des importations[...]

RDC - Affaire Chebeya : l'épouse du major Mwilambwe échappe de justesse à un enlèvement

L'épouse du major Mwilambwe, dont le témoignage sur la mort de Floribert Chebeya en 2010 met en cause l'ancien chef de la police John Numbi, a été victime d'une tentative d'enlèvement, mardi[...]

Les 5 plus gros dérapages diplomatiques de François Hollande en Afrique

À l'occasion de la minitournée de François Hollande en Afrique mi-juillet, "Jeune Afrique" revient sur les dérapages, contrôlés ou pas, qui ont marqué les interventions[...]

La Cemac entre rebelles, islamistes et pirates

C'est devant une Cemac impuissante que l'État centrafricain s'est effondré. Certes, la Communauté a tenté de s'interposer entre les parties en conflit. Mais pour mieux constater ensuite son[...]

Cyclisme africain : pas de Tour de France, mais un sacré braquet !

On espérait des Sud-Africains et des Érythréens sur les routes du Tour de France. Mais, cette année encore, la compétition est orpheline du continent. Pourtant, l'Afrique est loin d'être[...]

Cemac : l'histoire d'un long accouchement

Surprise ! Le 16 mars 1994 à N'Djamena, au Tchad, l'Union douanière et économique des États de l'Afrique centrale (Udeac) est morte, sans signe avant-coureur. Elle est remplacée, le[...]

Cemac : vingt ans... et des regrets

Gabegie administrative, projets en suspens, scandales financiers et rivalités politiques affaiblissent une organisation régionale dont les membres ne parviennent pas à définir une politique[...]

Voyager dans la zone Cemac : bakchichs, barrages, parano sécuritaire... Le parcours du combattant

Frontières tantôt ouvertes tantôt fermées, Bakchichs, barrages, paranoïa sécuritaire... La traversée des pays membres de la Communauté économique et monétaire[...]

Réseaux sociaux : le classement des villes africaines les plus actives sur Twitter

"Jeune Afrique" a établi un classement d'où il ressort un grand retard dans l'utilisation de Twitter par les villes africaines. Si certaines municipalités se démarquent, la plupart[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces