Extension Factory Builder
02/03/2012 à 16:30
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Mohamed Bakhti, leader salafiste. Mohamed Bakhti, leader salafiste. © Aude Osnowycz

Barbe rousse indomptée, calot sur la tête, fines lunettes teintées masquant un regard revolver, Mohamed Bakhti, 27 ans, étudiant tunisien en première année d'histoire, est le chef de file du mouvement salafiste qui a bloqué la faculté des lettres de la Manouba pendant huit semaines.

Membre du groupe armé tunisien dit de Soliman, Mohamed Bakhti a été condamné, en 2007, à douze ans de prison pour activités terroristes, avant d'être libéré en février 2011 à la faveur de l'amnistie générale.

Jeune Afrique : Quel est votre parcours ? Pourquoi avez-vous opté pour des études d'histoire ?

Mohamed Bakhti : D'où je viens et qui je suis importent peu. J'ai opté pour l'histoire lors de ma détention, mais je n'ai pas été autorisé à étudier en prison. Mon objectif est double : d'une part, réhabiliter l'islam en lui donnant la place qui lui revient à travers l'enseignement de son histoire et, d'autre part, approfondir la recherche pour montrer combien l'Occident l'a avili avec l'aide de professeurs communistes, gauchistes et laïques.

Comment s'est constitué le groupe de Soliman ?

Aujourd'hui, c'est une histoire ancienne. Nous avons été les victimes du régime de Ben Ali qui a engagé une campagne contre les étudiants islamistes. Il voulait briser le mouvement, comme il l'a fait en 1991 avec nos aînés.

Quels sont vos objectifs à la faculté de la Manouba ?

Nous voulons que le port du niqab soit autorisé et qu'il y ait un lieu de prière au sein de la faculté. Nous n'avons jamais remis en question la mixité dans les espaces publics. Le doyen avait promis une mosquée puis s'est rétracté ; il faut qu'il honore son engagement. Le problème est que la faculté est entre les mains de gauchistes, alors que la révolution a montré que nous sommes un peuple dont les valeurs sont issues de l'islam. Il faut revoir la composition des conseils qui dirigent les universités.

Comment êtes-vous organisés ?

Nous sommes un noyau d'une cinquantaine de jeunes musulmans engagés, et nous faisons appel au soutien des étudiants des autres universités.

Quels sont vos rapports avec Ennahdha ?

Nous n'avons pas de rapport particulier avec Ennahdha. Aucun parti politique, même s'il a une légitimité pour gouverner, n'est conforme à la Sunna [tradition du Prophète]. Avec Ennahdha, nous avons en commun le souffle de l'islam.

Votre vision de l'avenir de la Tunisie ?

Nous n'avons pas de projet pour le pays, nous voulons juste que l'université réponde à nos demandes.

___

Propos recueillis par Frida Dahmani

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Tunisie

France : les ressortissants tunisiens de France votent pour les législatives

France : les ressortissants tunisiens de France votent pour les législatives

Les ressortissants tunisiens de France se sont présentés aux urnes vendredi afin d’élire dix députés de l’Assemblée du peuple à l’occasion des élections l[...]

Tunisie : la campagne pour les législatives touche à sa fin

Dernier jour de campagne des législatives en Tunisie. En attendant la confirmation, ou pas, de la bipolarisation du paysage politique tunisien par les urnes, retour sur le terrain avec deux figures de Nidaa Tounes et[...]

Tunisie : six personnes, dont cinq femmes, tuées dans l'assaut contre la maison assiégée

Six personnes, dont cinq femmes, ont été tuées dans l'assaut contre la maison assiégée à Oued Ellil, dans la banlieue de Tunis. La police tunisienne avait auparavant lancé un[...]

Tunisie : le printemps des dircoms

Avec l'avènement des élections libres et pluralistes, plus aucun homme politique tunisien ne conçoit de faire campagne sans le concours d'une armée de communicants.[...]

Tunisie : la police va lancer un ultimatum aux hommes retranchés à Oued Ellil

La situation pourrait rapidement évoluer en Tunisie pour les hommes armés retranchés dans une maison de Oued Ellil, dans la banlieue de Tunis. La police tunisienne va en effet lancer un ultimatum et donnera [...]

Tunisie : tension sécuritaire à trois jours des législatives

Alors que des hommes armés sont toujours retranchés dans une maison d'une banlieue de Tunis, l'activité d'éléments jihadistes  fait monter la tension sécuritaire de plusieurs crans[...]

Tunisie : un policier tué lors d'affrontements entre la police et un groupe terroriste près de Tunis

Oued Ellil, une localité à 70 km de Tunis, est le théâtre d'échanges de tirs entre les forces de l'ordre et des éléments terroristes. Un policier a été tué.[...]

Tunisie : un ex-ministre de Ben Ali à Carthage ?

Caciques de l'ancien régime ou membres éphémères de l'équipe gouvernementale du président déchu, ils ont décidé de briguer la magistrature suprême le[...]

Tunisie : un scrutin placé sous le signe de la morosité

Quelques jours avant les élections législatives, la Tunisie semble se préparer à troquer la transition contre une situation aléatoire.[...]

Législatives tunisiennes : lobby tout-terrain

Des stades aux mosquées en passant par les soirées privées, en Tunisie tous les moyens sont bons pour gagner des voix aux législatives.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers