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02/03/2012 à 12:42
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Rick Santorum après sa victoire à la primaire du Missouri, le 7 février. Rick Santorum après sa victoire à la primaire du Missouri, le 7 février. © Sarah Conard/Reuters

Ce catholique intégriste et passablement allumé est la nouvelle coqueluche de l'aile droite du Parti républicain. Reste à savoir si Rick Santorum peut vraiment menacer Mitt Romney pour l'investiture à la présidentielle.

Ne vous fiez ni à son visage juvénile ni à son allure débonnaire. Nouvelle sensation des primaires républicaines depuis ses victoires dans le Minnesota, le Colorado et le Missouri, Rick Santorum (53 ans) est un extrémiste. Catholique intégriste, il est farouchement hostile aux relations homosexuelles, qu'il compare aux rapports d'un homme et d'un chien, et favorable à l'interdiction totale de la contraception. Bien entendu, il appelle de ses voeux le retour des femmes au foyer. Comme le dit l'un de ses détracteurs, l'ancien sénateur de Pennsylvanie est l'un des plus brillants esprits du... XIIIe siècle.

Selon les derniers sondages, ces outrances n'empêchent pas Santorum de faire la course en tête dans le Michigan (qui ont eu lieu le 28 février), en même tant que dans l'Arizona, la prochaine primaire. Une défaite de Mitt Romney dans cet État où il est né et dont son père fut gouverneur aurait un effet symboliquement dévastateur. Ne dispose-t-il pas d'un trésor de guerre plus de vingt-cinq fois supérieur à celui de son rival (57 millions de dollars, contre 2 millions) ?

Il parle volontiers de ses origines ouvrières, mais oublie ses liens avec les milieux d'affaires.

Le secret de Santorum ? Il est parvenu à rassembler derrière lui la frange la plus radicale de son parti, notamment les chrétiens (protestants) évangéliques. Pas un mince exploit pour un catholique. Mais face à Romney, trop versatile - il fut proavortement avant de changer d'avis - et de confession mormone, et à un Newt Gingrich jugé par beaucoup immoral - il en est à son troisième mariage -, le choix était vite fait.

Lois divines

Il faut dire que Santorum n'a pas fait dans la dentelle, allant jusqu'à affirmer que les lois de la nation américaine devaient être conformes aux lois divines. Mais attention, pas de n'importe quel dieu ! « L'idée d'égalité ne nous vient pas de l'islam, mais du dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob », estime-t-il.

L'autre obsession de Santorum - qui, cela va sans dire, est le chouchou du Tea Party - est d'empêcher toute intervention de l'État dans l'ordre naturel de la société. Opposé, comme d'ailleurs Romney, au renflouement de General Motors et de Chrysler, sauvés par Obama en 2010, il trouve légitimes les inégalités de revenus, même les plus criantes. « Chaque individu, dit-il, contribue différemment au développement de la société. »

Anomalie

S'il venait à être élu, ce doux illuminé promet de diminuer les dépenses publiques de 1 000 milliards de dollars par an sur cinq ans, avec les effets qu'on imagine sur les programmes d'aide aux plus démunis. Ces derniers devraient alors être pris en charge par... des institutions religieuses. À l'en croire, les écoles publiques sont « une anomalie ». Avec sa femme, il a d'ailleurs éduqué lui-même cinq de ses enfants (le sixième, âgé de 3 ans, est atteint d'une grave maladie génétique qui ne lui laisse que peu de chances de survie).

Mais Santorum a d'autres arguments à faire valoir dans les États économiquement sinistrés du Midwest où se tiendront des primaires dans les prochaines semaines (après le Michigan, l'Ohio votera lors du Super Tuesday du 6 mars, puis ce sera le tour du Wisconsin). Ses origines ouvrières, notamment. Il parle à l'envi de ce grand-père italien ayant émigré en Amérique pour travailler dans les mines de Pennsylvanie. Comme pour faire oublier que, pendant les quinze années qu'il a passé à Washington, il a été un parlementaire très proche des milieux d'affaires. Romney ne se fait d'ailleurs pas faute de fustiger ce passé d'« insider ».

Pour (très) hypothétique qu'elle soit, l'investiture de Santorum serait une excellente nouvelle pour Barack Obama. Car les sondeurs le savent bien : un candidat extrémiste n'a aucune chance de l'emporter en novembre.

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